Critique – Minuscule : La Vallée des fourmis perdues

Critique – Minuscule : La Vallée des fourmis perdues

Si vous prenez le documentaire Microcosmos et que vous le dopez à l’animation numérique, ça donne quoi ? A peu près Minuscule : La Vallée des fourmis perdues, la première adaptation en long-métrage de la série éponyme.

Dans une paisible forêt, les reliefs d’un pique-nique déclenchent une guerre sans merci entre deux bandes rivales de fourmis convoitant le même butin: une boîte de sucres! C’est dans cette tourmente qu’une jeune coccinelle va se lier d’amitié avec une fourmi noire et l’aider à sauver son peuple des terribles fourmis rouges…]

S’il y a bien un film que j’ai abordé sans a priori et sans attente particulière, c’est celui là. Je n’ai pas regardé la série éponyme, ce qui a laissé une grande place à la découverte de l’univers et laissez-moi vous dire que j’ai été agréablement surprise !

Le postulat est simplissime : dans la forêt, une coccinelle blessée croise le chemin d’un groupe de fourmis noires et d’une boîte de sucres récupérée dans les restes d’un pique-nique. Leur mission : la ramener à la fourmilière. Mais c’est sans compter sur les agressives fourmis rouges, qui elles aussi veulent goûter au sucre.

Cette simplicité narrative agit tel un atout et permet d’immerger le spectateur auprès de ces insectes de manière complètement instinctive. Cet espace de liberté laissé par l’histoire donne à la mise en scène le moyen d’appréhender les grands environnements champêtres comme dans un western. En effet, à aucun moment je ne me suis sentie perdue.

Le film parsème même quelques références à de grandes œuvres cinématographiques (Star Wars, Le Seigneur des Anneaux) sans jamais être lourd. Les différents tableaux de la bataille du Sucre prennent une dimension épique par l’utilisation de plans surplombant le terrain de l’action, vous pensez au Deux Tours ? C’est tout à fait ça. L’affrontement se fait grâce à des “armes” bricolées, on retrouve des allumettes et d’autres détails de la vie quotidienne. Cette dose d’inventivité rend le déroulement du combat croustillant et on attend quel sera le prochain détournement d’objet avec impatience.

L’avantage étant que l’on peut apprécier Minuscule sans les clins d’œil précédemment évoqués, car ils s’inscrivent dans la dynamique narrative. A ce sujet, je vais vous faire une confidence, je suis tombée amoureuse d’une araignée, alors que c’est une bestiole que je déteste d’habitude.

Les personnages sont une hybridation de leurs aspects naturels et d’une stylisation plus cartoon à base d’yeux expressifs, mais pas trop prononcé. On est loin de l’anthropomorphisme à la Disney ! Ce respect apporté à leur chara-design fait que nos héros s’intègrent parfaitement à leur environnement aux qualités photographiques (une partie des décors ont d’ailleurs été captés en live).

L’identification au dynamique duo qu’est la coccinelle et la fourmi noire s’installe avec plaisir, d’autant plus qu’ils ont leur propre langage. Une initiative qui évite tout babillage inutile (vous l’avez compris, je n’aime pas les films bavards), ce qui les rend encore plus attachants !

La simplicité de l’histoire et l’efficacité de la mise en scène fait de Minuscule : La Vallée des fourmis perdues un film accessible à tous. Lors de ma séance, le public présent était de 7 à 80 ans et tout le monde s’amusait bien, ce qui a rendu l’expérience d’autant plus agréable.

Thomas Szabo et Hélène Giraud signent un film avec de grandes ambitions, comme j’aimerais en voir plus souvent dans le paysage du cinéma d’animation français. Minuscule : La Vallée des fourmis perdues sort le 26 août prochain en DVD/Blu-ray, donc si vous ne l’avez pas vu, c’est le moment de le découvrir !



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