Après Capitaine Morten et la Reine des Araignées, Septième Factory distribue à partir du 6 février dans vos salles Mango, réalisé par Trevor Hardy, un long métrage anglais à la stop motion ambitieuse.

Mango, une jeune taupe, doit suivre la tradition familiale et aller travailler à la mine locale. Joueur de football doué, son rêve est de participer à la Coupe du Monde. Mais quand un gangster menace de s’accaparer la mine et ruiner la ville, Mango doit trouver un moyen de protéger sa famille et de réaliser son rêve.

L’intrigue de Mango suit deux arcs différents : le premier concerne l’envie de jouer au football de notre jeune taupe, tandis que le second met en avant son environnement social via la menace qui plane sur la mine. La thématique sportive est traitée de manière à aborder le dépassement de soi Mango qui ne peut pas jouer en pleine lumière à cause de ses yeux de taupe. Cependant, la mine et ses thématiques sociales prennent une place inattendue tout au long du film, apportant de la substance aux protagonistes mais créant aussi inévitablement une sensation de deux films cohabitant au sein d’un seul.

Le football et la mine brassent allègrement des références au patrimoine du cinéma social anglais de Ken Loach ou Shane Meadows avec son approche intimiste du village des animaux. On retrouve aussi des pointes de James Bond dans le traitement grotesque du méchant chat qui grattouille sa souris à la manière d’un Blofeld. L’humour fonctionne par le biais d’un montage à la fois rapide et absurde qui rappelle les films d’Edgar Wright, et c’est parfaitement hilarant. On sent vraiment que ce long métrage est pétri de culture anglaise comme on aime la savourer à l’heure du thé. Pourtant, cette générosité le dessert parfois en créant quelques longueurs narratives.

Le jeune Mango fait son chemin vers la Coupe du Monde entouré des ses camarades : le gourmand Ryan, la géniale Lili et l’explosive Maggie. La dynamique entre eux se révèle drôle et enrichissante et au cœur des enjeux principaux, mais les déclarations amoureuses de Ryan et l’évocation de l’amourette entre Lili et Mango n’apportent rien de plus à l’histoire. Cet aspect semble d’autant plus dommageable que les personnages de Lili et Maggie n’ont pas besoin de cela pour exister dans cet univers car elles sont présentées comme fortes et débrouillardes.

L’animation, faite en stop motion traditionnelle, apporte une touche de rondeur et de douceur avec ses personnages laineux. D’ailleurs, ne vous fiez pas aux couleurs flashy présentées sur l’affiche, les personnages et les décors surprennent par leur tonalité terreuse et naturaliste. La gestion de la mise en scène à la mine est particulièrement impressionnante dans sa présentation des différentes actions des protagonistes, aussi bien dans la verticalité que dans l’horizontalité du décor. On arrive parfaitement à profiter des moindres détails des scènes et de leur spatialisation sans perdre le fil de la narration.

Malgré de petites longueurs, Mango se révèle être un bon film pétri de culture anglaise aussi sociale que déjantée. Après avoir apprécié Creed 2 entre adultes, vous pouvez prolonger l’esprit sportif accompagné de vos enfants avec une séance de Mango. En raison de sa durée exceptionnellement longue, je le conseille pour un public à partir de 8 ans, sinon c’est la salle de cinéma qui risque de se transformer en terrain de football.

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