Lost in the Moonlight a fait parler de lui pour sa prétendue ressemblance avec Le Voyage de Chihiro. Si il y a quelques vagues points communs, les deux films sont pourtant très différents. Et le premier n’arrive pas à la cheville, ni même au petit orteil, du second. Là où Chihiro a une animation sans fautes et une histoire onirique qui capture notre attention comme Yubaba ses cochons, Lost in the Moonlight s’illustre par ses lacunes.

Hyunjuli s’apprête à participer à une comédie musicale intitulée « La Lagune du clair de lune » au palais Changdeok. Elle tombe par hasard dans un autre monde, le palais du clair de lune, où elle rencontre le curieux M. Écureuil. À cause d’un stratagème de Lady Blossom, Hyunjuli et M. Écureuil ont des ennuis et ne peuvent plus retourner dans leur monde. Réussiront-ils à sauver le palais et à rentrer chez eux sans encombre ?

L’animation, de prime abord engageante, est en réalité assez inégale. Les visages en pâtissent régulièrement, notamment celui bien rondouillard de la jeune héroïne. L’équipe du film a tenté d’inclure plusieurs scènes d’action à portée spectaculaire, à commencer par un combat entre deux épéistes, mais sans avoir le budget nécessaire visiblement. Une partie de l’action se fait hors caméra, et l’autre partie repose souvent sur des éléments de 3D assez mal intégrés. Dommage, le côté « baston épique » n’était pas loin !

L’histoire de Lost in the Moonlight est un brouillon insipide, où une jeune humaine se retrouve au cœur d’une tentative de putsch divin. Bien sur, c’est elle qui va tout arranger, à l’aide d’amis rencontrés en chemin : un écureuil, un beau jeune homme et son dragon, une tortue, le dieu de la sagesse… Le tout m’a d’ailleurs davantage fait penser à la succession de scènes à personnages d’Alice au Pays des Merveilles qu’à Chihiro ! Le tout est tellement peu abouti que la fin du film donne lieu à de nombreuses questions de sens quant au déroulement des derniers événements.

C’est encore sans compter le manque d’intérêt, de charisme, ou tout simplement de personnalité des personnages. Ils sont tous coincés dans une attitude. L’héroïne n’a au final que peu de dialogue (au demeurant ridicule au point de se facepalmer avec une poêle à frire chaude) entre ses séries de cris aigus et d’exclamations énervantes. Le jeune homme n’est là que pour servir de chevalier blanc, l’écureuil est l’archétype de l’archétype du personnage égoïste qui se reprendra à la fin… La méchante, sous ses belles allures de Reine Froide, n’a en réalité qu’une ébauche de plan diabolique et se fait doubler par un arbre cracheur de lave et son armée de troncs.

Le tout étant une fable sur comment chacun à une place dans l’ordre des choses, même si il.elle ne le voit pas vraiment. Superbe parallèle entre un dieu lassé qui fugue, mettant en péril le monde, et une gamine qui n’aime pas son rôle d’arbre dans la comédie musicale dont elle fait partie ! Les expériences partagées leur font réaliser qu’ils sont partie d’un tout, révélation qu’ils embrassent alors que tout redevient comme avant. Hop, on pourrait glisser une boucle temporelle et jouer Lost in the Moonlight sans fin, en guise de torture pour les enfants pas sages.

S’il y avait une chose à sauver, ce serait cette scène dans la bibliothèque géante. Véritable labyrinthe mouvant, les objets y prennent vie, un livre peut vous avaler et un vase vous noyer. Une séquence entre surréalisme et magie, qui a fait appel à une corde sensible chez moi. Pour le reste, insuffisant / peut faire mieux comme dirait un enseignant à cet élève qui essaye mais redoublera sûrement.

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