Sorti le mois suivant le succès surprise des Croods, Epic avait tout du retour du fils prodigue : un projet commun entre William Joyce et Chris Wedge de retour au poste de réalisateur, une histoire originale après une vague interminable de déclinaisons de l’Age de Glace et une envie commune chez Blue Sky de toucher le haut du box-office grâce à ce nouveau concept.

Hélas, subissant l’effet de traîne des Cro-Magnon de chez Dreamworks, Epic n’a guère eu le temps de s’installer dans les salles, vite repoussé par l’ouverture des hostilités estivales avec l’arrivée d’un Iron Man 3 qui a ratissé le public.

Désormais disponible en vidéo chez la Fox, il est temps de revenir sur ce film d’animation qui n’a pas eu de chance dans sa programmation en début d’année et qu’il est nécessaire de découvrir ou de redécouvrir pour se rendre compte de sa qualité.

Ce nouveau film de Chris Wedge, adapté du livre  « Les Hommes feuilles » de l’oscarisé William Joyce, nous convie à une histoire aux proportions épiques dans son sens le plus pur du terme : de nombreux personnages pour une quête à l’impact majeur ! Ici en l’occurrence, c’est l’éclosion d’un bourgeon pouvant transmettre le pouvoir de la forêt à un nouveau monarque, celui-ci pouvant être bon comme mauvais suivant celui qui le possède, ce qui intéresse bien évidemment les ennemis des hommes feuilles, gardiens de la forêt…

Et ce ne sont pas moins de six personnages principaux que l’on suit dans leurs péripéties, mêlant enjeux extérieurs (le bourgeon, le conflit nature/pourriture) et ceux plus intimes (les relations parents/enfants, le poids du deuil) qui trouvent un écho dans chacun d’eux. En fin de compte, c’est certainement le titre du film qui joue le plus contre lui, car ne l’est pas plus que ça en terme de film à gros budget hollywoodien, préférant explorer ses personnages et mener aussi difficilement soit-il ses multiples pistes narratives plutôt que de céder à l’action à tout prix.

Certes, l’on pourra gloser sur une trame on ne peut plus classique, mais celle-ci a la qualité d’être assez resserrée autour de ses personnages tout en se permettant d’évoquer l’univers de la forêt plus extérieur au royaume de Moonhaven, le faisant par là même exister un peu plus. Epic constitue donc un spectacle extrêmement bien ficelé puisque les moyens mis par Blue Sky pour mettre en scène cette histoire se voient sur l’écran : les décors et les costumes sont somptueux et le seul point de litige serait celui concernant plus généralement le character design des personnages, assez communs sur Mary-Kate, la reine de la forêt et Nod.

Reste que malgré leur mise en avant, c’est toutefois le personnage de Ronin qui vole la vedette de toutes les scènes, son animation étant magnifique et son histoire tragique alors qu’elle est la moins mise en avant.

Fox Home entrainement ne se fiche pas du monde et livre un travail parfait. Les couleurs sont vibrantes et l’image ne saute pas sur les longs mouvements de caméra comme ça peut parfois arriver sur certaines éditions (et même parfois au cinéma, ce qui a été le cas sur la projection du film, c’est dire). De là à affirmer que le film est plus beau que lors de sa sortie en salles il n’y a qu’un pas que je franchis ici.

Danny Elfman livre ici une partition sympathique quoique guère originale mais en équilibre avec le mixage sonore. La piste française est en dts mais pour les fondus de la version originale comme moi, la piste anglaise en 7.1 décolle bien les oreilles tout en laissant les dialogues des personnages bien audibles. Je dis oui.

Les bonus sont à l’honneur sur l’édition blu-ray, entre des featurettes sur la nature destinée aux enfants, comme « explorer la forêt : oiseaux, insectes et limaces » ou encore « La pourriture c’est pas si pourri » et « les as du camouflage ». « Et si les humains étaient minuscules » montrent les efforts de perspective que les artistes ont faits sur le film et permet de se rendre compte de la minutie de leur travail lorsque l’on compare les macros avec certaines images qu’ils ont créées.

Mais le gros morceau pour les fans d’animation reste le petit documentaire « Tout savoir sur le monde merveilleux de Moohaven » où sont abordés les différents aspects de la création du film. On peut y apercevoir un certain nombre de dessins conceptuels de personnages, de décor et de production design, ainsi que les vidéos de références et des interventions des animateurs, des décorateurs et Chris Wedge lui-même reviennent sur le travail fait sur les personnages. On regrette que celle-ci ne dure que vingt minutes, mais pour les aficionados, le reste est à découvrir dans le Art of du film, très complet.

En conclusion, Epic est un film à redécouvrir en vidéo et le revisionnage du film m’a permis de prendre un peu de distance. Il possède tout ce qu’il faut où il faut pour vous divertir et ce serait dommage de passer à côté de ce long-métrage désormais disponible partout et surtout en dehors de la furie des nombreuses sorties cinéma.

2 Comments

  1. C’est vrai que niveau programmation c’était vraiment pas l’idéal. Après les Croods, en même temps qu’Iron Man et peu de temps avant Monstres Academy et le retour des Minions.
    C’est vraiment un film très sympa, visuellement, rien à dire il envoie du steak. Après au niveau scénario j’ai trouvé qu’il manquait un petit truc. Je n’arrive pas à mettre la main dessus, mais c’est à cause de cela que je n’ai pas réussis à m’immerger et m’impliquer à 100% dans le film.
    On verra bien lors du second visionnage 🙂

    Arnaud Choisy
  2. Pingback: [Exposition] L'Art de Blue Sky au Musée Art Ludique.

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