Véritable phénomène que Jungle Beat (ou Jungle en délire en France) qui, depuis une quinzaine d’années étend son univers sur différentes séries animées dont la plus récente, Jungle Beat Explorers, n’est disponible que sur Youtube. Sandcastle Studios et le créateur Brent Dawes ont donc poussé encore les personnages de  Munki et Trunk investissant le champ concurrentiel du long-métrage avec cette future sortie mondiale en VOD le 26 juin avec Le rythme de la jungle.

D’après la série à succès, Le rythme de la jungle raconte, à l’attention d’un public familial, une histoire charmante qui prend des proportions épiques. Un extraterrestre du nom de Fneep arrive dans la jungle et confère aux animaux la faculté de parler. Il est supposé s’atteler à conquérir la planète, mais tandis que Munki et Trunk, son ami l’éléphant, l’aident à retourner au vaisseau dans lequel il s’est crashé, Fneep découvre que la plus grande force dans l’univers, c’est l’amitié.

Le rythme de la jungle démarre donc comme n’importe quel autre épisode de la série dont il est dérivé : Muni le singe se lance en conquête d’un régime de bananes pour nourrir ses amis, l’occasion de se réapproprier un moment significatif du personnage et de constater la mise à niveau technique et esthétique du métrage : délicieusement cartoony, la 3D est au niveau, l’animation est fluide, les décors sont très beaux… le travail est là et pour une première, le studio Sandcastle, qui a ici réalisé le premier long-métrage en images de synthèse de l’île Maurice n’a pas à rougir de sa prestation.

Le rythme de la jungle - Fneep face aux gnous

Si les character designs ont été mis à jour plus ou moins subtilement selon les personnages, ce qui impressionne tout au long du métrage est la constance dans la gestion des effets : poussière, troupeaux, lumière, effets effets visuels plutôt axés science-fiction… ceux-ci sont exemplaires et mettent Le rythme de la jungle au niveau des productions de leur collègues sud-africains de Triggerfish (Kumba). Certains gros plans trahissent le budget du film par un manque de texture, mais fort heureusement l’animation toujours exemplaire fait pardonner ce genre de détails.

Les péripéties imaginées par Brent Dawes et Sam Wilson (Munki and Trunk, Mouk) sont donc dans la même trajectoire que beaucoup de films du genre de la comédie d’action : un groupe de personnage doit accompagner l’un d’eux pour qu’il puisse accomplir une quête, le twist étant ici que Fneep le petit alien est ici pour conquérir la Terre, confronté aux animaux les plus gentils et compatissants qu’il ait pu rencontrer (sauf le hérisson, mais on reviendra sur son cas plus tard), rendant la mise en oeuvre de son plan bien plus périlleuse.

Si Fneep fait figure de pseudo antagoniste en raison de son affiliation avec les aliens conquérants de planètes, le véritable MVP est Humph le hérisson. Véritable tête de pioche forçant tous les autres à user de psychologie inversée pour qu’il les accompagne, l’aventure qu’Humph vit plus ou moins en parallèle de l’intrigue principale est le segment le plus drôle du film, surtout en regard de celui, plus dérivatif et disjoint de l’autruche Mama et des ses trois œufs.

Le rythme de la jungle - Humpf

Si le film tombe dans certains travers habituels de la comédie d’aventure, certaines séquences posent néanmoins l’action et prennent le temps de développer les personnages en dehors des gags, comme celle où Fneep découvre un coucher de soleil. A ce titre, Le rythme de la jungle aurait pu se faire plus confiance et continuer à enrichir ses personnages avec ce type de moments mais dévie en faveur d’un final plus conventionnel et d’une confrontation père/fils qui vire à une accumulation de péripéties dont une majeure partie aurait été dispensable.

C’est donc une impression généralement positive qui reste après la vision du film de Brent Dawes, et un espoir que le prochain effort de Sandcastle Studio prenne une direction plus incisive et ne se cantonne pas à une formule traditionnelle, dont les représentants envahissent le marché à un rythme alarmant, pour un résultat hélas souvent peu à la hauteur. Sandcastle Studio a un potentiel, il est désormais à confirmer !

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