Un an après les dernières nouvelles d’Unicorn Wars, Alberto Vazquez et Nicolas Schmerkin d’Autour de Minuit reviennent pour de nouvelles fraîches du front avec de nouveaux partenaires, de nouvelles images et de la licorne…bien sûr.

D’aussi loin que l’on se souvienne, les ours en peluche et les licornes sont en guerre. Le soldat Bleuet désire à tout prix du sang de licorne car selon la prophétie du livre sacré de la nouvelle religion, il peut apporter la beauté éternelle. Son frère, Dodu, n’est pas fait pour la guerre. Mangeur compulsif, il manque de confiance en lui et tout ce qu’il veut, c’est d’être aimé par son frère. Un régiment d’ours en peluche quitte le camp d’entrainement pour une mission qui va se terminer sur une confrontation brutale et sanglante.

A cette présentation de projet en développement, le duo est accompagné par la productrice Chelo Loureiro d’Abano Productions et le producteur belge Vincent Tavier de Panique ! Productions (C’est arrivé près de chez vous, Le Grand Méchant Renard). Aussi, à l’occasion de la journée des droits des femmes, Chelo Loureiro a fait une dédicace à toutes les femmes qui travaillent dans le monde de l’audiovisuel et de l’animation en arborant son éventail rouge #Mujeres.

La chasse à la licorne est ouverte !

Unicorn Wars est l’adaptation en long-métrage de Sangre de Unicornio, réalisé par Alberto Vazquez et diffusé en 2013 entre autres au Festival international du film d’animation d’Annecy. Un court qui avait d’ailleurs fait partie de mes coups de cœur de l’époque.

Présentée par Vazquez, cette guerre oppose des oursons, qui représentent ici la violence et l’humanité, aux licornes, qui sont l’image de la féminité et de la nature sauvage.

Dans cette guerre brutale pour le sang de la licorne, on suit les frères Bleuet et Dodu aux caractères diamétralement opposés. Le premier est prêt à se battre pour le sang de la licorne, tandis que le second est peureux et préfère manger des myrtilles. Le régiment d’oursons est dirigé par un prêtre qui leur indique les voies de la prophétie.

Le film sera un mélange d’Apocalypse Now, de Toy Story et de la Bible. La notion de Bien et de Mal est très présente dans l’œuvre dessinée d’Alberto Vazquez, comme on la retrouve par exemple dans l’Evangile selon Judas, publié chez nous aux Éditions Rackham.

La symbolique des couleurs possède elle aussi son importance, l’univers des oursons est pastel, tout en déclinaison de rose, bleu et vert avec une touche gritty pour rappeler l’ambiance des films de guerre. A l’opposé, le monde des licornes se dévoile en contraste de rouge et noir (pas comme Jeanne Mas) dans un expressionnisme gothique rappelant ainsi le caractère mythologique et ancien autour de ces créatures.

On notera aussi la présence d’un Président ourson à la mèche blonde évoquant un Mr T….( Pas lui, l’autre !)

Quelques questions à Alberto Vazquez

Accompagnée de Coralie, j’ai pu échanger quelques questions avec Alberto Vazquez.

Psiconautas et Unicorn Wars sont deux adaptations de vos créations (bande dessinée et court métrage), quelle est la difficulté lorsqu’on s’adapte soi-même ?

Pour moi, le problème en animation, c’est toujours l’argent. Vous voyez,(éclats de rires des côtés du micro) parce que la bande dessinée est très directe. Vous n’avez besoin de rien, seulement de l’encre, du papier et de votre imagination.

C’est très direct et très abordable à produire et à publier. Pour moi, le problème en animation c’est le budget qui équivaut à du temps. Plus vous avez de budget, plus vous avez d’équipes, plus on a de temps à disposition.

Et bien sûr, artistiquement, j’essaie de travailler en animation comme un auteur. En temps normal, je fais le storyboard, les concepts designs et l’animatique aussi. En tant qu’illustrateur, j’essaie de contrôler toute la pré-production.

Au panel, on a vu qu’il y avait trois thématiques marquantes : la guerre, le merveilleux et le politique, comment avez-vous géré l’équilibre des ces éléments dans le film ?

Alors, ça a été un jeu de contraste, un jeu d’équilibre au sein du film. Dans le script, on a joué avec cet équilibre de représentations : par exemple, les oursons sont mignons mais sont très vains et ambitieux dans leur comportement. Les licornes ressemblent à des ombres, comme des silhouettes, mais sont bonnes pour leur environnement, pour la forêt.

Il y a toujours cet équilibre entre toutes ces thématiques.

Hier soir, nous avons discuté entre nous de la référence à La dernière licorne, vous voyez la licorne du film habillée de noir, est-ce que ce film a été une inspiration ?

Non du tout, mais un de mes amis m’a dit de le voir et… c’est un film bizarre. [Oh que oui, en chœur] On sent la direction artistique des eighties, ce n’est pas vraiment pour les enfants, mais pas non plus pour les adultes, quelque chose entre les deux. Mais mon film sera bien plus sombre…

Ces dernières années, les licornes sont devenues un symbole pop-culturel très fort avec des séries TV, des films entre autres, quel est votre point de vue sur cette situation ?

Je ne sais pas trop, je n’y pensais pas quand j’ai commencé à concevoir ma petite bande dessinée, c’était il y a dix ans ! Je ne sais pas pourquoi les licornes sont aussi populaires que maintenant, [Coralie souffle à Alberto : Parce qu’elles sont mignonnes…] Oui, elles sont mignonnes en général. Mais dans mon film, elles ne sont pas aussi mignonnes, ce sont des femmes avec des noms bibliques. Il y a quelque chose qui diffère de l’aspect normal d’une licorne, elles sont comme des animaux sauvages.

Quelques minutes autour de minuit

La société de production Autour de Minuit se démarque par des créations à destination d’un public ado-adulte à tendance trash avec aussi un intérêt pour un public jeunesse avec la série Non-Non en partenariat avec Canal +. On s’égare, mais je vous en reparlerai plus tard car comme vous le savez, je m’intéresse aussi aux séries animées jeune public.

Revenons à nos productions adultes : Nicolas Schmerkin a tenu à rappeler la nécessité de créer un espace de diffusion pour les créations qu’il défend :

“Les distributeurs français nous disent souvent qu’il manque une case d’audience pour ce genre de films, alors on va la créer, cette case !”

Fort de ses trois Goya pour Decorado et Psiconautas (distribué par Eurozoom), la mission Unicorn Wars a mis toutes les chances de son côté pour atteindre sa cible. En tous cas, notre corps est prêt pour une plongée dans cette nouvelle histoire gothico-fluffy unicornue d’Alberto Vazquez !

Vous pouvez retrouver le film Psiconautas en VOD et la bande dessinée aux Éditions Rackham (un bon éditeur où l’on retrouve aussi Alvaro Ortiz), mais aussi L’Évangile selon Judas.

Unicorn Wars en chiffres :

Budget aux alentours de 3 millions d’euros. Sortie souhaitée pour 2020.

 

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