Aliki T Grafft fut présente au Festival international du film d’animation d’Annecy afin de soutenir sa première réalisation (et nomination) produite par Frederator, le court métrage Doctor Lollipop, diffusé sur Youtube par Cartoon Hangover. Madmoiselle Murieta étant amoureuse de son travail, il lui était impossible de la manquer pour une interview !

Pouvez-vous, pour nos lecteurs qui ne vous connaissent pas encore, vous présenter, vous ainsi que votre travail ?

Je viens d’une famille grecque de première génération. J’ai grandi à San Diego, dans le sud de la Californie. J’avais comme rêve de travailler dans l’animation et suis venu à Los Angeles pour les études et j’ai décroché plusieurs stages. Le premier fut à Hanna Barbera ou ils faisaient Le Laboratoire de Dexter et Johnny Bravo, et un autre à Spümcø où était réalisé Ren & Stimpy.

C’est la que j’ai réalisé que ce qui m’intéressait vraiment, c’était les dessins animés orginaux, fondés par leurs créateurs. Lorsque j’étais à Spümcø, John K. parlait beaucoup de pourquoi ce type de séries était plus marrante et originale et lorsque j’ai fait mon stage à Hanna Barbera, certains artistes écrivaient leurs propres histoires et créaient des courts métrages. Le projet était piloté par un homme appelé Fred Seibert qui était à l’époque le président d’Hanna Barbera. Aujourd’hui, on le connait mieux sous le nom de Fred de Frederator.

John Kricfalusi, aka John K. et créateur de Ren & Stimpy

Donc j’étais très attentive au fait que déjà à cette époque, ce type, Fred Seibert, avait lancé un programme de création de courts métrage originaux basé sur l’idée que les dessins animés devaient être écrits par des dessinateurs, ce qui était la même théorie que celle exposée par John K. Ce qui est intéressant, c’est que c’est loin d’être une règle d’or, une série comme Les Simpson sont scénarisées et non pas boardées, mais je trouvais cela amusant et j’ai remarqué que ce que j’aimais le plus, c’était cette formule originale pour animer ces bêtises cartoonesques.

Lorsque j’ai grandi, dans ma famille, nous regardions les Looney Tunes et je les adorais J’aimais aussi beaucoup les longs métrages Disney comme Dumbo, Peter Pan et Le Livre de la Jungle. Je voulais donc un jour faire partie de ça, je suis donc allée à la USC, où il n’y avait pas encore de filière animation puis j’ai décroché des stages, puis pour combler mes manques j’ai continuer à étudier avant d’être acceptée dans le programme d’entrainement des longs métrages Disney.

Nous étions quatre. Nous avons été entraînés huit mois durant, sur les principes de l’animation,depuis les basiques jusqu’aux méthodes les plus avancées et lorsque j’ai été diplômée, j’ai immédiatement rejoint les équipes du film Hercules.

Lorsque j’étais au Disney Animation Studio, j’ai travaillé sur Hercules, Mulan, La planète aux Trésors, Atlantide – L’Empire Perdu, Fantasia 2000… et je crois que c’est tout !

J’adore Hercules, ses chansons gospels, le style graphique géométrique. Et Le Laboratoire de Dexter Laboratory, comme Hanna-Barbera, c’est toute mon enfance !

Vraiment ? C’est excellent, et je fus bien attristée lorsque le studio a fermé ses portes mais je suis heureuse de voir que les séries du même genre continuent à trouver leur chemin jusqu’au écrans, comme ceux du net. Donc à l’époque, j’ai été en contact et ai appris de maîtres comme Glen Keane, Eric Goldberg, John Ripa ou Brian Ferguson, J’ai tant appris mais l’animation traditionnelle était en train de mourir et le studio ne voulait plus faire de tels films.

Et tenir le crayon pour dessiner me manque. Pointer et cliquer, les structures en grille, ça ne me parle pas autant que le dessin, bien qu’il n’y ait aucun mal à ça car l’on peut voir de très beaux films en 3D, mais ce ne sont pas avec eux que j’ai voulu faire de l’animation. Donc j’ai du trouver quoi faire par la suite et la grande leçon dans mon histoire a été d’être capable de me réinventer et d’apprendre de nouveaux talents, de faire attention à ce que j’aime dans l’animation.

Donc j’ai pris beaucoup de cours et j’ai découvert que j’aimais beaucoup créer des histoires mais dans le même temps Eric Goldberg me proposa de le rejoindre en tant qu’assistante afin de travailler sur le film Les Looney Tunes passent à l’action. Mais il n’était pas le seul, car je fus également contactée par Nickelodeon pour devenir « story revisionnist » et « clean-up artist », un travail au bas de l’échelle qui reste toutefois très important si on veut réussir dans ce domaine car cela requiert d’apprendre et d’étudier les boards des autres et, pour la plupart du temps, les compléter,

Pouvez-vous expliquer pour ceux d’entre-nous qui ignorent ce qu’est un « story revisionnist » ?

Bien sûr. Quand le storyboard est trop brut ou que l’idée générale n’y est pas suffisamment developpée, le « story revisionnist » fait un passage supplémentaire pour corriger ça avant la validation finale et l’envoi des planches  vers les pays où se font l’animation.

Donc j’ai pris le travail chez Nickelodeon où l’on a également essayé de me donner à créer le character design sur la série animée de Pamela Anderson, Stripperella, qui était alors en conception chez eux.

J’ignorais cela. A vrai dire, je ne connaissais même pas cette série, elle n’est jamais arrivée en France.


Oui, Stan Lee a fini par y occuper le poste de créateur, mais il ne me semble pas en avoir vu un épisode non plus, en même temps, à cette époque, je n’avais plus de télévision ! Enfin, j’ai du prendre une grosse décision à cette époque : rester avec Eric Goldberg sur le long métrage des Looney Tunes ou devenir « story revisionnist » sur Rudy à la craie. 
C’est alors que Eric m’a dit : « Pars et fait ton trou à la télévision, l’animation traditionnelle est un art mourant au cinéma, mais bien vivant sur le petit écran, vas travailler là-bas. » Et ce fut son meilleur conseil parce que ce fut une toute nouvelle aventure  à mon arrivée à Nickelodeon.

Et… ça va, je ne parle pas trop ? (rires)

Non non, pas du tout ! Vous avez répondu à déjà beaucoup de mes questions avec une seule réponse ! (rires) Mais à l’image de la transition entre les film et la TV, y a-t-il eu le même fossé qu’entre la  TV et internet ? 

Non, pas vraiment. Fred a toujours piloté des programmes de courts métrages. Il y a toujours cette idée que si le public accroche à quelque chose, il gagnera de la popularité, quel que soit le médium. Ça reste quelques chose d’assez peu risqué car si un court gagne en popularité, d’autres le verront et le choix pourra être fait d’en faire plus et de créer une série le cas échéant.

Et ce fut  un moment opportun, car lors de mon arrivée à Nickelodeon, Fred lançait un autre de ses programmes de courts métrages, du coup, en parallèle de mon travail sur Rudy à la craie, Je lui ai pitché plusieurs idées dont certaines sont devenues deux courts métrages.

Fred Seibert dans son bureau (sans bureau !) au Frederator Studios
Et c’était les deux courts que j’ai créé avant Doctor Lollipop. Le premier s’appelle « Girls on the go !  » et l’autre « Yaki & Yumi ». Ils ont donc été créé alors que je travaillait à Nickelodeon. Hélas, les courts que nous avons fait ensemble n’ont pas donné suite à des séries mais ils furent tout de même diffusés, et des gens les ont vu.
Dan Povenmire, qui est l’un des créateurs de Phineas & Ferb, les a vu et j’ai été embauchée sur la série. J’ai donc travaillé plusieurs années en j’ai beaucoup appris sur le scénario parce que sur Phineas & Ferb on ne se contente pas que de dessiner les boards, mais on écrit aussi l’histoire, les dialogues, les blagues en supplément des dessins.

J’ignorais ça également.

Oui, ce n’est pas si simple ! Ce n’est pas donné à tout le monde. Il y a des gens qui dessinent très bien mais qui sont incapables d’écrire une ligne de scénario, et l’opposé est tout aussi vrai. La chose qui boucle le boucle est que Phineas & Ferb est fait sur le même genre de modèle dont parlait John K ainsi que la méthode que préconise Fred pour les courts métrages. 
Quand j’ai commencé dans le milieu , c’est ce que j’avais vu : des gens écrivant leurs propres idées, dessinant leurs propres personnages pour un excellent résultat final, et c’est une bonne méthode. A côté de ça, j’avais essayé de développer une série pré-school qui ne devint pas une série, mais rien que de monter tout ça, c’est beaucoup de travail, une chose qui m’a permis de comprendre que j’étais mûre pour la réalisation.

A propos de Doctor Lollipop, quelle fut l’idée principale ? D’où est-elle venue ?

Eric Homan, qui est vice-président de Frederator, est venue me voir avec le concept de Doctor Lollipop afin de voir si je pouvais être intéressée pour le réaliser, donc je n’en suis pas la créatrice. Ce mérite revient à Kelly Martin.

La version originale deDoctor Lollipop était moins cartoony. 

Oui, vous m’aviez conseillé de la suivre sur twitter (rires), je me souviens.

Ah oui ?! (rires) Kelly créait ses propres bande-dessinées de Doctor Lollipop. Elle a participé à plusieurs conventions et les gens de Frederator ont découvert ce qu’elle faisait. Il ont demandé à Kelly de faire un storyboard, ce qu’elle fit alors qu’elle n’avait aucune expérience dans  l’animation. Ils ont eu besoin de quelqu’un qui pourrait transformer le matériel, le restructurer pour lui donner de la clarté et le rendre viable. J’avais également tout ce qui était requis comme expérience pour mener le projet à terme à chaque étape.

Donc j’ai eu le poste pour réaliser l’épisode, ce qui fut un un vrai défi mais aussi beaucoup de plaisir. Je trouve qu’au final, l’épisode a ce qu’il faut.

Alors, verra-t-on un nouvel épisode, peut-être une suite ?

J’aimerais beaucoup ! J’ai dit à Kelly de se tenir prête pour un second pitch. Je pense qu’il y a un monde très intéressant, avec des personnages forts qui sont différent de ce que l’on peut trouver habituellement. L’univers est étrange et a du potentiel donc j’adorerais en voir plus. Et je pense que les fans adoreraient en voir plus.

Quand j’ai évoqué Doctor Lollipop dans mon article sur Focus on Animation (ici-même), il a été bien reçu. En France, les gens l’ont bien aimé.

Oh, c’est bon à savoir, on se demande toujours comment le public réagit à ce que l’on fait, si les blagues fonctionnent, je suis contente de l’apprendre.

Ils ont aimé les références, comme Grey’s Anatomy, la licorne…

Oui, c’est un mélange étrangement fonctionnel de série dramatique médicale et de fantaisie, ce qui rend la chose assez unique. Je pense que l’humour est fun, c’était plaisant de le faire, d’ajouter des blagues pour rendre la chose encore plus marrante, tout comme être libre de prendre une idée donnée par Kelly et de la pousser le plus loin possible.

J’ai lu que vous écriviez également des chansons, pour lesquelles vous avez été  nominée. Jouez-vous d’un instrument ? Comment cela fonctionne pour vous ?

J’ai toujours adoré la musique et j’aime faire des chansons. Je jouais du piano quand j’étais enfant piano et je peux reproduire une mélodie que j’entends, j’ai l’oreille musicale, aucun besoin de lire les notes. Je n’ai jamais eu de vrai formation en dehors de ça et comme Phineas & Ferb, qui est une série musicale, j’y écris des chansons.
Ma première chanson fut dans un épisode appelé Phinédroïdes & Ferbots, pour la chanson éponyme, pour lequel j’avais l’idée d’une chanson robotique qui aurait marrante avec ces personnages, donc j’ai tenté ma chance et montré ça à Dan et Swampy, et ils ont adoré. Et c’est une ades choses les plus importante dans le fait de travailler sur Phineas and Ferb : chacun est très ouvert. Personne ne m’a dit que je ne pouvais pas le faire parce que je n’était pas compositrice. Si tu as une bonne idée, personne ne se mettra d’oeillères.

La réaction fut « ok, très bien. » du coup j’ai continué à travailler dessus et ça s’est bien passé, tant d’ailleurs qu’elle s’est retrouvé dans l’attraction de la série à Disneyland, où les personnages apparaissent et font la dance animée dans le storyboard que j’avais dessiné, c’est dingue ! 

Donc après ça, j’ai voulu en faire d’autres donc quand je travaille sur un épisode et que j’ai assez de temps, j’écris une autre chanson, c’est comme ça que c’est arrivé pour « Revient Perry » (dans l’épisode Mais où est Perry?) où ça devait être marrant mais émotionnel car je devais capturer ce que Perry signifiait pour les héros, mais comme c’est Phineas and Ferb, ça devait rester drôle.

J’ai aussi vu que vous avez pris part à des panels de l’organisation Women in Animation. Pouvez-vous m’en dire plus ?

J’ai passé plusieurs années à travailler dans cette industrie et j’ai simplement remarqué qu’il n’y avait pas beaucoup de femmes. Certaines sont animatrices, d’autres artistes, même si moins nombreuses mais il y a encore moins de femmes chez les réalisateurs et les scénaristes, il y en a si peu. Je trouve qu’il manque de cette voix dans le domaine de l’animation. C’est une voix importante.

Il suffit de jeter un oeil à La Reine des Neiges, qui a été co-réalisé par une femme, mais ce n’est pas suffisant.

Elle a fait beaucoup sur ce film, notamment sur le scénario…

Oui, Jennifer Lee a créé des personnages féminins forts et a montré qu’ils n’avaient pas le besoin de lever une épée ou de faire la guerre pour avoir une personnalité, et ce n’est que le début. On a besoin de plus que ça. Et c’est un combat compliqué parce que de nombreux studios veulent faire des séries pour les garçons parce qu’ils répètent que « les filles regardent les séries pour garçons, les garçons regardent les séries pour garçons, les garçons ne regarderont pas les séries pour filles ».

Oui, je me souviens d’une BD dessinée par Giancarlo Volpe où il se lamentait de la pression des executives, les gens du studio.

Et aussi, ils pensent que les garçons veulent plus de comédie, sont plus comiques, ce à quoi Dan Povenmire avait l’habitude de répondre « okay, laissons les producteurs des autres séries penser que les filles ne sont pas drôles…comme ça je pourrai engager toutes les marrantes. » (rires) parce que qu’il n’y avait que deux storyboardeuses et scénaristes et que nous étions très peu. Il n’y avait qu’une seule réalisatrice !
Dan Povenmire et Jeff « Swampy » Marsh

Dans la série,nous avons Candice, nous avons des personnages féminins et l’on a la nécessité d’évoquer ce que c’est d’être une adolescente. Pareil pour Isabella : elle est très fille, elle porte du rose et ressent quelque chose pour Phineas, mais elle a en même temps un fort caractère. Elle sait mobiliser ses amis et son équipe de scouts et trouver des solutions aux problèmes, donc ce sont toutes deux de bons personnages et je pense qu’il en faudrait plus dans ceux qui émanent de notre industrie.

Et je pense qu’avoir plus de femmes comme force motrice sera le moyen d’aider à en avoir plus en tant que personnages principaux, et l’on ne parle pas ici de faire une série pour les filles, ça ne rien à voir avec le rose, les paillettes et les trucs de filles. On parle d’avoir de bons personnages qui se trouvent être des femmes, et c’est ça mon but.Je veux tellement ça. Avez-vous vu Eau de Minnie ? C’est l’un des derniers épisodes de la nouvelle série Mickey Mouse (commencée avec Croissant de Triomphe, ndr).

Pas encore. Il n’est pas encore arrivé en France à l’heure actuelle.

Oh, il faut que vous le voyez dès que possible, parce que c’est un épisode sur Minnie , elle en est l’héroine et pas juste le contrepoint Mickey et la manière dont j’ai voulu l’approcher était de la rapprocher d’actrices comme Tina Fey, Lucille Ball, marrante, comique, pas du tout précieuse, pas parfaite, pas comme une demoiselle en détresse qui dit « Oh Mickey, sauve-moi ! ».

Une image du storyboard de Eau de Minnie venant du tumblr d’Aliki.
Minnie est le le vecteur de sa force comique tout en étant un personnage propre et un moteur pour l’histoire, elle devient un personnage féminin fort. Elle ne combat pas un dragon, elle fait juste des choix forts, fait des erreurs et elle est cartoony, imparfaite et à la fin, elle trouve une solution au problème qu’elle a engendré. Mais elle y arrive et à la fin, elle se sent mieux à propos d’elle-même.

Je veux voir ça !

Oui, et je veux voir plus de ça dans les dessins animés et je veux vraiment faire ma part pour l’injecter dans les personnages sur lesquels je travaille, et c’est d’autant plus important que j’ai moi-même une fille.
Je vois ses réactions, lorsqu’elle dit « pourquoi il n’y a pas de bons personnages de filles dans cette série ? », elle le remarque et je ne veux pas qu’elle ne se sente non représentée ou qu’elle n’est pas importante et qu’elle pense qu’elle doit juste être rose et « faire la fille ».

Bien sûr elle aime ce genre de choses,et je veux dire, il n’y a rien de mal à ça, mais les filles ne peuvent-elles pas être plus que ça ? Ne peuvent-elles pas être plus que le side-kick ou le quota féminin habituel ? Ne peuvent-elles pas être des personnages forts sans avoir à pratiquer le karaté ?  

Tout à fait.

Et on sait, en tant qu’enfant, l’on a plusieurs dimensions, une personnalité, d’où l’importance que les personnages qui nous représentent en ait une.

Merci de parler de tout ça. Ça m’est important parce que je le ressens aussi, en tant que public. Pour exemple, je suis la seule fille ici à Annecy pour Focus on Animation et mes trois autres collègues sont des hommes.

Oui, je suis habituée à ça aussi. Quand on travaille je n’y pense pas car tout se fait ensemble et que tout se passe bien, mais pour les enfants, leur premier contact avec une représentation d’eux-mêmes se fait par l’animation, c’est donc important. Ils sont fait tout d’abord pour eux et ceux-ci sont donc d’autant plus important dans ce qu’ils montrent et ce que ça induit à propos de notre monde.

Et maintenant ? Quels sont vos projets ?

J’ai travaillé sur un projet personnel afin de le proposer à Disney pour une série mais ce ne s’est finalement pas fait. La série avait un personnage féminin fort qui n’a rien à voir avec le fait d’être féminine ou pleine de paillettes, juste un personnage fort qui se trouve être une fille.

Toutefois, je vais être réalisatrice sur une nouvelle série au casting féminin fort, ce qui est très stimulant. et je continue à poursuivre le rêve de pouvoir créer une série avec un personnage principal féminin comique.

Pouvez-vous nous parler un peu plus de votre projet ?

Pas vraiment. Mais je peux dire qu’il a une héroïne forte, c’est une comédie avec des garçons et des filles, qui échappe à la typologie « pour les filles, pour les garçons ». C’est une série animée comique avec beaucoup de cœur, très chaleureuse, marrante et à la source, assez intime. Car c’est en rapport avec le fait d’être grecque, d’avoir des parents dont l ‘accent est très prononcé, à la culture très grecque sans toutefois lui avoir appris la langue d’origine.
J’étais coupée en deux, vivant dans cette ville ensoleillée et ses plages de cartes postales, entourée de cheveux blonds et d’yeux bleu, avec des noms comme « Stephanie Smith » et « Jenny Pendleton » et moi j’étais Aliki Theofilopoulos dont les parents grecs qui ont un gros accent.
Lorsque la famille grecque venait nous visiter, je n’étais pas assez grecque pour eux parce que je ne parlais pas leur langue et de l’autre côté, je n’étais pas assez blonde et mes yeux n’étaient pas assez clairs pour les jeunes américains, donc j’étais vraiment coincée au milieu. J’étais habitée par de nombreux sentiments bizarres, quel était ma vraie place ?

Donc ce projet évoquerait ce moment de la vie où l’on se cherche sans s’attacher à un groupe spécifique parce que ce n’est pas ça qui vous définit. C’est sur l’importance d’être soi-même, ce genre de choses.

Merci Aliki pour cette interview ! 


Plus d’information : 

Aliki Theofilopoulos Grafft, aka Aliki T Grafft a une chaîne youtube, où vous pouvez voir ses Random Cartoons! produit chez Nickelodeon. Elle a un twitter et un tumblr où elle poste ses dessins et ses tests d’animation.

Pour lire l’interview en anglais, cliquez ici

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