L’année 2019 s’ouvre en grande pompe du côté du cinéma d’animation asiatique : Le Château de Cagliostro, tout premier long-métrage réalisé par Hayao Miyazaki sort enfin sur nos écrans français le 23 janvier, près de quarante ans après sa sortie au Japon en 1979.

À cette époque, dans les années 70, Hayao Miyazaki travaille notamment sur des formats sériels, comme Heidi, la petite fille des Alpes et Conan, le fils du futur (Nippon Animation). Il est appelé en 1979 à rejoindre la Tôkyô Movie Shinsha pour réaliser Le Château de Cagliostro, un projet inspiré de la série de manga et d’anime Lupin III créée par Kazuhiko Katô (plus connu sous le pseudonyme Monkey Punch), dont Miyazaki avait déjà réalisé quelques épisodes animés.

Le célèbre Lupin dévalise un casino mais s’aperçoit que les billets volés sont des faux. En compagnie de son acolyte Jigen, Lupin enquête sur cette fausse monnaie qui le conduit au château de Cagliostro. Ils apprennent alors qu’une princesse, enfermée dans le château, détiendrait la clé d’un fabuleux trésor…

Réalisé en tout juste quatre mois (ce qui semble impensable aujourd’hui), Le Château de Cagliostro reprend le personnage de Lupin III, petit-fils d’Arsène Lupin, et le suit dans une nouvelle aventure rocambolesque. Miyazaki s’approprie davantage le personnage et en fait un jeune homme espiègle et romantique à la fois, en équilibre permanent sur les fils du sérieux et de l’humour, ce qui le rend on ne peut plus touchant.

Lupin, personnage principal du Château de Cagliostro

Le réalisateur ne se prive pas non plus de jouer avec les codes du film policier : la plongée in medias res au cœur de la course poursuite loufoque entre Lupin et la police, qui ouvre le film, est mémorable. Lupin et Jigen, en justiciers de tous les possibles, déployant toujours plus d’astuces pour parvenir à leurs fins, ont un charme irrésistible. Et c’est aussi dans leur relation d’acolytes que s’insinue bon nombre de situations humoristiques, tout comme c’est aussi le cas avec le duo Lupin-Zenigata, chef de la police.

De fait, Miyazaki maîtrise l’humour du film en tous points, qu’il se niche dans de petits détails ou plus extraordinairement à l’aide de mises en scène surréalistes (la voiture de Lupin et Jigen qui conduit à flan de falaise dans une parfaite verticalité, ou la scène de sauvetage sur les toits du château).

Une machine volante comme les aime Miyazaki !

Rondement menée, l’intrigue n’admet aucun temps mort, et peut se targuer de riches inspirations culturelles asiatiques et occidentales (monde des samouraï et ninja, architecture antique…) qui participent à donner au film ce ton unique. Ce qui ne l’empêche d’ailleurs pas d’être moderne, et le personnage de Fujiko, femme fatale ici plus dans le rôle de la guerrière qui ne s’en laisse pas compter, en est un bon exemple.

Porté par ses aspects loufoques et cartoonesques qu’on ne retrouve pas forcément dans les films réalisés pour le studio Ghibli, ce premier long-métrage de Miyazaki laisse cependant déjà entrevoir la passion ardente du réalisateur pour les machines volantes, et cette tendresse nostalgique qui donne un pincement au cœur, un exercice de style bien différent du spectacle du premier long-métrage Lupin III, Le Secret de Mamo.

Seul regret à la fin du film : que Miyazaki n’ait pas eu l’occasion de mettre en scène Lupin et ses amis dans d’autres aventures, qui se sont poursuivies sans lui au travers de plus de quatre autres longs-métrages, en plus des séries et spéciaux !

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