Critique – Lupin the IIIrd the Movie : la lignée immortelle

Scroll

Aboutissement d’un arc débuté en 2014 avec Lupin III : Le Tombeau de Daisuke Jigen, Lupin the IIIrd the Movie : la lignée immortelle vient apporter une touche finale à l’œuvre de Takeshi Koike (l’immense Redline) consacrée au cambrioleur de Monkey Punch.

Distillé au fur et à mesure de quatre spéciaux dédiés aux personnages secondaire de Lupin III que sont Le Tombeau de Daisuke Jigen, La Brume de sang de Goemon Ishikawa, Le Mensonge de Fujiko Mine et enfin le prélude (encore non diffusé en France) qu’est Zenigata et les deux Lupin, les prémices de cette Lignée Immortelle s’annoncent comme les plus dangereux et insidieux pour l’équipe nouvellement reformée et en direction d’une île mystérieuse abritant celui qui tirerait les ficelles d’assassins sanguinaires et de doubles maléfiques.

Inscrit dans une démarche rétro et lorgnant sur le film noir, l’univers de Lupin III par la lorgnette de Koike doit autant au cinéma de genre des années 60 et 70 qui a vu naitre le personnage tout en mettant de côté la légèreté et la trivialité qui ont rendu plus célèbre les décennies suivantes. Exit le déglingo qui fait des blagues, c’est ici un Lupin bien plus concentré et sérieux qui affronte une menace existentielle de premier ordre dans la personne de Muom, mutant qui influe depuis des temps immémoriaux sur le court de l’histoire humaine.

Le scénariste Yūya Takahashi délaisse alors les bases plus ancrées dans le réel qu’étaient les spéciaux pour nous emmener sur un mélange de différents concepts déjà plus ou moins évoqués dans les nombreuses aventures de notre cambrioleur : on pense à Mort ou vif mais surtout au tout premier long métrage sorti, Le Secret de Mamo, puisque l’éminence grise derrière tous les malheurs de notre célèbre équipe n’est autre que leur tout premier antagoniste sur grand écran.

Un choix intéressant pour fêter les quasi 60 ans du personnage, mais qui se fait au prix de nombreuses contorsions narratives : à partir de leurs arrivée sur l’île, l’équipe de Lupin se retrouve régulièrement fragmentée pour faire avancer l’intrigue plus lentement, et même si l’on assiste à de très belles séquences d’action mettant en scène les différents personnages face à différentes menaces. Ces fluctuations dans le métrage rendent le rythme inégal.

La faute peut-être à l’apparente invincibilité de Muom et la plongée en parallèle de Lupin dans les tréfonds de l’île pour découvrir son secret (aha) via des dialogues et des échanges parfois longuets pour justifier toute l’entreprise, ce qui a déjà été fait en mieux dans d’autres aventures, il faut le concéder.

La découverte de la clé de l’île mystérieuse se fait aussi très tardivement et de manière fulgurante, ne laissant finalement pas trop de temps pour ingérer tout ce que le métrage a déployé pour finalement se rattacher assez naturellement au premier long métrage de 1978, mais c’est aussi à ce moment que l’on s’interroge : le métrage de Koike ne s’adresse-t-il pas à un public trop restreint ?

Ne pas suffisamment connaitre Lupin III et l’affaire devient vite nébuleuse et à l’opposé, posséder ce savoir rend certaines pistes et signes un peu trop évidents, les résumant à un ensemble de références à suivre avec un peu de détachement. De ce fait, la narration devenant victime de sa filouterie quant aux enjeux réels qui sous-tendent La lignée immortelle.

C’est d’autant plus dommage que le film est techniquement impeccable, offrant des moments de folie et de spectaculaire comme seul l’univers de Lupin III peut en offrir et une musique certes non pas signée Yuji Ohno mais néanmoins excellente. Reste un spectacle toutefois difficile à recommander aux néophytes, qui trouveront facile d’aborder le personnage avec Lupin III : The First ou Le Château de Cagliostro.

Lupin the IIIrd the Movie : la lignée immortelle sort en salles le 25 mars via Eurozoom.