Il y a des rendez-vous qu’on ne loupe pas, et Shaun le mouton au cinéma en fait partie. Shaun le mouton : La bêêête d’Halloween, réalisé par Steve Cox et Mathew Walker, est présent en salles depuis le 21 octobre. On avait hâââte de découvrir ce nouveau volet du studio Aardman après l’excellent La Ferme contre-attaque :
À Halloween, les habitants de la ferme de Mossy Bottom se réjouissent des festivités, jusqu’à ce que le Fermier maladroit saccage les citrouilles bien-aimées du troupeau. Lorsque Shaun se transforme en scientifique fou pour résoudre le problème, les choses dérapent : le Fermier disparaît et une bête sauvage rôde dans les bois.
Douze ans après son premier long métrage, Shaun le mouton : La bêêête d’Halloween arrive à rebondir avec brio avec une thématique autour de la capillarité du Fermier. On se souvient qu’à l’époque déjà, celui-ci était devenu amnésique et se réinventait en Mr X, coiffeur tendance dans la Grande Ville.

Désormais, le Fermier se retrouve confronté à son complexe de la calvitie, son objectif étant de briller tel un papillon de lumière à la grosse soirée du village lors de laquelle un date avec la vétérinaire est envisageable. Suite à l’invention de Shaun destinée à faire pousser des citrouilles en accéléré, sa capillarité et sa pilosité vont devenir fantastiquement opulentes et ainsi provoquer peur et confusion chez les habitants du village.
Le métrage s’amuse avec de nombreux tropes liés à l’univers du loup garou : la bestialité est tournée en dérision, la foule enragée prend des décisions idiotes et la romance surprend par sa tendresse un poil bizarre. En effet, la relation entre le Fermier et la Vétérinaire se révèle d’abord touchante car les deux sont timides et n’osent pas se proposer un rendez-vous. Puis, la Vétérinaire se prend d’intérêt pour la Bêêête mais avec un regard purement professionnel, ce qui donne lieu à de nombreux quiproquos hilarants.

Le film joue aussi avec des références cinématographiques et pop culturelles (Thriller, Psychose, Frankenstein entre autres) qui vous donneront le sourire. La sélection musicale, chapeautée par Nick Angel (Billy Elliot, Hot Fuzz), apporte une dimension ludique et punk rock à l’ensemble. On a même droit à un shanty interprété par les moutons, si ça peut vous décider à franchir la porte du cinéma. Aussi, la composition musicale de Nathalie Holt (Loki, La Princesse) arrive à jongler entre les chœurs, les inflexions fantastiques et le coté orchestre ludique propre à l’univers du célèbre mouton.
A l’instar du Corset, la saga de films Shaun le mouton pose un regard tendre et comique sur la ruralité, certes ici anglaise, et parvient par le biais des ces moutons muets à dresser des portraits pertinents et drôle, sans jamais tomber dans le cynisme, des habitants de Mossy Bottom.

Avec ce troisième opus des aventures de Shaun le Mouton, le studio Aardman nous montre qu’ils maitrisent toujours leur sujet et nous offre un film généreux qui remplit le cœur avec son amour pour le cinéma de genre, magnifié par une stop motion toujours impeccable des artisans de Bristol.
On vous recommande Shaun le mouton : la bêêête d’Halloween qui peut être parfait pour la première partie de soirée familiale de La Fête des Morts avant d’enchainer avec un programme plus adulte.