Critique – Bob l’éponge, le film : Un pour tous, tous pirates !

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Après une série de longs métrages arrivés uniquement sur Netflix et centrés sur Sandy l’écureuil puis l’éternelle Némésis Plankton, Bob l’éponge a retrouvé le chemin des salles de cinéma avec cette aventure de piraterie haute en couleur animée chez ReelFX (La légende de Manolo) et réalisée par le vétéran Derek Drymon, dont nous avions vu un aperçu très drôle lors du dernier Festival international du film d’animation d’Annecy.

Bob l’éponge, en tant qu’objet culturel, est une série désormais si longue qu’elle peut se payer le luxe d’être redécouverte au fil du temps. Des épisodes qui pouvaient paraître fun en surface résonnent désormais  différemment et, par exemple, on se prend à comprendre son voisin et collègue Carlo le calamar, et L’éponge carrée est certainement un des personnages animés qui nous a le plus accompagnés vers l’âge adulte. Ce dernier opus s’inscrit dans l’esprit absurde de la série originale en adjoignant à ce dernier une authentique aventure de piraterie, malédiction comprise dans le package.

Vingt et un ans après le premier film (le coup de pelle est offert par la maison), la narration de Un pour tous, tous pirates ! prend le parti de revenir aux thématiques emblématiques de l’univers qui a fait le succès de Bob l’éponge : le passage à l’âge adulte, l’amitié et les quêtes débiles poussées aux confins de l’absurde. On peut targuer le manque d’innovation de ces dernières, mais on ne peut nier la sensation réconfortante de se retrouver devant un épisode spécial original retrouvé derrière une pile de VHS poussiéreuses.

L’aventure de piraterie ramène en plus au trait indéniablement enfantin de l’amitié entre Bob et Patrick qui tombe avec facilité dans une tourmente digne d’une telenovela . Accompagnés du binôme composé du Hollandais Volant et de Barb, ils se retrouvent confrontés à un bestiaire aussi drôle qu’atypique : des poissons squelettes à la Ray Harryhausen, des monstres serpillères, des coquilles Saint Jacques coureuses… Cette ambiance est largement boostée par la bande originale de John Debney (L’île aux pirates) qui envoie des morceaux d’une puissance donnant envie de prendre le large. 

Ayant vu le film en version française, il était appréciable de retrouver Sébastien Desjours en voix iconique de Bob l’éponge et Boris Rehlinger (Le Chat Potté 2 : La dernière Quête) pour Patrick l’Étoile de Mer. Eric Antoine et Natoo, dans les rôles respectifs du Hollandais Volant et de sa seconde Barb, n’ont pas démérité dans leurs prestations et s’inscrivent avec naturel dans les délires absurdes de nos héros de Bikini Bottom. 

Sorti dans nos salles pour les fêtes, Bob l’éponge : un pour tous, tous pirates m’a apporté un certain réconfort, portant en lui le fun et le divertissement dont j’avais besoin à ce moment-là. Je ne peux que vous encourager à lui donner sa chance, le film pouvant être autant que bouée de sauvetage (aha) qu’une soupape de décompression, ce qui est non négligeable vu le contexte actuel.