Critique – Paddy, la petite souris


Paddy, la petite souris, réalisé par Linda Hambäck et distribué par Les Films du préau, va mener l’enquête dans vos cinémas à partir du 5 décembre. Ce film est l’adaptation de Commissaire Gordon, des livres jeunesse écrits par Ulf Nilsson et illustrés par Giite Spee

Tous les animaux parlent du temps où la renarde rodait. Heureusement qu’elle n’a pas été vue depuis longtemps ! Mais lorsque l’écureuil se rend chez l’inspecteur Gordon au sujet d’un vol de noisettes, ce dernier suspecte à nouveau l’animal tant redouté. Pour démasquer le voleur, il aura bien besoin de Paddy la petite souris au flair particulièrement aiguisé…

L’intrigue tourne autour des enquêtes menées par le commissaire Gordon (non, pas celui auquel vous pensez) et de sa nouvelle recrue, une jeune inspectrice nommée Paddy. On assiste à la mise en place de leur toute nouvelle relation, le vieux crapaud étant de nature très posée et la jeune souris une très vive aventurière. Les pistes et les indices s’accumulent dans cet univers intimiste qu’est le commissariat où Gordon rythme ses journées en grignotant des biscuits de différentes saveurs. Ces petits moments sortent l’enquête de son aspect formulaïque pour nous emmener à la rencontre des animaux qui peuplent le petit village. On y découvre la famille Lapin, très protectrice, mais aussi la famille Pie apeurée et des écureuils complètement accros à leurs précieuses noisettes.

L’esthétique de Paddy (à gauche) est très proche des illustrations des romans originaux, titrés « Commissaire Gordon » (à droite).

Dans un contraste assez fort, la nature associée à l’image de la renarde est dépeinte de façon immersive et imposante lors des longues promenades de notre binôme d’enquêteur. La scène d’apparition de la renarde dans les souvenirs du crapaud suscite des frissons par le déluge de pluie teinté d’un orage retentissant, on sent d’ailleurs le commissaire marqué par ce souvenir et il devra d’ailleurs travailler personnellement dessus pour avancer sereinement vers sa retraite. Les éléments naturels occupent une place clé dans l’évolution des personnages, d’autant plus qu’on les suit au fil des saisons.

Cette représentation de la nature contraste avec celle que l’on connaît en Europe de l’Ouest, avec ses clairières et petits bois qui prennent une dimension plus imposante dès lors qu’on entre dans le fantastique. On est dans cette idée nordique que les héros ont le privilège de côtoyer la nature, de vivre avec en fonction des saisons et de s’adapter aux grands espaces qui les entourent. Cette image traverse d’ailleurs le cinéma d’animation nordique avec La Grande Course au fromage ou, plus adulte et pour rester dans le registre de l’enquête, le premier film Millénium.

Cette impression sensible et immersive est soutenue par une bande sonore qui sort de l’ordinaire, composée par le designer sonore Mats Blomberg. La musique se dévoile par touches sonores ponctuant la partition, mais avec aussi des nappes synthétiques apportant un aspect très atmosphérique à l’ensemble. Ce parti-pris musical dénote des compositions classiques communément utilisées dans ce type de narration.

L’animation traditionnelle, assurée par le studio Dockhus Animation, respecte les illustrations d’origine nées sous le pinceau de Giite Spee et possède un aspect très doux qui m’a rappelé, par sa texture peinte, Ernest et Célestine . Les décors sont de toute beauté et le chara-design particulier des personnages les rend attachants, et j’ai apprécié que Gordon ait gardé ses rides et sa rugosité en passant en animation.

Linda Hambäck, pour son premier long métrage, signe un polar intense par son ambiance et attachant par ses personnages que l’on a envie de suivre dans d’autres aventures. Une dose de Paddy, la petite souris vous est hautement recommandé pour une séance familiale où petits et grands ne s’ennuieront pas !



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