A l’occasion du festival du film d’animation d’Annecy, la série Luce et le rocher, crée par Britt Raes et produit par La Cabane et Thuristar, a révélé deux épisodes en avant première : La Main Géante et L’avion en papier. Le court métrage dont est adapté la série rejoint de son côté le dispositif Maternelle au cinéma à compter de cette rentrée scolaire.
Chaque matin, Luce, pleine de curiosité, ouvre la petite fenêtre de sa chambre pour voir ce qui se passe au Pays des Merveilles. Chaque jour est une nouvelle aventure que Luce partage avec son meilleur ami, un rocher géant ! Ensemble, ils partent à la découverte de l’inattendu, rencontrent des créatures surprenantes et découvrent d’autres points de vue. Dans un univers haut en couleur et plein d’imagination, Luce nous offre un regard différent sur son monde !
Les épisodes, d’une durée de sept minutes et storyboardés par Amaury Allaire, repose sur une esthétique basée sur la dynamique entre les trois couleurs primaires : rouge, bleu et jaune. Le rouge représente à la fois la mère de Luce et les villageois qui sont unifiés dans un ensemble anguleux/carré. Le bleu s’associe à la rondeur du Rocher, le meilleur ami de Luce.
Le jaune du ciré de la jeune héroïne dénote dans cet univers pour faire ressortir sa curiosité, force motrice de la narration. L’une des nouveauté par rapport au court métrage original est la présence de dialogue : Luce et sa maman possèdent leur voix propre tandis que les villageois sont plus avares en paroles. Le rocher reste quant à lui cette présence totémique muette mais réconfortante dans ces histoires.
L’animation passe de TV Paint (utilisé sur le court métrage d’origine) à Toon Boom Harmony, plus utilisé lors de la fabrication d’une série complète, mais l’esthétique reste complètement préservée, pour mon plus grand plaisir.

Pour aller plus loin, je vous invite à lire mon entretien avec la réalisatrice Britt Raes publiée à l’occasion du Cartoon Forum 2023, où la série, titrée alors Luce in The Lovely Land, avait alors été pitchée avec succès !
La Main Géante
Avec sa durée de sept minutes, l’épisode s’amuse de l’alternance du jour et de la nuit sur le village de Luce. Les réactions des villageois sont d’abord réfractaires à l’idée de voir la Main s’accaparer leurs petits rochers, puis s’en prendre directement au Rocher. La situation conflictuelle se transforme petit à petit en ode à la communication et partage avec la découverte d’un mystérieux personnage. On retrouve la mélodie douce et rythmique qui faisait déjà l’identité musicale du court métrage. Cette première découverte possède déjà le potentiel de vous cueillir et vous embarquer dans cet univers coloré.

L’avion en papier
Ce deuxième épisode passe par l’élément perturbateur de l’avion en papier qui traverse le village. La mère de Luce et les villageois cherchent d’abord à se débarrasser du problème, puis devant l’arrivée grandissante d’avions, la curiosité de Luce sert de levier vers une ouverture sur le monde pleine de créativité. Il est intéressant de voir la jeune protagoniste montrer un aspect de sa personnalité plus chaotique, tout en restant très touchante.
Ces deux épisodes fonctionnent très bien ensembles car ils mettent en avant une évolution transformative et créatrice pour l’héroïne et le groupe des villageois. C’est donc avec impatience que j’attends l’arrivée prochaine de la série, qui comprendra trente-cinq épisodes de sept minutes et deux de quatorze minutes, sur les écrans.