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Après le festival d’Annecy, Nicolas m’a beaucoup parlé de ce projet de moyen métrage, ce qui a aiguisé ma curiosité et mon envie de le découvrir dans sa totalité. Alors, ai-je été conquise par la magie de ce Little Houdini ?

Mais jetons un œil à l’histoire : le petit Harry vit dans le Wisconsin et rêve de devenir magicien. Soutenu par ses parents, son chemin croise celui de Nikola Tesla, un inventeur et magicien qui va le prendre sous son aile et l’accueillir à New York. Commence l’entraînement pour le concours de magicien pour l’inauguration de la Statue de la Liberté. Devenir un magicien accompli n’est pas chose facile et Harry va être pris par les tourments de son ambitieux projet, sans compter les plans obscurs du non moins mystérieux Sinart, qui surveille les événements de très près.

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Visuellement, on est vite plongé dans l’ambiance des États Unis de la fin du 19ème siècle, on y retrouve en effet une agitation propre à cette époque, où l’on peut voir les balbutiements de notre modernité. Lorsque j’ai vu débouler ces voitures du début du siècle dernier, je n’ai pu m’empêcher de penser au Sherlock Holmes de notre enfance, auquel avait participé un certain Miyazaki. Plus on avance dans l’univers de Tesla, plus on est dans un univers fantasque et steampunk. Lorsqu’on découvre son antre, on a l’impression d’être dans une malle à jouet colorée. Ces environnements sont rendus avec délicatesse par la touche aquarellée inspirée par la direction artistique de Cédric Babouche. Mais ne vous fiez pas à la douceur des lieux ! Tesla, sous ses faux airs de Lupin III dégingandé, sait se montrer dur avec l’éducation d’Harry. C’est d’ailleurs une chose qui m’a beaucoup plu : notre héros est talentueux, mais ça n’empêche en rien la discipline et l’intransigeance de son mentor.

La notion de travail et la pédagogie autour de la magie sont bien intégrés au métrage par une séquence sur fond blanc où toutes les étapes d’un tour sont décomposées. Cette explication donne au métrage de l’espace pour des moments silencieux où se déroule la suite de l’entraînement d’Harry. Les dialogues servent ainsi à l’approfondissement des relations entre les personnages et à nourrir l’intrigue, un choix de rythme appréciable et sans superflu. Beth, la nièce de Tesla, est une jeune fille dynamique voir hyperactive qui possède ses propres rêves et vit sa propre histoire en dehors du héros. Elle est traitée avec équité et a une place importante dans la résolution de l’intrigue. Je ne vous cache pas que j’apprécie beaucoup ce personnage ! Quant au mystérieux Sinart, son allure d’homme robot peut faire penser à Dark Vador mais il m’a plutôt évoqué les personnages de Mike Mignola tel The Amazing Screw-on Head ou Johann Krauss.

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Sa gestuelle très théâtrale laisse imaginer son lien avec le monde de la magie, seulement je ne vous en dirais pas plus ! Pour le savoir, il faudra être présent le 27 décembre à 10h25 sur France 3 et pour nos lecteurs belges le 24 décembre à 22h30 sur la RTBF.

Pour conclure, ce Little Houdini est une belle découverte, et permet de nous faire entrer petit comme grands dans un univers magique avec douceur et maturité. J’encourage les grandes chaînes à continuer le soutien de créations originales de cette qualité, un vrai bol d’air dans un univers où la multi rediffusion de nombreux vieux classiques est reine !

One Comment

  1. Je suis d’accord!
    J’ai également trouvé un petit air de Professeur Layton. Il y a un vrai univers steampunk assez surprenant et surtout une animation très fluide. Le scénario est vraiment bien travaillé et les dialogues jamais inutiles. France 3 doit vraiment mettre de l’argent pour la série.

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