Len y el canto de las ballenas, ou Len et le chant des baleines en français, s’est dévoilé un peu plus lors de son Work In Progress à Annecy cette année. Déjà présent en 2017 dans le cadre des Annecy Mifa Pitches, section Animation du Monde, le futur long-métrage est réalisé par des équipes colombiennes et argentines, localisées principalement à Cali en Colombie. Ses deux réalisateurs, Manuel Victoria et Joan Manuel Millán Torres ont ainsi dévoilé quelques aspects de leur futur film familial, d’une durée prévue de 90 minutes et mêlant des techniques d’animation 2D et 3D.

Len est une jeune fille de neuf ans qui a une peur terrible de l’eau. Dans sa tribu, toutes les activités se déroulent à proximité de la mer, en communion avec les baleines, les guides spirituels de la tribu. Avec pour seuls amis les animaux et les pierres, Len vit en étrangère parmi les siens. Mais des tempêtes soudaines viennent frapper leur territoire, perturbant les rituels avec les baleines et faisant sombrer la tribu dans une crise sans précédent. Dans la jungle, Len rencontre un mystérieux homme-jaguar qui lui confie une mission presque impossible: convaincre sa tribu de quitter la côte pour survivre.

Joan Manuel Millán Torres nous explique d’abord les messages forts portés par le film, ceux de l’écologie et de l’environnementalisme. En centrant l’intrigue autour de l’eau, ils espèrent pouvoir mettre en avant la force de l’élément ainsi que son universalité afin de repenser notre vision de l’eau, non pas comme une simple ressource, mais comme une véritable conscience.

Joan Manuel Millán Torres nous présente ensuite l’héroïne du métrage, la jeune Len, qui se se devra être la porteuse de ces messages forts et universels. Le réalisateur nous explique que Len est différente des autres types de héros. En effet, Len ne doit pas s’intéresser seulement à sa propre histoire, mais doit aussi prendre la responsabilité des erreurs de sa communauté et aider à forger le destin de son peuple. Manuel Victoria présente ensuite la tribu de Len, les Mapui, une tribu fictive qui s’inspire des anciennes cultures d’Amérique Latine et plus particulièrement de la culture colombienne.

La tribu est régie par un système politique et social matriarcal où les femmes sont les seules capables de communiquer avec les baleines. Ce sont elles qui prennent les décisions importantes pour le bien-être de la tribu. Nous avons droit à quelques images de la tribu, les montrant en train de prendre part à des activités culturelles comme le tressage. Quelques prévisualisations sont montrées, où l’on voit Len jouer avec un homme qui semble être son père. On voit également Len dans la jungle, munie d’un bâton en bois, prête à combattre. Les deux réalisateurs expliquent que la technique 3D mêlée à une esthétique 2D, notamment dans les textures, permet aux personnages d’être plus expressifs et vivants.

Len y el canto de las ballenas

Len y el canto de las ballenas

Manuel Victoria précise que la tribu ne vit pas simplement dans la jungle, mais qu’elle en fait partie intégrante, comme n’importe quel jaguar ou colibri. Le peuple Mapui vit en parfaite communion avec la nature, ce que l’équipe du film a tenté de mettre en lumière grâce à des choix graphiques particuliers. Les personnages humains n’ont par exemple pas de contours spécifiques, afin de mieux les intégrer au décor et ainsi montrer à quel point ils sont unis à leur environnement. Les réalisateurs mettent aussi beaucoup l’accent sur la spiritualité de cette relation entre les hommes et la nature dans le film. L’esthétique, qui se veut impressionniste selon les réalisateurs, permet de mettre en avant “l’esprit” de chaque élément. Le travail des lumières, ainsi que les formes des rochers, et les couleurs de l’eau permettent de faire ressortir la poésie et la beauté des lieux. Des plans sur la plage, sur la jungle, sur les cascades ou sur la mer sont présentés et nous font déjà entrer dans ce territoire sacré et plein de mystères.

Len y el canto de las ballenas

Len y el canto de las ballenas

Au niveau de la musique, les instrumentations et les sons traditionnels d’Amérique Latine seront à l’honneur, ainsi que les chants tribaux et les chants des baleines. Un court extrait musical est diffusé lors de ce WIP et promet déjà une belle bande originale, mêlant le traditionnel et l’épique.

Len y el canto de las ballenas met à l’honneur le caractère sacré de la nature, des paysages et des traditions en Amérique Latine, dans un mélange d’aventure et de fantastique. Si le film recrée les origines d’un peuple colombien, il se veut également porteur d’un message universel, celui de la protection de l’environnement, qui saura toucher les peuples de tous les continents et inspirer la jeunesse, plus particulièrement dans le contexte global de réchauffement climatique. Alors que le film est en production depuis presque cinq ans, l’équipe du film a déjà trouvé un distributeur en Espagne, Latido Films, mais espère forger de nouvelles alliances avec des sociétés d’animation 3D et d’autres distributeurs. Même si le Work In Progress n’aura duré que cinq minutes, on perçoit déjà tout le potentiel du projet. La trame scénaristique promet une belle aventure et un dépaysement assuré au milieu de la jungle colombienne. Les couleurs et les textures apportent un charme à l’image qui ressemble presque à une peinture, tandis que les personnages présentent déjà une forte personnalité à travers les quelques images que nous avons pu voir, notamment Len, qui convaincra sans nul doute le public. L’envie de voir et de connaître un peu plus l’univers du film est présente, et j’espère pouvoir bientôt écouter le chant des baleines.

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