[Critique cinéma] Iqbal – l’enfant qui n’avait pas peur.


 

J’ai profité de l’opération CinéCool pour découvrir Iqbal – l’enfant qui n’avait pas peur, un film distribué par Eurozoom depuis le 24 août dernier. On y découvre une interprétation libre de l’histoire d’Iqbal Masih, premier enfant esclave à devenir un symbole de liberté par son courage face aux esclavagistes. Il sera lâchement assassiné en 1995 pendant un meeting, alors âgé de douze ans.

[message]Iqbal est un petit garçon espiègle et joyeux qui passe son temps entre les jeux avec ses copains, sa petite chèvre adorable et ses superbes dessins. Un jour, tout va changer… Son frère tombe gravement malade et il lui faut des médicaments coûteux, trop coûteux. Croyant bien faire, IQBAL attend la nuit pour s’éclipser vers la ville. Pour aider sa mère et soigner son frère, il n’a pas d’autre solution que de vendre sa chèvre, le cœur serré… Mais, rien ne se passe comme prévu ![/message]

Le personnage d’Iqbal surprend par ses convictions et sa détermination profonde qui lui confèrent une aura d’invincibilité tout au long du récit. Il est parfois difficile de s’attacher au jeune garçon tant ses failles sont peu nombreuses, on le voit soucieux face à la maladie de son frère et dès lors qu’il est fait prisonnier par les esclavagistes Guzman et Satin, il reste d’une droiture exceptionnelle, même face à la pire punition infligée par le couple.

Par cette écriture, on comprend que le récit s’attache surtout à démontrer l’importance d’Iqbal en tant que libérateur de la parole des enfants esclaves en Inde, et non à l’humaniser (ce que fait Iqbal – Non à l’esclavage des enfants, réalisé par Cinzia TH Torrini).

Guzman et Satin, les antagonistes principaux, se révèlent perdre en crédibilité et en autorité au cours de l’histoire par leur côté bouffon, alors qu’ils en sont la menace principale pour Iqbal et les autres enfants. Hélas, on assiste avec ces personnages à une tentative décevante d’adoucir un environnement hostile afin qu’il s’accorde mieux avec les codes d’un long-métrage destiné au grand public. Dommage.

Le récit d’Iqbal se déroule dans une animation mélangeant 2D et 3D par le studio français 2d3d Animation, comme son nom l’indique. On découvre un dosage équilibré entre le numérique des personnages et l’ajout d’une texture peinte apportant un caractère particulier aux décors indiens. On a parfois l’impression de naviguer au sein d’un tableau aux couleurs chamarrées.

Les rêveries du héros, créées par Valeria Petrone (allez voir son site !) et animées traditionnellement par le studio Gertie, tranchent par leur abstraction et leur onirisme. Elles sont la représentation des différentes expériences du jeune garçon et on assiste par exemple à une pluie de motifs variés sur fond de couleurs vives, résultant d’une dure journée de labeur à l’atelier de Guzman. Ces incursions esthétiques sont courageuses en plus d’être réjouissantes, car elles sont en général plus utilisées dans l’animation adulte afin d’illustrer la psychologie des personnages.

Le casting vocal français s’avère, quant à lui, être à la fois honnête et étrangement familier, ce qui est plutôt agréable. J’ai eu du mal à reconnaître Bruno Solo dans sa performance de l’affreux Guzman et sa compagne Satin est vocalisée par Maïk Darah (Whoopy Goldberg, Courteney Cox), une des grandes voix du doublage français.

Malgré mes réserves, Iqbal – l’enfant qui n’avait pas peur porte un sujet important au cœur d’une animation réussie. Le film réussit le pari d’expliquer au jeune public la condition des enfants esclaves en Inde  et peut ouvrir la discussion sur une situation hélas encore très persistante dans certains pays. Je vous recommande la découverte de l’histoire d’Iqbal entre amis, en famille…Vous choisissez la formule !



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