Les bandes-annonces ne dévoilant pas grand-chose si ce n’est une ribambelle de personnages et de chansons, j’avais peur de tomber sur un film choral à la Love Actually où les personnages ne font que se croiser. Heureusement, Tous en scène réussit de manière intelligente et équilibrée à lier histoires personnelles et construction du spectacle, notamment grâce à la mise en place d’ambiances musicales propres à chaque personnage et à un rythme de narration soutenu.

Buster Moon est un élégant koala qui dirige un grand théâtre, jadis illustre, mais aujourd’hui tombé en désuétude. Buster est un éternel optimiste, un peu bougon, qui aime son précieux théâtre au-delà de tout et serait prêt à tout pour le sauver. C’est alors qu’il trouve une chance en or pour redorer son blason tout en évitant la destruction de ses rêves et de toutes ses ambitions : une compétition mondiale de chant…

C’est aussi ce qui permet à ce scénario somme toute classique de parfaitement fonctionner et d’entraîner le spectateur avec lui : des personnages se rassemblent pour monter un spectacle, ils s’y consacrent et leur vie semble s’améliorer, jusqu’à ce que tout parte en cacahuète et que la situation soit encore plus désespérée qu’au départ. Ils font alors front commun une dernière fois, et c’est le spectacle final de la salvation, le happy end pour tous.

L’autre astuce ? Créer des personnages justes et attachants. De la mère de famille noyée dans son quotidien au jeune homme qui ne souhaite pas suivre son père dans ses activités illégales, en passant par l’adolescente qui n’a pas encore formé sa propre personnalité… Ils amènent tous des considérations personnelles qui enrichissent le récit et donnent lieu à des scènes tantôt émouvantes, tantôt amusantes, toujours vivantes.

Et bien sur Buster Moon, le propriétaire du théâtre par qui tout commence. C’est un plaisir de suivre la création d’un spectacle aux côtés de ce koala aux multiples facettes. Grand rêveur, il est aussi un véritable coach (digne d’un télé-crochet) quand il sélectionne et prépare les numéros des artistes, un homme d’affaires quand il démarche des investisseurs, un mentor quand il dévoile les coulisses de la machinerie, un bricoleur quand il construit les décors de scène… Tout un personnage !

L’autre point fort du film est sa bande originale, forte de plus de 65 titres ! De quoi séduire toutes les générations, peu importe vos affinités en matière de musique. Tous en scène réussit d’ailleurs là où Les Trolls a échoué : on n’y ressent aucune overdose musicale. Plutôt que de saigner des oreilles, on tape du pied en rythme et on fredonne les mélodies. Un exploit.

D’ailleurs, les interprétations chantées des acteurs (toujours en anglais dans la version française du film) sont excellentes. J’ai même découvert que certains pouvaient donner de la voix (bonjour Scarlett Johansson). Quant à Faith, le titre du générique de fin interprété par Stevie Wonder et Ariana Grande, nul doute qu’il connaîtra son petit succès dans les charts : il swingue !

Enfin, je voudrais mentionner le travail effectué sur certains décors du métrage : le restaurant aux murs aquarium tout en lumières bleutées, la demeure de Nana la diva toute en hauteur et démesure… Et tout particulièrement la salle du théâtre elle-même, sublimée par la 3D et l’impression de profondeur qu’elle donne à la scène de spectacle. La séquence où elle est détruite, véritable climax du film, m’a laissé une forte impression. Une prouesse technique à mes yeux.

J’ai été surprise par Tous en scène, qui s’avère divertissant et entraînant. Le film donne envie de chanter, de danser, de tenter sa chance et de réaliser ses rêves. Impossible de rester impassible sur son siège : on bouge, on chantonne, on sourit à pleines dents ou on se retrouve les larmes aux yeux. N’hésitez pas à aller le voir en famille ou entre amis.

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