Après l’article récapitulatif de Nicolas sur le phénomène Yo-kai Watch (mais vous pouvez le prononcer comme dans les pubs françaises, à savoir « Yocaille Ouatche ») il était temps que je me penche sur le film sorti le 9 août dernier et distribué par Wild Bunch.

Nathan se trouve cette fois plongé dans le passé et va devoir triompher de Yo-kai maléfiques bien décidés à briser le lien d’amitié que notre héros a noué avec les Yo-kai. Avec l’aide de ses fidèles compagnons Whisper et Jibanyan et de son grand-père, Nathan va devoir découvrir comment la première Yo-kai Watch a été créée.

Sur un principe à la Retour vers le futur, l’intrigue se déroule grâce à la dynamique entre Nathan et Nathaniel, son grand-père. Cette perspective permet de découvrir un environnement proche de la préfecture de Kumamoto à une époque que l’on peut situer dans les années 50, et par la même occasion les Yokai de cette époque par le biais de Hovernyan, esprit héroïque et uber-confiant. Nathaniel est poussé dans ses recherches des Yokai et dans la création de la montre par un héros de série télévisée à la Kamen Rider, vêtu de lunettes stylée et d’une chorégraphie aussi charmante qu’entraînante. Si vous êtes familier de la série animée, ce clin d’œil chorégraphique vous rappellera le fameux « Gera Gera Po » décliné sous différents mouvements de bras selon les  génériques des saisons.

La relation entre Nathan et Nathaniel dénote de l’enjeu purement compétitif à base d’arènes que l’on peut avoir dans la saga des films Pokémon. Ainsi, cette relation transgénérationnelle donne à explorer la justesse des défis du quotidien à mener et la place des Yokai auprès de nos héros. Le regard de Nathan sur son grand-père évolue, passant du souvenir des récits de sa grand-mère à l’appréhension directe de la personnalité réelle de Nathaniel, ravagée par la culpabilité. On y apprend notamment que son passé est meurtri par une amitié déchue.

Le film se déroule de façon fluide grâce à un humour aussi absurde que frénétique nourri entre autres par Whisper, le yokai majordome farceur qui ne peut s’empêcher de troller méchamment Nathan avec des grimaces et des remarques piquantes mais toujours drôles. Whisper est aussi appuyé par la mascotte silencieuse Kumamon et si sa silhouette vous est familière, c’est normal, car vous l’aurez certainement aperçu par le biais de GIF sur Internet. Je crois même qu’Anne Hidalgo a dansé avec lui lors d’un voyage de courtoisie au Japon.

Les vannes scatologiques de types pets sont évidemment présentes mais ne sont ni l’objet d’un débat pour les personnages, ni se font au détriment de l’action. On est plutôt dans le registre de la comédie burlesque sans prétention.  En tant que spectateur adulte et néophyte, il est possible de se raccrocher à des références pop-culturelles (Star Wars, Harry Potter,…) placées de manière spontanée. Entre l’absurdité, les gags et les références, ce long-métrage nous présente un humour à la fois curieux et cohérent qui fait son petit effet. Je dois avouer avoir eu de nombreux fous-rires à la découverte de certains Yokai, comme par exemple le caniche à tête d’humain et celui ressemblant à une paire de « jambes sexy ».

L’animation, produite par le studio OLM, est constante à l’image de ce que l’on peut voir dans la série animée, ce qui rend l’ensemble efficace à regarder. Soyons honnête, je n’attends pas de Yo-kai Watch une transcendance transcendantale en matière de mouvement et de stylisation, mais plutôt un divertissement fun et c’est en cela qu’il réussit son pari.

Yokai-Watch le film possède la qualité d’être un bon point d’entrée pour les spectateurs profanes de la série animée. On pourrait lui reprocher sa structure narrative somme toute classique, mais le film ne se prend pas au sérieux et il est parfois bon de se laisser porter par un humour absurde et débile. Je me suis laissée prendre au jeu des Yokai et je vous recommande d’en faire autant ! Fort de son succès, il est encore visible dans certaines salles, alors profitez-en.

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