ça faisait bien longtemps que je ne vous avais pas parlé d’O.A.N.I. et me voilà donc de retour avec une adaptation animée de comics et de jeu vidéo (car vous savez comme moi que ce sont les meilleures) :

Pour rappel, Turok le chasseur de dinosaures est une trilogie de jeux vidéo parus sur Nintendo 64 à la fin de nos fraîches années 90. Le concept, adapté du comic-book des années 50, y était simple : on y jouait Turok, armé de son marteau ou tomahawk si vous voulez vous la péter en société, en charge de protéger la Terre et The Lost World, une dimension parallèle peuplée de dinosaure d’une invasion extra-terrestre.

Avec une telle matière, il y a de quoi exploser les frontières narratives de l’O.A.N.I avec cette adaptation animée… mais il n’en n’est rien ! Turok : Son of Stone se concentre surtout les origines du personnage éponyme des comics des débuts, et de sa légendaire rage de vaincre, ici mis en scène en mode mercenaire de l’extrême par Curt Geda (Batman Beyond) et Dan Riba (Batman contre le fantôme masqué).

Bon, ok, il chevauche un dinosaure !

Résumons simplement : Turok, son frère Nashoba et leur amie Catori s’enjaillent au bord d’une rivière. Quand soudain, ils sont pris à partie par un petit groupe d’une tribu rivale. Dans l’altercation, Turok récupère le tomahawk du chef adverse et agresse tout le monde, y compris son frangin. L’issue est fatale pour les assaillants, mais les horribles blessures de son frérot l’accablent, le décidant alors de s’exiler le plus loin possible.

Seize ans plus tard (oui, seize ans !), Chichak, fils du chef de la tribu rivale, désormais armée de fusils, décide de venger et de génocider le village de la tribu de Turok. Andar, fils de Nashoba et Catori, décide d’aller chercher de l’aide auprès de notre héros qui a l’air de ne pas être planqué si loin que ça, d’ailleurs. Mais il est déjà trop tard, Andar, Turok et Catori poursuivis par Chichak se retrouvent projetés dans une dimension parallèle peuplées de dinosaures affamés et où vivent d’autres tribus.

Les réunions de famille vont être compliquées.

On pouvait espérer que Chichak, le principal antagoniste, se fasse dévorer à l’apéro par un dinosaure pour être remplacé par un ennemi plus impressionnant et funky, mais il est plutôt tenace ! Dommage ! Il fait en plus petit bras face à la nature hostile de la vallée perdue, mais où sont les extraterrestres ! Remboursez !

De son côté, l’animation traditionnelle se révèle aussi inégale que la prévisibilité de l’intrigue. On assiste à des cycles de marche proche du moonwalk cosmique et à des hochements de tête à rendre jalouses Jem… autant que les Hologrammes.

Et, dans un grand écart complet, les scènes de violences préhistoriques sont exécutées avec un certain soin, on découvre que la densité des corps des dinosaures est respectée et le sang coule avec fluidité sur les terres de la vallée perdue. Une telle inconstance peut s’expliquer avec les aléas liées à la co-production entre Classic Media, Film Roman Productions et Starz Media. En plus d’un budget visiblement limité, il suffit qu’un sujet produise un désaccord minimal pour mettre en péril l’équilibre du film dont l’animation a été sous-traitée en Corée du Sud chez Lotto Animation, qui a semble-t-il galéré avec les layouts.

« Oui, on a autant d’images par seconde que Turok 2 sur N64, et c’est pas grave ! »

Sorti en 2008, Turok : Son of Stone souffre clairement d’une narration beaucoup trop lisse au vu du concept original. On comprend toutefois que ce film soit l’objet d’un fétichisme car il est le seul consacré à cet univers. Attention ! Son niveau de rareté est élevé donc si vous le trouvez dans une brocante, sautez sur l’occasion ! Surtout qu’il n’en existe aucune version française…

Est-ce que je vous le conseille ? Oui et non, si vous avez une curiosité pour les films fantastiques indiens et il en existe peu, pourquoi pas, vous y trouverez certainement de l’intérêt. Si vous ne sentez pas concerné, alcoolisez-vous ou passez votre chemin, je ne vous en voudrais pas.

Pour les amateurs du jeu vidéo, Turok 2 : Seeds of Evil, est récemment sorti en version remastérisée sur Steam ou GoG, alors si vous avez une soudaine envie d’affronter du T-Rex avec des lasers, vous savez quoi faire !

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