Hier a eu lieu la conférence de presse du Festival International du Film d’Animation d’Annecy pour annoncer une grosse partie du programme de l’édition 2016. Aujourd’hui, Muriel et moi vous confions nos impressions sur les longs-métrages en lice !

25 APRIL

Réalisé par Leanne Pooley

Les documentaires animés ont la côte à Annecy puisque après Vagues et La Montagne Magique l’année dernière, C’est 25 April qui prend place dans la sélection, avec pour sujet la Bataille des Dardanelles et une esthétique qui n’est pas sans rappeler Adama. Et c’est encore une fois une 3D en cel shading qui va transmettre l’évocation des témoignages des anciens combattants et des journaux de guerre. Leanne Pooley n’est pas à son coup d’essai, avec une filmographie longue comme le bras et une approche du médium déjà éprouvée sur son précédent documentaire, Beyond the Edge.

Nicolas

LA JEUNE FILLE SANS MAINS

Réalisé par Sébastien Laudenbach

Preuve que les sélections de Cannes et d’Annecy ne sont pas imperméables, La Jeune fille sans mains fait à la fois partie de cette sélection en compétition et de celle de l’ACID (l’Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion), ce qui nous promet un film portant sa signature spécifique. C’est peu étonnant de la part de Laudenbach lorsqu’on contemple son cursus de courts-métrages plusieurs fois nominés et primés (Journal, primé au festival de Clermont-Ferrand en 1999, Des câlins dans les cuisines pré-sélectionné pour les César en 2004, Vasco qui a fait la Semaine de la Critique à Cannes en 2011 et une pré-sélection pour les César en 2012). Il sera donc très intéressant de voir son adaptation toute personnelle (Laudenbach a tout fait quasiment lui-même) du conte des frères Grimm.

Nicolas

MA VIE DE COURGETTE

Réalisé par Claude Barras

L’un des coups de cœur de Coralie et d’Anthony lors des WIP de l’année dernière, Ma vie de courgette truste la sélection d’Annecy et de Cannes puisque le film de Claude Barras est également présent à la 48ème quinzaine des réalisateurs du festival. Scénarisé par Céline Sciamma (Bande de filles), ce film en stop-motion est l’objet d’un soin tout particulier et dont le fond, selon son réalisateur, « parle de camaraderie, de résilience et vise un public à partir de 7 ans et qui aborde des sujets lourds mais sans lourdeur. »

Nicolas

NUTS!

Réalisé par Penny Lane

Et un documentaire animé de plus pour le festival, qui mise sur ce secteur plein de vitalité dans le domaine des narrations qui sortent des carcans enfants / Hollywood / mignons, Nuts de Penny Lane entre parfaitement dans cette catégorie. Après un passage par Sundance, on peut s’attendre à ce que le film jouisse d’une réputation très hypée proche de celle que l’on a connu pour Anomalisa. Nuts semble proposer un brassage de techniques, un mélange pouvant réserver des surprises sur le produit final.

Muriel

PSICONAUTAS, THE FORGOTTEN CHILDREN

Réalisé par Alberto Vázquez & Pedro Rivero

Coralie voulait le voir, elle le verra ! Psiconautas, le long-métrage adapté du court Birdboy, sélectionné à Annecy en 2013, débarque en compétition. Avec derrière lui une ambiance apocalyptique et impressionniste renvoyant le Tim Burton des années 80 dans les cordes, le tout animé en 2D, s’il vous plait. Les espagnols font régulièrement des incursions dans la sélection, et leurs capacités en animation, qu’elle soit 3D (Planète 51Justin et la Légende des chevaliers, Attrapa la Bandera en hors sélection cette année), stop-motion (Pos EsoL’Apôtre) ou ici en 2D, le temps était compté avant l’explosion de ce pays dans la sélection en compétition. Il reste a espérer que cette sombre fable trouve le cœur du jury !

Nicolas

SEOUL STATION

Réalisé par Yeon Sang-ho

The Fake faisait partie des longs-métrages coup de poing de la sélection, et nous avons été témoins, David et moi, du peu d’envie que l’animation coréenne peut porter à la technique live (elle même pourtant déjà bien gratinée). Ayant entendu parler de Seoul Station dès 2014, et n’ayant pu me déplacer au BIFFF où il a eu sa première, je suis ravi que ce film qui trempe autant dans l’horreur que dans le commentaire social fasse partie de la compétition. J’espère quelque chose d’aussi burné que The Fake sans parler du côté zombie, qui doit passer l’épreuve du feu en terme de budget, une composante qui a toujours un peu manquée aux films de Yeon Sang-ho.

Nicolas

SHEEP AND WOLVES

Réalisé par Andrey Galat et Maxim Volkov

AKA « le film d’animation russe 3D déjà réservé par David », Sheep and Wolves est la preuve que l’on peut partir de très loin et finir par arriver dans la moyenne, et ce après les Snow Queen 1 et 2, le studio russe Wizart a continué son effort, qui aujourd’hui paye. Wizart est un studio très jeune qui a littéralement appris en sortant ses film sur le territoire russe et à l’image de leurs comparses sud-africains de Triggerfish, ils commencent à prendre suffisamment du galon pour intégrer la cour des grands. Si esthétiquement, ce n’est plus aussi difficile à regarder qu’à une époque, c’est le fond et la forme qui seront scrutés, souvent las grandes faiblesses de ce type de film.

Nicolas

LA GUERRE DES TUQUES

Réalisé par André Melançon

Un character design qui change beaucoup de ce qui se fait en animation 3D, une image texturée qui donne presque l’impression d’être en face d’un film en stop-motion, La Guerre des Tuques a beau être un remake d’un classique du cinéma québécois, le travail ressort rien qu’à la vue de la bande-annonce, ce qui nous démontre aussi que cette partie du monde peut aussi produire autre chose que des longs-métrages en sous-traitance. À regarder en québécois, évidemment !

Muriel

WINDOW HORSES

Réalisé par Ann Marie Fleming

Premier film produit par l’ONF sélectionné en compétition depuis 20 ans, Window Horses est réalisé par Ann Marie Fleming. Le film propose de suivre le parcours d’une poétesse (Sandra Oh aka Christina Yang dans Grey’s Anatomy) le tout entrecoupé de courts illustrant les poésies par des parti-pris esthétiques hétéroclites. On peut rapprocher cette démarche de celle du Prophète de Roger Allers et le chara-design de l’héroïne nous évoque par une simplicité délicate des formes Le Garçon et Le Monde de Alê Abreu. Avec tous ces éléments, j’ai hâte de découvrir Window Horses dans son intégralité.

Muriel


En conclusion

Une belle sélection pour ce festival d’Annecy 2016 qui maintient une pluralité des techniques même si on n’atteint pas la parité sur les artistes, le festival semble sur la bonne voie. On note également la présence de pays n’ayant jamais été en compétition (voire même en sélection) comme la Nouvelle Zélande. On pouvait se demander si des films tels que La Tortue Rouge ou Louise en Hiver en feraient partie mais le choix a été axé sur le Laudenbach, plus pointu, et sur Ma Vie de Courgette dont la stop-motion semble fabuleuse. L’ équipe est impatiente de voir tout ces prétendants au cristal du long-métrage !

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