On y est, depuis le 5 avril 2019, Wakanim et Anime Digital Network diffusent la première saison de Fruits Basket !

Perçue par la plupart des fans comme une réédition, c’est en réalité une nouvelle adaptation bien originale (que l’on doit à Yoshihide Ibata) qui permettra enfin d’animer des scènes n’existant que dans l’oeuvre manga de Natsuki Takaya, et d’apporter un regard différent sur les enjeux et personnages de la série !

Tohru Honda, lycéenne, vit dans une tente après avoir perdu sa mère, la seule famille qui lui restait. Seulement voilà, l’endroit où elle a posé sa tente est un terrain appartenant à l’illustre famille Soma ! Tohru, en qui Shigure Soma voit des talents de ménagère, se retrouve à habiter avec Yuki Soma, un jeune homme à l’aura de prince charmant, et Kyo Soma qui voit ce dernier comme un ennemi. Mais ce que Tohru ne sait pas, c’est que la famille Soma est touchée par une malédiction depuis des centaines d’années…

Je vous propose avec cet article de suivre mon avis et mes réactions (que vous êtes invités à commenter…) épisode par épisode au fil de l’avancée de cette première saison de Fruits Basket. Attention, il va sans dire que chaque « review » comportera du SPOILERS !

Episode 1 - À ce soir !

Tout démarre par le récit du conte à l’origine du folklore autour du zodiaque chinois. Et de la malédiction des douze de la famille Soma. (12 signes affiliés à un animal. Le rat, le boeuf, le tigre, le lapin, le dragon, le serpent, le cheval, le mouton, le singe, le coq, le chien, le sanglier et le chat. Ce qui fait en réalité 13 signes, mais ça, vous le saviez déjà.)S’en suit la scène d’ouverture, par le regard de Tohru sur le soleil, sur la lumière de la ville, sur son optimisme. Les lumières sont chatoyantes, le décor imposant et détaillé de la ville et de la forêt. L’animation est modernisée et plus raffinée.

Les proportions sont plus actuelles, des visages plus équilibrés, on s’attarde plus sur l’éclat d’un iris que sur la taille « manga » des yeux sur un visage arrondi. J’ai crains une uniformisation des dessins, mais non, quelques passages conservent une dynamique et des ruptures « chibi » pour plus de rythme et affirmé les tensions drôles ou sérieuses. L’ambiance raconte autre chose que le précédent animé, ou manga, exclusivement tournés vers Tohru au départ. Il inclut davantage l’histoire dans son décor, dans son quotidien.

Pour le reste, cet épisode est quasi-identique au scénario du manga (à quelques exceptions que les fans auront remarqué : Mokoto en brunette, Kyo moins basané que dans l’animé….) J’ai apprécié aussi que les souvenirs de Tohru soient plus présents, moins abstraits ou flous. Impliquant davantage que Tohru vit avec jour après jour. Les transformations colorées sont toujours aussi simples et sans artifices magiques. C’est bien une fantasy mais pas de paillettes pour autant. Contrairement à l’ancien animé, cette adaptation affirme d’avantage son empreinte shôjo avec quelques luminosités contrastées et des plans aux pétales de cerisiers caractéristiques.

La rencontre impromptue mais douce entre Shiguré et Tohru.

En ce qui concerne le générique de fin (pas d’opening au premier épisode), je le trouve assez subtil dans sa manière d’aborder les liens familiaux, autour de l’arbre, tous endormis, apaisés… Yuki ou Akito (se ressemblant déjà bien trop) observant, serein, Tohru… Je remarque que tous les signes ne sont pas présentés… Ils n’apparaîtront peut-être pas dans cette première saison ?

Episode 2 - Ce sont tous des animaux !

La découverte de la malédiction par Tohru. Cet épisode est centré sur l’adéquation entre les Soma et Tohru. Tout va presque un peu trop vite, même s’il y a de mon point de vue beaucoup de rétrospection. L’animé sème déjà des indices qui me ravit, et me rassure sur le scénario. L’animé sait où il va, et en tant que fan, je saisis les petits cailloux qu’ils me laissent, en espérant que le chemin sera long et intéressant. Uo et Hana n’ont pas encore trouvé une place intime pour le spectateur, cela m’attriste un peu, mais ce n’est que l’épisode 2. Et il s’agit de découvrir aussi le caractère de Kyo.

Le générique opening est aussi doux que l’ending. Chaque personnage est placé dans son lieu de prédilection. On s’attarde aussi sur l’importance de Kyoko et Tohru. Les petits motifs qui encadrent les plans nous rappellent aussi les motifs que l’on trouvait régulièrement dans le manga. C’est un shôjo, oui oui. Le « Sayonara » « Arigato » chanté nous laisse entrevoir l’imaginaire de la rencontre et de ses bénéfices. C’est bien de l’arrivée de Tohru dont on parle.

Episode 3 - Jouons au président et au clochard

L’épisode du « pouilleux ». Le jeu où le perdant fait toutes les corvées des autres. Un jeu d’intégration. Cet épisode est la mise en scène de la rivalité Kyo / Yuki. C’est un épisode que j’aime particulièrement sur la thématique de l’estime de soi, et des autres. Avec l’imaginaire de la boulette de riz qui ne voit pas sa jolie prune cachée dans son dos. Des qualités qu’on jalouse et les nôtres auxquelles nous sommes aveugles. On met plus en avant le caractère bienveillant de Tohru ainsi que ses défauts. Sa maladresse par exemple, qui va nous faire rencontrer le personnage de Momiji après sa chute dans les escaliers. Tout en mystère avec le choix de les faire se croiser dans l’ombre en début de soirée.

J’attendais particulièrement l’animation de Yuki en souris en pleine confession. Alors qu’il tente de s’exprimer et que la taille de l’écran pourrait le surplomber, le choix d’un angle en contre-plongée nous montre le décalage mais pas le poids et la pression qu’il ressent. Ce qui n’est pas une mauvaise chose, les enjeux à venir seront bien plus troublants et j’attends beaucoup de la mise en scène.

Episode 4 - De quel signe est-elle ?

L’arrivée d’un nouveau signe, Kagura le sanglier. L’épisode est de nouveau tourné sur Kyo puisqu’il s’agit des conséquences sur le quotidien des émotions des maudit.e.s. C’est l’occasion d’en apprendre plus sur la malédiction et les douze signes. Un épisode qui nous étale la difficulté des relations amoureuses. J’ai beaucoup aimé les contrastes chez Kagura, même si parfois, elle me tape sur le système. Catastrophe sur catastrophe… C’était éreintant à regarder. Ce qui rend la scène complice entre Tohru et Kyo un peu moins intense que dans mes souvenirs. Je commence à me demander si la série va réellement apporter quelque chose de plus ou de différent.

Episode 5 - Je me trompais

Qu’est-ce que Fruits Basket ? Une corbeille de fruits. Certes. C’est un jeu auquel jouait Tohru à l’école. Chaque enfant est affublé d’un nom de fruits et doit rejoindre l’immense aire de jeu lorsqu’il entend son nom. Mais Tohru était surnommée « onigiri », boulette de riz. Et cela n’a pas sa place dans une corbeille de fruits. Ce sentiment d’illégitimité naît dans le coeur de la jeune femme qui, quand son grand-père lui téléphone pour qu’elle puisse rentrer chez elle, semble vivre la fin d’un rêve. C’est le premier épisode qui apporte une réelle nouveauté selon moi. Car on va vivre la scène de son désir de rentrer du point de vue des Soma. Là où le manga lui-même n’offre que la vision de Torhu. On se rapproche des Soma, ils sont moins emplis de mystères qu’ils auraient pu l’être. Idem pour le souvenir de Tohru en début d’épisode, je suis très attachée à ce que ses flash-backs soient aussi présents, quitte à perturber la narration. On s’attache beaucoup plus vite à elle et ses émotions. Ces deux choix scénaristiques plus intimes sont inédits et, pour moi, une franche réussite. Il fallait oser. J’ai hâte de voir ce que va nous réserver la rencontre avec Uo et Hana…

Episode 6 - Ça te gênerait qu'on vienne chez toi ?

C’est le festival du lycée ! Les onigiris de Tohru sont un succès, Yuki est vêtu d’une robe pour faire plaisir aux Terminales. Tout va un peu vite, on a à peine le temps de voir Hana en sorcière que Momiji et Hatori pénètrent dans la série. Momiji est égal à lui même : enfantin, turbulent, adorable. On discerne mal pourquoi Hatori est venu jusqu’ici. Il ne se dégage pas de lui l’autorité et le mystère que j’espérais. Tout ça manque d’intensité, de densité aussi. Cette première rencontre n’a pas l’impact scénaristique que j’avais cru percevoir ailleurs. Finalement, c’est davantage vers Uo et Hana que se présente l’épisode, puisque la rencontre avec d’autres membres des Soma les alertent et les font rentrer dans la série une bonne fois pour toute comme des personnages importants. Il était temps.

 

Alors, l’arrivée de Arisa et Saki dans la maisonnée Soma était dans le manga et précédent animé synonyme de transformations à rebonds, de gêne, d’humour et de rythme. Du coup… Rien de tout ça. On est simplement dans l’amitié de Uo et Hana pour Tohru, face à celle de Yuki et Kyo. Logique puisqu’on a très peu vu les deux amies auparavant. Et sûrement que l’animé passe plus vite car il y a plus à raconter. La petite parenthèse sur le caractère capricieux d’Akito nous conforte dans cette supposition. Il y a un mystère sur le comportement des Soma. On a un temps consacré à la casquette, qui est présente dans le générique également. Un souvenir aux allures d’anecdote simple…? On peut enfin commencer à s’attacher à l’amitié des trois jeunes femmes, avec la perspicacité de Saki et l’attitude de grande sœur d’Arisa. L’épisode se conclut sur un cliffhanger, via le téléphone (deuxième fois depuis ces six épisodes) de la maisonnée. On aperçoit déjà sur le bureau d’Hatori, le portrait d’une jeune femme que certain.e.s d’entre nous connaissent déjà bien….

J’ai de plus en plus la sensation que cet animé a été pensé pour celles et ceux qui ont déjà lu le manga ou vu l’animé précédent… Cela me frustre. Mais je ne m’arrête pas pour autant. Car j’aime toujours autant voir les arrivées des personnages, les petites réflexions drôles, les éclats d’intensités lors des échanges avec Akito. Je m’accroche le temps que la série prennent son indépendance sur les adaptations passées.

Episode 7 - Elle devient le printemps !

Tohru a été « invité » chez les Soma. Forcée par Hatori de lui rendre visite, c’est l’occasion pour nous de rentrer à l’Intérieur du domaine Soma, et d’en apprendre un peu plus sur leur vie. Le problème pour Hatori, c’est que Tohru est rentrée à l’Intérieur (membres de la famille Soma au courant de la malédiction) sans être légitime d’y restée. Qui plus est, elle vit à l’Extérieur (membres de la famille Soma, rarement au fait de la malédiction, vivant hors des remparts du domaine) avec trois membres des douze. Tohru, et nous-même, comprenons l’ampleur géographique de cette famille ancestrale. Heureusement que Momiji est là pour détendre l’atmosphère quasi-menaçante que fait régner le médecin de la famille.

C’est par la sensibilité de Momiji que se découvre l’explication des émotions d’Hatori. Je suis toujours aussi fan de ce duo d’hypersensibles, s’exprimant en opposition. La réserve acerbe d’Hatori dû à la cicatrice de son cœur, et de son œil. L’exubérance enfantine de Momiji qui déborde de sa peur d’être rejeté. Le lien passif/agressif d’Hatori et Shiguré, telle une fratrie imposée. Tout cela nous donne toujours plus d’indices et nous fait appréhender davantage la densité de l’univers. On comprend peu à peu que Tohru n’est pas là par hasard, et elle le comprend aussi. Que ce soit dans les réponses de Shiguré (« reste comme tu es ») ou dans ses similitudes avec Kana, l’amour perdu d’Hatori. L’imaginaire du printemps, qui est inéluctable et doux dans sa renaissance, serait donc une des réponses possibles à cette malédiction, à Akito aussi en quelque sorte, qui figent les Soma dans une solitude amère.

Fruits Basket, Hatori le Dragon
Hatori Soma, le Dragon.

Pour ceux et celles qui découvrent l’animé et l’univers de Fruits Basket, l’hippocampe est le signe du dragon. Là aussi, on se modernise et la fantasy se « crédibilise ». Quelques indices encore me rassurent, car on aperçoit deux personnages qui n’auront d’importances que bien plus tard dans l’intrigue… Je n’en dis pas plus. 🙂

Kana évanouie dans la neige. Image symbolique des liens de la malédiction qui entrave la famille Soma.
Episode 8 - Amusez-vous bien !

Diffusion le 24 mai.

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