Les Voisins de mes voisins sont mes voisins, réalisé par Anne-Laure Daffis et Léo Marchand, est un projet en développement qui a attiré mon attention par son côté expérimental et par son humour décalé, présent dès le teaser montrée au public du Cartoon Movie.

Un ogre casse ses dents la veille de la Saint-Festin, la grande fête des ogres. Un magicien rate son tour de la femme coupée en deux en perdant les jambes de son assistante. Monsieur Trouducou, randonneur suréquipé, reste coincé plusieurs jours dans l’ascenseur accompagné de son chien Picasso. Un vieux monsieur tombe amoureux d’une paire de jambes en fuite. Une maman confie ses enfants au voisin le soir de la Saint-Festin…
Dans un immeuble, les destins entremêlés de dix vrais voisins ou voisins de voisins aux prises avec les drames, les plaisirs, les surprises et les hasards de la vie quotidienne.

Lardux Films est une société de production aux créations aussi diverses que variées dont certaines au service de messages sociétaux importants. On peut découvrir le documentaire Je vous écris du Havre où il est question de reconstruction historique et de modernité architecturale, En Friche où la question de l’exploitation coloniale en France est creusée par Françoise Poulin Jacob et même La voie de l’encre, documentaire de Pamela Valente et Pascal Bagot sur le tatouage japonais.

Sur l’animation, on retrouve la touche Lardux sur le carnassier La Chair de Louise Lemoine Torrès et William Henne et la série en stop motion La survie de l’espèce (40 x 3 minutes) de Julien Vray et Guillaume Gravier où des actions figures s’amusent. Le binôme Anne-Laure Daffis et Léo Marchand s’est illustré avec le film Fatigués d’être beaux et le court-métrage animé On a beau être bête, on a faim quand même, qui donnera par la suite naissance à d’autres courts : La Saint Festin, Les cowboys n’ont pas peur de mourir… La piste de décollage se révèle donc idéale pour aller vers ce projet de long-métrage.

Le producteur Christian Pfohl a rappelé que ce projet est en gestation à Lardux Films depuis une dizaine d’années et est une sorte de condensé des précédents courts-métrages d’Anne-Laure Daffis et de Léo Marchand. En effet, il ne s’agit pas d’une anthologie classique mais d’histoires avec des personnages qui évoluent dans le même univers.

Anne-Laure Daffis étant absente, Léo Marchand s’est exprimé sur le travail d’écriture de ce projet de long-métrage : “L’idée de départ était de faire un Short Cuts pour enfants sans avoir à faire les transitions qu’on voit habituellement dans ce genre de programme. Nous avons alors retravaillé toutes les séquences pour que les histoires se croisent plus ou moins et qu’elles se répondent.”

 

L’animation de ce curieux projet tire son inspiration du surréalisme avec un collage parfois perturbant de différentes techniques : animation traditionnelle, stop motion, live action…Pour illustrer cela, on a découvert un extrait où Amabilé, l’assistante du magicien, perd ses jambes lors du spectacle de Monsieur Popolo et les transitions entre chaque technique étaient subtiles mais suffisamment présentes pour titiller l’œil.

Le réalisateur a insisté sur la notion de cohérence de liberté dans leur travail car ils souhaitent faire vivre une sorte de Nouvelle Vague du cinéma d’animation en privilégiant la liberté de caméra et de supports en utilisant des moyens tels que la 3D “de supermarché” au service de l’homogénéité de l’univers. L’exemple le plus frappant est celui de Monsieur Trouducou, qui lorsqu’il va sortir, va laisser sa go-pro allumée et laisser quelques instants en prises de vues réelles.

Ce mélange de de techniques hétéroclites et d’histoires de voisinage est porté par un casting aussi déjanté que le synopsis lui-même, avec Philippe Katerine, Arielle Dombasle, Valérie Mairesse, François Morel. Un casting fort comme le roquefort quoi !

L’audience visée par ce projet est bien sûr les enfants par l’introduction d’un univers merveilleux avec ogre et magicien, mais aussi les adultes attirés par un humour plus sombre dans le but d’ouvrir la discussion à l’intérieur d’un public familial.

Les voisins des mes voisins sont mes voisins fait office d’OVNI dans cette sélection de projets en développement et c’est en cela qu’il a stimulé ma curiosité. Reste à souhaiter qu’Anne-Laure Daffis et Léo Marchand, accompagnés de leurs producteurs, trouvent de la confiture de framboises en quantité pour nourrir ce golem surréaliste. Ce projet possède déjà le soutien du CNC sur l’avance sur recette, ce qui est de bonne augure pour la suite de la production.


Les Voisins de mes voisins sont mes voisins en chiffres

Budget souhaité : moins de 10 millions d’euros / Année estimée de sortie : 2020.

 

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