Avec un postulat de départ très proche du film Upside Down, Patéma et le monde inversé propose une romance de science-fiction hélas au fond  bien en deçà de la forme, et dont les efforts de mise en scène inventive qui restent tout de même significatifs. Ceux-ci multiplient les mouvements de caméra pour montrer au mieux les points de vue de ses héros qui avancent tête-bêche.

Après une catastrophe écologique, la terre se trouve séparée en 2 mondes inversés ignorant tout l’un de l’autre. Dans le monde souterrain, Patéma, 14 ans, adolescente espiègle et aventurière rêve d’ailleurs. Sur la terre ferme, Age, lycéen mélancolique, a du mal à s’adapter à son monde totalitaire. Le hasard va provoquer la rencontre des 2 adolescents en défiant les lois de la gravité.

Le film de Yasuhiro Yoshiura, qui a assuré un grand nombre de postes clés, pêche sur sa narration très facile du garçon qui sauve la jolie fille, ce qui est dommage car le tout est raconté avec une grande sincérité.

L’image du couple accroché l’un à l’autre afin de pouvoir avancer dans cet univers plus complexe qu’il n’y paraît est de plus très forte, ce qui laisse un goût d’inachevé lorsqu’arrive le générique de fin où commencent les vrais enjeux sous-entendus depuis le début du film.

Pour d’évidentes questions de budget, on imagine qu’il était plus simple de se concentrer sur ces fameux personnages mais l’arrivée de Patema sur la ville d’Aiga alourdit autant l’esthétique que les enjeux. Tout y est commun et seule l’échappée verticale de notre duo relance le film, quelques trente minutes plus tard.

C’est d’autant plus dommage qu’il est aisé d’imaginer les multiples casses–têtes qu’ont constitué les scènes où plusieurs personnages interagissent alors qu’ils se retrouvent tête-bêche à l’image. Ces dernières donnent souvent lieu aux meilleurs moments du film et font passer la pilule d’un romantisme bien trop lourdaud.

De même, les dialogues des personnages sont bien trop passe-partout pour un film ayant une telle toile de fond et un peu d’humour aurait été le bienvenu pour diluer le coté très sérieux de la chose. Dénote également un méchant bien trop caricatural pour être considéré comme une menace tangible, malgré le défi permanent que ceux-ci doivent honorer de ne pas lâcher prise.

Patema renversée aurait gagné à avoir un script aussi travaillé que son image et en l’état, le film reste aimablement divertissant malgré un rythme assez monocorde qui pourrait en lasser plus d’un.

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