Et c’est le très fiable site Cartoon Brew  qui nous a fait parvenir l’information !

Nous savions depuis quelques temps qu’aucun film en animation traditionnelle n’était prévu sur le planning de Disney avant 2017, mais c’est aujourd’hui un couperet qui tombe sur l’un des départements (sinon le plus) emblématique du studio !

Alors que ce même département avait échappé de peu à sa fermeture à la fin des années 80 avant de connaître un nouvel âge d’or, les rumeurs circulaient depuis quelques jours après les remontées de l’audit demandé par le directeur général Robert Iger que des licenciements auraient lieu, notamment dans les départements de la vidéo et de la production de films, mais pas à ce point concernant ce département historique.

Après les coups de balai donnés dans les sections de Lucasfilm qui n’étaient pas ou peu attractives pour son nouveau propriétaire (LucasArts et Lucas Animation, ainsi que des employés d’ILM), ce sont donc un certains nombre de personnes qui sont renvoyés, parmi elles neuf grand noms de l’animation tels que :

Nik Ranieri (animateur de Lumière dans La Belle et la Bête, de Kuzco ou Hades)
Ruben Aquino (animateur d’Ursula dans La Petite Sirène)
Frans Vischer (le dernier métrage de Winnie l’Ourson)
Russ Edmonds (animateur d’Oliver dans Oliver & Cie)
Brian Ferguson (animateur de Ray de La Princesse et la Grenouille)
Jamie Lopez (animateur de Timon dans Le Roi Lion)
Dan Tanaka (qui a occupé des postes clés depuis Bernard et Bianca au Pays des Kangourous)
et deux autres personnes dont nous ignorons le nom à l’heure actuelle (l’article sera mis à jour dès qu’un supplément d’information sera disponible).

Sont épargnés pour le moment Eric Goldberg (animateur du Génie dans Aladdin) et le légendaire Marc Henn, qui venait de recevoir un Annie Award pour sa carrière il y a plus d’un mois. Les autres employés du département ont été convoqués pour une renégociation à la baisse de leur contrat et/ou des éventuels départs volontaires…

C’est tout de même assez incroyable de voir autant de personnes clés être mises à la porte, et bien que je ne doute pas qu’elle retrouveront du travail chez la concurrence, c’est assez inquiétant, surtout après la réussite que constituait le court-métrage Paperman en terme de mélange entre ce médium et l’animation par ordinateur.

Triste jour pour l’animation…

MAJ : Le nom d’Alex Kupershmidt a été retiré, ne faisant pas partie des personnes remerciées.

MAJ 2 : Un article datant d’octobre 2012 de The Animation Guild laisse penser que John Lasseter connaissait déjà les plans de ne plus mettre sur pieds de long-métrages en animation traditionnelle, via les déclaration d’un employé du département qui souhaite garder l’anonymat :

Nous sommes en train de développer de nombreux et différents projets à montrer à  John Lasseter. C’est un processus compliqué. Nous les avons pitché devant un groupe qui nous ont dit ce qu’ils en pensaient, puis nous ont dit de développer trois pitchs différents  pour John, car il aime que les artistes lui montrent trois choses différentes.

Et lorsque nous l’avons fait, il fut clair pour nous que les histoire n’étaient pas nécessairement faites pour l’animation traditionnelle  Quand nous avons demandé à John Lasseter, il s’est gardé d’évoquer la possibilité de réaliser un long-métrage de ce type…

Il est certain que John Lasseter a tenté de protéger le plus longtemps possible le département mais il est désormais dans une position où il doit faire des choix stratégiques en tant que Chief Creative Officer et la tendance ne va pas du tout dans le sens d’un retour de l’animation traditionnelle à la vue des recettes de Winnie L’Ourson et de La Princesse et la Grenouille.

Et ce sont bien les recettes que les responsables scrutent avec insistance.

MAJ 3 : Bien que le départ des ces animateurs soit triste, la situation ne va guère s’arranger dans le futur puisque cet article de Business Insider exprime très bien la stratégie de Robert Iger : moins de films « maisons » (de nombreux employés ont également été licenciés dans ce département) et une base solide constituée par Pixar/Marvel/Lucasfilm permettant à Disney de se recentrer sur la distribution, le marketing, le merchandising des licences et les parcs à thèmes.

Sources : Cartoon BrewThe Animation Guild et Business Insider

12 Comments

    1. Je ne peux qu’être d’accord avec toi. Ne plus voir du tout de long-métrage produit par Disney serait une vraie tristesse. Attendons de voir le FROZEN qui pourrait changer leur décision. Même s’il n’y a plus de tradi, espérons qu’ils gardent leur département longs.

      1. Il y aura toujours des films, live ou d’animation produits par Disney, mais en bien plus faible quantité vu ce qui est prévu pour Marvel et Lucasfilm. Je ne me fais pas de soucis pour la filiale animation 3D, même si le danger est qu’ils seraient un jour « mangés » par Pixar en cas de gros gros échecs.

        Il y a des chances pour que les gros blockbusters soient de moins en moins prévus car trop dangereux dans leur capacité à se rembourser.

        Enfin, le département d’animation de Disney travaillera un long-métrage d’animation 2D avec Big Hero Six pour Marvel, une petite consolation…

        Nbu
  1. Je me suis souvent dit depuis plusieurs années que le cinéma d’animation par ordinateur était tellement vivace que tôt ou tard, Disney risquait de renoncer au crayon et au papier, et aussi que le jour où ils le feraient, j’abandonnerais totalement cette firme mais visiblement c’est pas possible parce qu’ils rachètent tout et éditent aussi du contenu qui n’est pas le leur mais m’intéresse tout de même (Marvel ou LucasArts, par exemple, mais aussi Pixar).

    Cela dit, une compagnie qui a construit son nom et son histoire ne peut pas se permettre d’abandonner complètement l’animation traditionnelle, elle est la base de son oeuvre, à moins de vouloir se travestir au nom du profit financier -_-

    Merde, ce sont quand même des artistes à la base, et à force de devenir cette entité universelle, Disney donne juste l’impression d’être un conglomérat de gros capitalistes intéressés et expansionnistes ! -_-

    1. Et c’est ce qu’ils sont.

      Il y a une sacrée différence entre The Walt Disney Company d’avant et la compagnie Disney© d’aujourd’hui, tant par la politique que par les buts et enjeux.

      Rien que le changement de nom le signifie.

      Nbu
    1. Heureusement non, Disney continue à en faire (même si très assisté par informatique) et il ne faut pas oublier que les coréens sont en grande partie ceux à qui les USA sous-traitent leur animation pour les séries tv entre autres.

      Et n’oublions pas la France ! Le jour des Corneilles bénéficiait d’un travail très abouti (même si en partie sous traité en dehors de l’europe)

      Nbu
    2. Moi je pense que tu as raison! L’animation traditionnelle tend à l’agonie!
      L’un des derniers bastions restants est Ghibli… Mais combien de temps résistera-t-il encore quand Hayao Miyazaki et Isao Takahata tireront leur révérence?
      Quant à notre bonne vieille France, elle n’a plus réalisé de chef d’oeuvre d’animation depuis (de manière très subjective bien entendu) les années 80-90.
      Ce qui sort aujourd’hui est bien loin de la magie des dessin-animés de notre enfance… Il n’y a qu’à voir la saison 2 des Mystérieuses Cités d’Or 🙂 c’est une autre génération!

      Kyoshinhei
  2. Déjà qu’ils vont tuer les licences Marvel et Star Wars au cinéma (m’étonnerait qu’ils rencontrent de vrais succès sur le long terme et qu’ils restent dans les mémoires), croisons les doigts, Disney va peut-être enfin totalement disparaître un de ces jours !

    Bilto

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