Seul film entièrement abstrait de la sélection du festival, North of blue (ou Bleu Nord en bon françois) avait de quoi titiller ma curiosité avec ses jeux de formes et de couleurs. Après la découverte de sa bande-annonce, j’ai décidé de me jeter dans le grand bain…

Ce film donne à voir des points de fuite changeants, des motifs bidimensionnels, des formes et des explosions, au cours d’une exploration des relations humaines.

Introduite par Marcel Jean, la réalisatrice indépendante américaine Joanna Priestley a dévoilé le point de départ de son film en le situant en Alaska où elle a parcouru de grandes étendues glaciaires équipée de sa parka rouge disproportionnée qui la bloquait dans ses mouvements. Bleu sur rouge, rouge sur bleu, Bleu Nord navigue sans cesse du chaud au froid à l’image du goutte de peinture se diluant dans sa teinte opposée. Les couleurs se répondent, jouent et se jaugent tout au long du métrage.

On assiste aussi à des tableaux tantôt végétaux et organiques, tantôt géométriques et atmosphériques. Les différents motifs sont portés par une composition sonore affirmée et par un travail bruitiste affiné, rien ne semble jamais gratuit dans le déroulé des différents environnements. Les sonorités naturelles accompagnent au diapason des modèles feuillus et totémiques, tandis que les formes plus anguleuses sont portées par des sonorités plus électrisantes. On sent que Jamie Haggerty et Joanna Priestley ont travaillé dans une entente impressionnante tant le résultat est fluide pour tous les sens du spectateur.

La réalisatrice s’est même permise des références artistiques à Mondrian et à Miro, mais aussi beaucoup d’humour à l’image du petit haricot sautilleur au mickeymousing très fun venant ponctuer l’ensemble par sa présence inattendue. Cette arythmie calculée par la musique composée par Jamie Haggerty s’inscrit très bien dans ce milieu hétéroclite et lui apporte une dimension encore plus humaine.

Bleu Nord se vit comme une expérience sensitive où il est nécessaire de débrancher pour se laisser entraîner dans les univers proposés par Joanna Priestley. Lors de la découverte de ce long-métrage, j’ai ressenti une sensation intense d’apaisement m’envahir, ce qui m’a valu une récupération physique et psychique instantanée.


Mon avis en bref :

Une bonne surprise de ce festival avec ce film abstrait à la maîtrise technique rafraichissante


Si vous n’êtes pas familier de l’abstraction, je vous le recommande tout de même car le travail de synesthésie est particulièrement abouti, rendant la découverte du métrage très agréable et abordable pour tous.

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