Critique – The Angel in the Clock

Critique – The Angel in the Clock

Annoncé depuis plusieurs années, armé d’un pitch mettant en scène une petite fille atteinte de leucémie, le deuxième long-métrage de Miguel Ángel Uriegas, auparavant co-réalisateur de L’incroyable histoire de l’enfant en pierre, avait un certain nombre d’atouts pour dépasser des productions plus conventionnelles que le Mexique a pu nous offrir par le passé, comme ceux d’Ánima Estudios. Désormais seul aux commandes, a-t-il tenu les promesses annoncées ?

Amelia, une fillette atteinte d’une leucémie, rêve d’arrêter le temps. C’est alors qu’elle rencontre Malachi, un ange qui vit dans sa pendule à coucou. Malachi entraîne Amelia dans une aventure fabuleuse et lui apprend à profiter de l’instant présent.

Idée forte que de prendre comme protagoniste une petite fille malade qui ne supporte plus son traitement et désire vivre sans temporalité, mais encore faut-il aller au bout du concept.

Le long-métrage d’Uriegas peine à concrétiser la chose en sacrifiant dès le premier tiers son rythme au bénéfice de la clarté : visiblement effrayé par la difficulté de traiter son héroïne, il détourne vite les enjeux vers une quête plus classique et l’entoure de différents sidekicks plus ou moins efficaces dont la principale fonction est de rétablir l’action toutes les cinq minutes.

Un procédé systématique et très fatiguant qui donne aussi l’impression que le jeune public a besoin qu’on lui serve la becquée alors même qu’une grande confiance lui est faite au départ via la condition d’Amelia. Cet espèce d’échange équivalent porte atteinte aux péripéties et c’est bien une vingtaine de minutes qui semblent accessoires, au cours desquelles sont accumulés des dialogues surexplicatifs ou un brin pontifiants.

C’est là que l’on se rend compte que cet Angel in the Clock est finalement porteur de tous les pièges du film indépendant : il veut raconter autrement, mais tombe dans des travers très convenus. Son héroïne est malade, mais on créé une galerie de personnages pour externaliser son mal être et garder le plus difficile pour un climax lui aussi très convenu.

Cette volonté moralisatrice finit par être bien indigeste, mais le fond est heureusement en partie rattrapé par la forme.

Contrairement à l’esthétique façon papier découpé de L’incroyable histoire de l’enfant en pierre, nous avons ici une direction artistique tripartite, composée de Daniel Apango, Miguel Angel Reyes et Uriegas lui-même, qui façonne The Angel in the Clock.

Par certains aspects, ça rend le film proche des méthodes adoptées par Ánima Estudios, notamment pour une question d’économie. Toutefois les décors fantastiques sont plutôt chiadés et rappellent par certains aspects ceux du Voyage de Lila de Marcela Rincón González, un autre très beau film sur les enfants et le temps qui passe dont Angel in the Clock aurait pu tirer des leçons pour son montage des péripéties.

On sent tout de même que l’une des principales influences esthétiques est la japanime, pour un résultat expressif mais pas très heureux car cette même expressivité et la capacité des personnages à transmettre certaines émotions au public est limitée par le manque d’expertise des équipes d’animation dans ce domaine : n’est pas maître en animation limité qui veut !

Au final, c’est un film qui s’écrase sous le poids de ses propres ambitions qui nous a été donné de voir, et je suis ressorti mitigé de cette séance. On sent une volonté d’oser, de faire autre chose et de prendre un chemin différent des œuvres plus mainstream mais sans réellement savoir comment détourner les qualités de ce type de spectacle pour les soumettre à la difficulté du sujet. Dommage.



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