Critique – Nico et Patou, les Eric et Ramzy du potager


Cet automne commence dans la douceur champêtre pour le jeune public avec la sortie en salles le 3 octobre de Nico et Patou de Mariko Harkonen et Ismo Virtanen, distribué par Septième Factory.

Par une belle journée ensoleillée, la vie de Nico, le scarabée, se retrouve bouleversée par l’arrivée tonitruante de Patou, le hanneton, qui vient s’écraser sur le toit de sa maison. Voyant d’abord d’un mauvais œil cet invité surprise, Nico trouvera en Patou un ami fidèle, plein de gentillesse. C’est le début d’une série d’aventures pour nos deux petits compères, sous le signe de la solidarité, de la poésie et du burlesque.

Cette anthologie de courts métrages en stop motion dégage un univers naturel à la fois doux par la plasticine utilisée pour les personnages et hétéroclite par les petits objets qui constituent l’environnement proche du scarabée et du hanneton. Les deux amis vivent dans un assemblage malin d’un tronc d’arbre et de serrures et se déplacent sur un tandem aussi fou qu’une machine de Tinguely composée de fils et de rouages. Cet aspect bricolé permet de s’identifier et de rentrer rapidement dans ces aventures rocambolesques menées par ce binôme, en effet, qui n’a jamais tenté de fabriquer de petits fauteuils avec le fil de fer du bouchon de champagne ?

Lors de la découverte de ces petites histoires, Nico et Patou montrent tour à tour leurs défauts et qualités face à leurs contemporains, la cohabitation et la nature. Il est intéressant d’observer qu’aucun des deux ne résiste à ses envies, parfois égoïstes, et nos compères se rejoignent dans leur gourmandise liée à une obsession constante de la nourriture. « La Pomme » et « Le Chewing Gum » illustrent parfaitement ce propos avec une déviance vers l’addiction pour le second, dans laquelle même ce grand innocent de Patou tombe dedans la tête la première.

Nico versus la libellule versus la framboise

Des deux membres du duo, Nico est certainement celui qui ne possède aucun chill car il ne laisse rien passer à Patou, ni à qui que ce soit pour accéder à ce qu’il veut. Lors du morceau consacré à L’auto-stoppeur, il est le premier à refuser et à faire ce regard froncé qui le caractérise tellement dans sa colère rentrée. Même lors de sa rencontre avec Patou, le principe de sociabilisation est loin d’être évident pour le scarabée bleu. On parle quand même d’un personnage possédant une catapulte pour expulser les intrus de sa propriété, comme je vous le disais… Monsieur Zero Chill.

Le contraste de personnalité des deux héros donne à avoir une alchimie comique intéressante qui n’est pas sans rappeler un autre duo : celui d’Eric et Ramzy (oui, oui, je ne plaisante pas) dans la série Ratz, les dialogues en moins. On s’amuse facilement de leurs bêtises et de leurs plans aussi foireux les uns que les autres, le tout mis en scène au sein d’un décor d’une douceur naturelle remarquable, qui tranche avec l’expressionnisme appuyé que j’avais pu voir dans L’étrange forêt de Bert et Joséphine.

Cette compilation de courts est plus que conseillée pour les tout-petits mais je peux vous garantir que vous vous amuserez tout autant !  


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