Juliette, Arthur et leurs amis reviennent dans une quatrième aventure, sur le thème des fêtes de fin d’année. Avec des graphismes laids, un scénario bas de gamme et un thème musical écorché, c’est le LE fail de Noël 2012.

Le Cygne et la Princesse, c’est un joli long-métrage d’animation sorti en 1995 chez nous et réalisé par Richard Rich, un ancien de chez Disney. D’où le côté très disneyen du film, qui a su séduire malgré quelques défauts. Moi en tous cas, je l’aime beaucoup. Et je ne dois pas être la seule, puisque le film a eu droit à plusieurs suites : Le château des secrets en 97, Le Trésor enchanté en 98 et maintenant Un Noël Enchanté. Et là je suis étonnée de découvrir que le réalisateur crédité pour ces suites est également Richard Rich… J’ai toujours pensé que c’étaient des suites DTV à la Disney, qui n’avaient rien à voir avec le réal du premier opus. Bref.

Dans Un Noël Enchanté, « La princesse Juliette et le Prince Arthur se préparent à fêter Noël en compagnie de tous leurs amis. Néanmoins, le terrible Albéric ne l’entend pas de cette oreille et fait tout pour gâcher les festivités. ». Vous vous souvenez d’Albéric non ? Le grand méchant du premier opus ? Le voilà de retour. Hum. Sauf qu’il est mort normalement. Mais c’est bien connu qu’à Noël, les morts ressuscitent. Ah non, c’est Halloween ça en fait.

Ce qui choque tout de suite, et vous le verrez directement avec la bande annonce plus loin, c’est l’animation. Quid des dessins traditionnels, dans cet opus ils ont choisi une animation par ordinateur bien laide. Si laide qu’on a peine à reconnaitre le couple royal, Juliette a vraiment l’air d’avoir subi un lifting dans une clinique au fin fond de la Patagonie ! En fait, on sait que c’est eux car 1. Juliette porte toujours sa robe bleue/verte et blanche, et 2. Arthur a toujours son espèce de coupe brushing au bol. Voilà.

Sinon, on a droit à une animation dans le genre Barbie (j’ai d’ailleurs trouvé le film sous le titre Barbie Princesse des Cygnes sur Internet, ça veut tout dire), et encore, je trouve les films Barbie mieux animés. Ici l’animation n’est pas fluide, c’est lent, et tellement pauvre visuellement ! Des décors plus qu’épurés, avec deux accessoires et demi, et des jeux de lumière pour faire passer le tout… Ce n’est pas la richesse visuelle du film qui vous fatiguera les yeux, je vous le dis !

Ceci dit, la richesse scénaristique ne vous fatiguera pas le cerveau non plus. Albéric a des pouvoirs et peut passer à travers les murs, donc il a tout gagné. Sauf que ses pouvoirs marchent de manière étrange… Il peut ensorceler la Reine, tout un village, mais pas Juliette et Arthur. Il peut transformer les gens en décoration de Noël, foutre le feu à un sapin géant, refaire de Juliette un cygne, se rejouer la scène du premier opus en redevant une chauve-souris géante, mais s’il croise un carillon de Noël ou si des enfants chantent, pouf il redevient inoffensif. Ça manque de logique tout ça ! Sans compter que le super sorcier a besoin d’un chat pour ses plans diaboliques, oui vous avez bien entendu, il a des super pouvoirs, il ressuscite, mais il a besoin d’un chat. Normal.

Sans compter ces incohérences, et les nombreuses mièvreries qui sentent bon l’esprit de Noël et la générosité, je crois que le plus fort de ce film c’est son… humour ! Sérieusement, il y a des choses hilarantes. Arthur qui fait un numéro de snowboarder entre autres, avant de se transformer en traqueur de chat psychopathe… Ou la Reine et son intendant qui se disputent à coup de sabre laser, se chamaillent pour savoir qui donnera le jambon à une famille dans le besoin (et donc aura le plus beau rôle) etc. Ce qui m’a vraiment achevée, c’est les moyens dont ils se menacent mutuellement d’avoir recours pour avoir plus de succès lors de leur numéro musical de Noël respectifs :

«  –          Vous pensez peut-être que vous m’avez surpassé Melchior, mais vous avez oublié un détail. Je sais où me procurer… Un zèbre ! Et je n’aurai pas peur d’y recourir !
–          Votre zèbre, c’est de la pacotille comparé à mes flamants roses !
–          Des flamants roses hein ? ca me déstabiliserait si je n’avais pas… Un poney Shetland !
–          Vous n’oseriez pas !
–          Ahhaha. Je ne reculerai devant rien, vous pouvez me croire !
–          Je ne voulais pas en arriver là, mais vous ne me laissez pas le choix !
–          Melchior, pensez aux générations futures !
–          Mais je les protège !
–          Nan !
–          Des bébés pandas !
–          Nannnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn ! »

 

Sérieusement ? Ils se battent à coup d’animaux cute et finissent sur des bébés pandas ? C’est énorme. Ça n’a rien à faire dans ce genre de films, à se demander ce qu’ils ont fumé à l’écriture du script, mais se servir de bébés pandas pour gagner en popularité, c’est vil, et c’est toujours drôle. Le dialogue quand ils essaient de savoir lequel des deux est le plus mesquin et réussira le mieux à entuber l’autre est pas mal non plus.

Après, le final, c’est un remake, raté, du premier opus. (Si vous avez peur du spoiler ne lisez pas plus loin, m’enfin, c’est Le Noël Enchanté du Cygne et de la Princesse, pas le dernier Harry Potter). On retourne sur le lac, Juliette en cygne, Arthur qui essaie de zigouiller un Albéric transformée en chauve-souris verte *qui courait dans l’herbe* géante avec une ridicule épée… Ah tiens non. Il a un bâton de dynamite cette fois. Sauf qu’au lieu de le faire bouffer à la bestiole géante, il s’en sert comme bougie, bien mon garçon ! Pas étonnant que tu te fasses légèrement tuer pas le vilain. Mais c’est pas grave, parce qu’après Juliette elle chante une pauvre chanson de Noël toute laide, et Albéric disparait à jamais, elle redevient grande et blonde, tu ressuscites, le sapin de Noël qui avait brûlé aussi, et tout le monde croit de nouveau en la magie de Noël ! C’est fou le pouvoir qu’à un cygne qui chante. Ouaw. On ne s’en méfiera jamais assez !

En somme, ce film est un gros fail, dans la veine des Barbie de Noël, voire pire. Une animation digne d’un jeu de Playstation 1, un scénario qui accumule les incohérences pour durer plus longtemps, et un final claquement de doigt comme on en fait rarement. Sublime. Contentez-vous de la scène de Star Wars sur fond de poney shetland et de bébés pandas, vous perdez moins de temps. (Ceci dit, si vous êtes conquis par le film, il sort en DVD le 5 décembre).

14 Comments

  1. Oh mon Dieu. Moi aussi j’aime beaucoup le premier fil. Bon par contre je me suis bien marré pour les deux autres, mais là ça a l’air… épique !! Je me demande où ils pêchent des idées pareilles… Et ce design ! Pouah !

  2. Alors là, je dois dire que ça a l’air vraiment décevant. Pour un film qui a une Juliette comme héroïne, ils exagèrent. Bon bah tant pis je reregarderais le premier est ça suffira ^^

    Juliette la noisette
  3. Revois le encore, peut être que tu comprendras certaines choses que tu n’avais pas vues au départ.
    Parce que le scénario, quoique sorti par les yeux de la tête, comme tous les opus, je trouve, n’est pas si incohérent.

    Après, on est des adultes, donc autant te le dire…même le premier avait des scénarios faciles, c’est juste qu’on trouvait ça normal que la « magie » du chant fasse des miracles…

    Difficile de bien juger maintenant. Quant aux décors, dans tous les opus, je les trouve quasi inexistants… ça m’a un peu frappée pour un film d’animation, mais bon, budget obligé je pense (en tout cas c’est l’impression que j’en ressens)

    1. C’est vrai que le premier opus déjà était facile au niveau du scénario, mais d’une facilité classique et bien construite, qui passait beaucoup mieux. Là c’était drôle, et risible à la fois, assez particulier donc !
      Sérieusement, j’ai vu des films d’animations plus horribles, mais je pensais pas avoir été incendiaire non plus dans ma critique, comme je l’ai dit, le coup de la bataille avec bébés pandas et poneys est géniale. Ce qui l’est beaucoup moins c’est l’animation…
      Globalement je classerait le film comme un Barbie, il est même mal-nommé ainsi sur certains sites ! Moche, loin d’être intelligent ni profond, mais on regarde quand même 😉

      Lalie

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