Critique – De l’autre côté du ciel



Passé par le festival International du film d’animation d’Annecy en 2021, De l’autre côté du ciel est le deuxième film du studio 4°C à sortir en France en 2022 après La chance sourit à Madame Nikuko. Comme ce dernier, c’est ici une adaptation de livre qui nous est proposée, et plus particulièrement celui d’Akihiro Nishino, publié chez nous par Nobi Nobi sous le titre Poupelle et la ville sans ciel. Comment  se tient le métrage de Yusuke Hirota, qui adapte donc les 96 pages du format d’origine en un métrage centaine de minutes, de plus animé en 3D ? Des éléments de réponse ci-après.

Lubicchi vit au milieu de grandes cheminées dont l’épaisse fumée recouvre depuis toujours le ciel de sa ville. Il aimerait prouver à tous que son père disait vrai et que, par-delà les nuages, il existe des étoiles. Un soir d’Halloween, le petit ramoneur rencontre Poupelle, une étrange créature avec qui il décide de partir à la découverte du ciel.

Contrairement à bien d’autres films du studio 4°C, De l’autre côté du ciel nous rappelle que celui-ci possède une branche CG, ici mise à forte contribution puisque l’intégralité de l’animation leur est revenue, depuis le personnage de Poupelle, amalgame de déchets et véritable marionnette douée d’une âme à tous les autres humains, en tête duquel on trouve Lubicchi le jeune ramoneur.

Le début du film demande une petite période d’adaptation car ces premières séquences rappellent une introduction de jeu vidéo dont l’esthétique tirerait vers l’anime, dans le genre de ce qu’on a pu apprécier avec Okami. La direction artistique est quant à elle béton, les personnages comme la ville sans ciel sont cohérents et possèdent des accents steampunk qui changent de la vision futuriste habituelle, d’autant plus au sein de l’animation japonaise.

Si l’on doit trouver des choses à redire du film de Yusuke Hirota, ce serait plutôt au niveau de la quantité de thématiques que le film aborde en parallèle. Nos personnages évoluent tous sous la coupe d’une dictature autarcique qui veut garder le peuple sous la certitude que rien de se trouve à l’extérieur de la ville, que ce soit les étoiles ou d’autres gens.

Le film jongle également avec les rapports interpersonnels des différents intervenants, dont une classe moyenne en lutte avec elle-même pour ne pas faire de vague bien représentés par les ramoneurs et le personnage du père de Lubicchi, mais aussi les enfants entre eux, et la cruauté qui peut y être associée…

Le film est riche de ces éléments, peut être un peu trop pour sa durée de cent minutes, et certains aspects auraient gagnés à être plus approfondis car ils souffrent d’une perte de vitesse notable en fin de métrage, ainsi expédiés pour clôturer l’histoire. Cette dernière se recentre sur la finalité de l’existence de Poupelle et son lien particulier avec le jeune héros.

Reste que De l’autre côté du ciel fonctionne de manière très honnête et démontre la polyvalence du studio 4°C à destination d’un public plus familial que leurs autres productions. A ce titre, le film est une réussite, bien que l’utilisation toujours perfectible du CG le fera vieillir plus prématurément que ses contemporains.

De l’autre côté du ciel sort le 17 aout 2022 après des vagues d’avant-premières depuis le 31 octobre 2021.


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