the breadwinner

C’est au cours d’un entretien avec le site internet The National que Nora Twomey, réalisatrice de The Breadwinner, adapté du roman jeunesse Parvana, une enfance en Afghanistan écrit par Deborah Ellis, auteuse qui milite pour la paix dans le monde et pour l’égalité des femmes, dont le sujet est le suivant :

[message]Parvana a onze ans et n’a jamais connu son pays autrement qu’en guerre. Une guerre de cauchemar qui interdit aux femmes de sortir non voilées ou sans l’escorte d’un homme, père ou mari. Assez grande pour être soumise à ces interdits, Parvana doit pourtant trouver une façon de les contourner. Car depuis que les talibans ont emprisonné son père, c’est sur elle seule que repose la survie de la famille…[/message]

Jessica Hill a recueilli les impressions de Twomey sur son premier long-métrage dont la sortie se fera en 2017, et les relations qu’elle entretient avec Angelina Jolie, devenue productrice du film depuis le mois d’août 2015  :

Dès que j’ai lu le livre, j’ai su que je voulais faire ce film. C’est un gros défi pour nous, dans ce studio, de raconter une histoire forte, simple et profonde dans une telle partie du monde dont vous entendez souvent dans les actualités. Angelina a lu le scénario, a regardé les dessins et les concepts graphiques avec ses enfants, et a beaucoup aimé l’approche que nous prenions. Je pense qu’elle inclue beaucoup ses enfants dans ses décisions et leur montre tout ce qui pourrait être susceptible de les intéresser. Ils l’ont aidé à faire le choix de s’impliquer dans le film. C’est le genre de films qu’ils aiment.

La firme de l’actrice, Jolie Pas ­Productions, travaille étroitement avec Cartoon Saloon et les producteurs que sont Aircraft Pictures au Canada et Mélusine Productions au Luxembourg.

Je lui montre le travail autant que possible. Nous nous sommes vues à Londres où elle était basée au début de l’automne. Elle est désormais en pleine préparation de son prochain film qui va se tourner au Cambodge, donc elle reste très occupée.

Twomey, qui est originaire de Cork, dans le sud de l’Irlande, n’est jamais allée en Afghanistan, mais travaille de concert avec des consultants Afghans.

C’est une grande aide afin de donner une authenticité. La beauté de l’animation est que c’est en partie une expression artistique, en partie la réalité, et de combiner les deux pour le meilleur. Ce n’est pas une photographie parfaite de Kaboul, on est plus dans la représentation artistique. J’ai essayé au maximum de recréer l’apparence de l’endroit, la couleur des habits des gens qui se découpe des couleurs plus brunes des habitations sur les collines. C’est un endroit qui a une apparence très spécifique et je pense que nous y sommes arrivés.

Nora Twomey, photo par Dylan Vaughan
Nora Twomey, photo par Dylan Vaughan

Twomey décrit Jolie comme une personne chaleureuse ,amicale et très terre-à-terre, et son statut d’ambassadrice pour les nations unies est un soutien supplémentaire pour le film.

Angelina est très collaborative et ne fait vraiment preuve d’aucun ego. C’est une histoire difficile à raconter. Angelina est très à l’écoute à propos de ça. Elle comprend ce que nous tentons de faire et nous a aidé, guidé là où il faut. Elle est un élément prépondérant du projet. Angelina a beaucoup de savoir sur l’Afghanistan et sur d’autres zones de conflits, et elle s’implique à fond : c’est quelque chose à laquelle elle pense profondément et dont elle déchiffre les complexités.

Comme pour Salma Hayek sur Le Prophète, Angelina Jolie n’est pas qu’une démarcheuse de luxe et s’implique dans le processus créatif.

Elle a un point de vue très sensible sur ce que c’est de vivre là-bas. Être aidé sur l’histoire par quelqu’un qui comprend parfaitement le sujet n’a pas de prix. Et avoir une homologue cinéaste à qui je peux parler des éléments artistiques du film est une expérience fantastique.

Jolie donnera tous les fruits de son travail sur The Breadwinner pour œuvré à l’éducation des jeunes Afghanes et a beaucoup insisté sur l’authenticité du film.

Angelina fut très consciente que nous cherchions un maximum de personnes venant de la communauté Afghane à caster pour les voix au Canada, où nous avons fait les enregistrements. Nous avons trouvé de charmantes personnes Afghanes, Pakistanaises et Indiennes avec beaucoup d’expérience en tant qu’acteurs. Je viens juste de revenir d’une séance d’enregistrement, cette profondeur supplémentaire ajoute tellement au film.

The Breadwinner semble d’autant plus important vu le contexte, les Talibans faisant un retour spectaculaire en Afghanistan mais selon Twomey, les thématiques du film sont intemporelles.

Mais pour nous, ce n’est pas un obstacle. L’histoire de The Breadwinner est si solide, le but n’est pas de porter l’attention sur ce point en particulier.

Ils y aussi des plans pour diffuser The Breadwinner en Dari et en Pashto, les langues les plus parlées en Afghanistan.

La chose la plus importante pour moi est de raconter une histoire universelle où chacun peut s’y retrouver. Les enfants se retrouvent toujours dans des situations où ils doivent prendre un fardeau bien plus lourd qu’eux. et l’héroïne, Parvana, est forte, mais elle est aussi humaine et a des aspérités. Elle n’est pas une princesse.

The Breadwinner ne possède pas encore de date de sortie, bien que l’année 2017 semble être une bonne estimation de sa sortie en salles. Nous espérons la présence d’un work in progress du film au prochain Festival International du Film d’animation d’Annecy ! Notons également que ce film, ainsi que le prochain Les Hirondelles de Kaboul se complètent sur la thématique sur la vie en Afghanistan sous le joug des Talibans.

Source : The NationalAnimation For Adults.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *