Sortie cinéma – Découvrez « Le Cygne et l’enfant » de Miyoung Baek

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Trois ans après l’anthologie Piro Piro, nous retrouvons la réalisatrice Miyoung Baek au cinéma avec la compilation Le Cygne et l’enfant grâce à Cinéma Public Films :

Le court métrage Ondo s’inscrit dans la lignée créative de Piro Piro avec une reprise du motif de l’oiseau comme élément clef de la narration. On retrace petit à petit toutes les étapes et les souvenirs autour de la perte de la précieuse portée. Le déroulé et la découverte des différents éléments demandent au spectateur une maturité et un recul pour appréhender l’histoire. Le métrage laisse une porte ouverte pour les conversations avec vos plus jeunes enfants.

You were so precious et Où est la lune ? partagent un univers onirique basé sur le souvenir et le rêve. Le premier se sert des images accumulées par les objets pour reconstituer mêlant à la fois une douce tranche de vie et des instants plus impactants de tristesse. Porté par la comptine « Seule sur l’océan », le second embrasse l’aspect vaporeux du rêve avec une imagerie évoquant l’univers sous-marin. Ces deux courts possèdent la particularité de laisser au spectateur une part d’imagination et de se laisser porter par l’histoire.


Quelques questions à Miyoung Baek

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Miyoung Baek. Je suis réalisatrice d’animation et j’exerce mon travail entre la Corée du Sud et la France. En Corée, j’ai également publié des livres jeunesse adaptés de mes films. Après avoir étudié le cinéma d’animation à l’EMCA (École des Métiers du Cinéma d’Animation) d’Angoulême, j’ai résidé pendant plusieurs années à La Maison des Auteurs pour me consacrer à mes créations.

Je réalise des films d’animation 2D dessinés à la main, et mon dernier opus, Ondo, est mon dixième court métrage. Aujourd’hui, je vis à Istanbul, en Turquie, avec ma famille.

On retrouve dans vos courts métrages une exploration de la nature et de la fragilité de la
vie, qu’est-ce qui vous attire dans ces thématiques ?

Pour mes créations, je puis mes inspirations dans des sources diverses, mais c’est très souvent la nature
qui me guide. Cela vient sans doute du fait que j’ai grandi dans un cadre très paisible, un petit village
isolé et entièrement entouré par la nature. À l’époque, bien sûr, c’était un temps sans smartphones,
peu d’enfants de ma génération grandissaient dans un environnement aussi bucolique.

Les couleurs qui changeaient au fil des saisons, les odeurs, les paysages, les sensations tactiles… toutes ces impressions sensibles sont restées en moi comme une immense richesse intérieure. Je pense que ce précieux héritage affleure naturellement à travers mes films.

Où est la lune ?

Quant à la fragilité de la vie, c’est une réalité à laquelle chaque être humain est inévitablement
confronté. C’est d’autant plus vrai à mesure que l’on avance en âge, et plus encore lorsque l’on se marie
et que l’on donne la vie : on ne peut alors qu’éprouver plus profondément la finitude de notre existence.
En tant que créatrice, mes réflexions et les états d’esprit qui m’habitent à chaque étape de la vie se
reflètent naturellement dans mon travail.

La temporalité et la mélancolie sont aussi très présentes, est-ce un moteur dans vos créations ?

Cela résonne étroitement avec ce que je viens d’évoquer. Le temps est une notion absolue qui s’impose
à chacun de nous, et il possède cette puissance de ternir tout ce qui, un jour, brillait. Si l’on ne l’accepte
pas avec humilité, la vie peut devenir une épreuve bien difficile. Dans You were so precious
j’ai exprimé cette mélancolie et cette tristesse liées au fil du temps à travers l’histoire d’objets oubliés
par les humains. Mais dans ce récit, certains objets abandonnés trouvent aussi un nouvel usage, une
nouvelle vie. À travers cela, je voulais évoquer la continuité et les opportunités inattendues que nous
offre l’existence.

You were so precious

La vie est faite de peines, mais aussi de joies. Nos jours sont faits de ces passages de la joie à la tristesse,
puis de la tristesse à la joie. Dans mes films, je veille à ne pas figer ou stigmatiser une émotion unique ;
j’essaie plutôt d’embrasser toute la palette des sentiments humains. Je dois pourtant confesser que je
me sens davantage attirée par les émotions empreintes de mélancolie que par une clarté absolue, car ce
me semblent être elles, inévitablement, qui font le plus vibrer l’âme humaine.

Vous avez travaillé avec le studio Midralgar, quelle a été votre dynamique de travail avec cette équipe ?

Ma collaboration avec Midralgar a commencé en 2021, lorsque je leur ai confié la distribution de mon
neuvième court métrage, Piro Piro (vu en France dans la compilation éponyme en 2023 et déjà distribuée par Cinéma Public Films, ndr) . Rencontrer cette société de production a été une véritable chance pour moi : dès qu’ils ont pris en charge la distribution, le film a rencontré un très bel accueil, ce dont je leur suis profondément reconnaissante. Pour mon film le plus récent, Ondo, je leur ai demandé d’intervenir dès la phase de production. C’est dire à quel point Midralgar est une équipe en qui j’ai une confiance absolue.

Ondo

Comme je ne réside pas en France, travailler ensemble à distance n’a sans doute pas toujours été simple
pour eux. Mais notre collaboration a été rendue possible parce qu’ils m’ont accordé leur confiance, tout
comme j’ai placé la mienne en eux. Je leur suis immensément reconnaissante d’avoir été une équipe si
fiable et bienveillante. J’espère sincèrement que le programme Le Cygne et l’Enfant rencontrera un
grand succès et que nous pourrons continuer à faire du chemin ensemble.

Tous mes remerciements à Miyoung Baek pour sa disponibilité et à Justine Sanson pour la mise en relation.


La compilation Le Cygne et l’enfant sort le 16 septembre dans les salles.