Comme à son habitude, le festival International du Court Métrage de Lille organise une nuit de l’animation en trois temps afin de mettre en avant des courts et des longs-métrages de tout horizon, un vrai marathon animé qui mets à l’épreuve les plus hardis avec cette année un focus sur l’excellent Studio Train Train, basé là-bas.

Partie 1 : Ogre, Trakazoaires et gangsters

Dès 21h, la première partie (déconseillée aux moins de 14 ans) mets à l’honneur, outre l’excellent court-métrage L’ogre (coup de cœur de Muriel durant Annecy 2017) et un épisode de la série Recto-Verso titré « le bowling », tous deux animés chez Train Train, on retrouvera la nouvelle production sérielle de Vivement Lundi ! et Tchack, La Science des soucis, avec l’épisode « Douce nuit, Succinte nuit ».

Imaginez que derrière chaque mèche de cheveux réfractaire, chaque disparition inexpliquée de chaussette, chaque coin de table belliqueux, bref, chaque petit souci du quotidien, se cachent en réalité d’étranges créatures : les Trakazoaires. La Science des soucis est la première série cartoon-documentaire à révéler au monde l’existence de ces mystérieuses petites bêtes.

Suivront Shine d’Alexander Dietrich et Johannes Flick, Analysis Paralysis d’Anete Melece, Stems d’Ainslie Henderson, Spring Jam de Ned Wenlock, Twin Islands de l’équipe composée de Lara Cochetel, Raphaël Huot, Christine Jaudoin, Manon Sailly, Charlotte Sarfati, Fanny Teisson et l’excellent Günther de Erick Oh (réalisateur de la série The Dam Keeper’s Poems, sortie au Japon et bientôt chez nous)

Tandis que tous ses amis meurent de faim, Günther continue à se demander qui il est vraiment.

Et en fin de première partie, le très attendu Mutafukaz de Run et Shojiro Nishimi, vu à Annecy cette année, ce qui fut l’occasion de critiquer le film et d’y interviewer son réalisateur.

À la suite d’un accident de scooter provoqué par la vision d’une mystérieuse inconnue, Angelino commence à avoir de violentes migraines accompagnées d’étranges hallucinations. Avec son fidèle ami Vinz, il tente de découvrir ce qui lui arrive, alors que de menaçants hommes en noir semblent bien déterminés à lui mettre la main dessus…

Partie 2 : des boutons à la place des yeux

Déconseillée aux moins de 14 ans, la deuxième partie de la nuit de l’animation entame les hostilités avec le court-métrage américain Fired on Mars, du duo Nick & Nate, notamment récompensé à l’OAIF en 2016. Le pauvre Jeff vient de se faire virer de son travail. Problème ; comment rentrer sur Terre lorsqu’on est actuellement sur Mars ? Jolie critique du corporatisme, le film est un excellent point d’entrée dans les œuvres des artistes de ce duo, Nick Vokey et  Nathan Sherman.

Suit « Tropicool », un clip réalisé en 2016 pour la chanson éponyme du groupe punk GaBLé par Marie Larrivé et Lucas Malbrun, au style graphique naïf et efficace.

Suivent les quinze minutes de La vie magnifique sous l’eau de Joël Vaudreuil, où l’on est bien loin de l’adorable Nemo de chez Pixar et Shmevolution de Nolan J. Downs, dont les œuvres précédentes sont une bonne indication de ce que vous pouvez attendre dans son dernier né. Missing one player de Lei Lei, un habitué du format hors limite du festival annécien. Puis gros morceau avec le clip érotique et gore « Fantasy » pour le titre de DyE, réalisé par Jérémie Périn et qui lui a ouvert la réalisation de la série Lastman.

C’est le court It’s a Date de Zachary Zezima qui lui emboîte le pas, suivi de La Faillite de Jean-Jean Arnoux, les deux œuvres partageant la thématique de l’aliénation totale dans deux cas de figures différents. Ruben Leaves de Frederic Siegel attaque quant à lui le sujet des pensées obsessionnelles compulsives, en poussant le concept à son paroxysme. Claudia Cortés Espejo  et son Steven Goes To The Park, vu au Midnight Specials : WTF programme lors d’Annecy, complètement barré et fun ! Puis, le final de cette deuxième partie :

Coraline vient d’emménager avec ses parents dans une étrange maison. Pour tromper son ennui, elle décide de jouer les exploratrices et ouvre une porte condamnée, derrière laquelle se trouve un appartement identique au sien, à quelques détails près…

On ne présente plus le Magnum opus d’Henry Selick et première production du studio Laika, spécialisé dans la stop motion, tout comme une bien belle première pierre qui est tout autant un merveilleux long-métrage qu’une adaptation de qualité d’un récit de Neil Gaiman.

Partie 3 : couchez les enfants, passez la cinquième !

On arrive à la partie déconseillée aux moins de 16 ans. C’est le moment de sortir les bières et les chips, avec Pombo Loves You de Steve Warne où un père absent se retrouve dans les chaussures de Pombo, un héros de série des années 80, puis Kill The Noise enjaille la soirée avec « Kill It 4 The Kids » de Chris Ullens en rhabillant Donald Trum… euh, Tronald Dump, un monstre capitaliste qui vient détruire un petit village.

Talking Cure de Felipe Di Poi Tamargo, dont les dialogues ont été improvisés par la troupe Starla and Sons, et les comédiens de la troupe comique Simple City, sélectionné à Ottawa, est bien farfelu et After the End de Sam Southward aura certainement raison de votre vessie avec sa stop-motion post-apocalyptique en plasticine et son humour British que n’aurait pas renié Aardman. Hot Dog Hands de Matt Reynolds et le clip de Felix Colgrave pour Fever The Ghost sont deux face d’une même pièce, celle du bizarre séduisant et fascinant, et l’un comme l’autre vous étonnera avec leurs visuels de folie.

Safety Tips with Captain Tardigrade de Ian Miller, produit chez ces adorables cinglés de Titmouse à l’occasion du mythique rendez-vous annuel 5 second day, fera la joie des amateurs de sketches court à la Robot Chicken. Quand on vous dit que les enfants doivent respecter les règles !  Le clip de Yeti Lane, L’Aurore, possède d’ailleurs des figurines que n’auraient pas renié les animateurs de Stoopid Buddy, mais elles sont ici utilisées pour un posing d’enfer, valorisé par des mouvements de caméra fluide et stables au service d’un orgie bourrine bien sanglante.

Bloop’s Birthday de Julian Glander rompt complètement avec la naturalisme du clip précédent avec son esthétique mignonne au service d’un concept aussi simple que cruel. Dernier clip avant explosion, Josho de Roboto pour une piste de Skrillex fait le choix de la 3D et des couleurs qui claquent pour vous préparer au dernier rush de la nuit : Redline.

Car c’est lui le grand final : Redline de Takeshi Koike (Lupin III – L’aventure italienne), un long-métrage de science-fiction tout simplement furieux, l’un des préférés de Muriel et sorti en vidéo chez Kazé, dont il ne faut pas selon elle manquer une diffusion sur le plus grand écran possible.

La course de voitures clandestine la plus difficile et la plus mortelle de l’univers vient de commencer ! Pour remporter la finale, JP et Sonoshee affrontent les conducteurs les plus fous dans leur impressionnant véhicule lourdement armé et filant à toute allure. Qui survivra et remportera la victoire ?

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