Robot Chicken, créée en 2005 par Seth Green et Matthew Senreich, nous montre depuis maintenant huit saisons des sketches en stop motion de jouets licenciés (Marvel, DC, Star Wars…) à l’humour pop culturel, parfois salé mais toujours relevé qui a donné la marche à suivre pour le Stoopid Buddy Studios !

Matthew Senreich, Tom Root, Marge Dean, Zeb Wells – Photo : E. Perdu/CITIA

Étaient présents sur la scène de la petite salle de Bonlieu déjà en surchauffe : Matthew Senreich le co-fondateur de Robot Chicken, Marge Dean, General Manager de Stoopid Buddy, Zeb Wells, réalisateur de SuperMansion (présent dans la sélection TV du festival) et Tom Root, producteur. Ce making of s’est déroulé sous la forme d’une conversation détendue avec le public, c’est pourquoi j’ai décidé de vous la retranscrire selon les différentes thématiques abordées. Avant de débuter, Matthew Senreich a eu un mot gentil à l’égard du public : “ça fait plaisir de voir cette salle remplie de personnes décontractées qui ont l’air aussi cool !” Il a aussi rappelé que lorsqu’il a débuté l’aventure Robot Chicken, il écrivait pour Comic Book Magazine, que Tom Root était scénariste au sein de Wizard Entertainment et Seth Green était encore acteur, il y a maintenant 16 ans.

La question de l’écriture en pattes de poulet

La question a d’abord été abordé sous l’angle du trash et des zones où ils pourraient ne pas aller à cause de la censure, ce que à quoi Tom Root a répondu : “Il y a une grosse différence entre la comédie et le cinéma d’exploitation, il n’y aucun sujet qu’on ne peut pas traiter, on ne s’interdit rien. Du moment que c’est drôle, le sujet mérite d’être abordé. Par exemple avec les Tiny Toons Adventures qu’à l’époque je regardais à l’université et il y avait des affaires d’agressions sexuelles au même moment. Mais franchement, il n’y a rien de drôle dans là-dedans mais en tant que scénariste, je me disais que ça pourrait être drôle de voir les Tiny Toons apprendre ce que ça signifie.“

Senreich a enchaîné sur le sujet : “Nous sommes conscient et avons l’habitude de faire de la comédie. On recherche la pertinence, et ça peu importe le sujet.” Au sujet de l’écriture des sketches, Tom Root a expliqué qu’ils ont une façon de travailler plus proche du fonctionnement plus proche du live action, sans storyboard mais en développant des concepts puis des scripts.

Ce qui a permis à Zeb Wells de rebondir : “Nous produisons quatre scripts en quatre semaines, ce qui fait vingt scripts pour vingt semaines. Toutes les cinq semaines, nous faisons des réunions pour vérifier l’efficacité des blagues et des punchlines, ce qui peut être difficile pour nos scénaristes.” Dans le mouvement, Seinreich a répondu : “Vous n’imaginez pas comme ça peut être difficile quand tu as travaillé dur et qu’on te dit “Non, cette blague ne sera pas dans l’épisode.” Tom Root, mimant la profonde tristesse et provoquant l’hilarité générale : “Arrête de parler de ça, je m’en souviens encore !”

Les équipes de scénaristes sont grandes et tournent selon les épisodes. Il y a une rotation qui se fait toutes les quatre semaines avec l’ajout de deux nouveaux scénaristes à chaque rotation pour rafraîchir les sketches et faire une pause. Travailler quatre semaines en continu s’avère épuisant, selon Zeb Wells.

Les supers héros de DC Comics, comme pour Star Wars ou Walking Dead, ont eu droit à des épisodes spéciaux

À propos des robots de la propriété intellectuelle… 

Après avoir dévoilé en public son amour pour le jeu vidéo Halo, Tom Root a expliqué comment les scénaristes travaillent la figure super héroïque : “Prenez Superman, on a préféré en faire un gars vantard et arrogant tout simplement parce que c’est l’homme le plus puissant du monde. Nous aimons mettre les superhéros dans des situations où ils se retrouvent en train de faire des choses de la vie de tous les jours.” En parlant des franchises utilisées, Matthew Seinreich a répondu : “Nous sommes vraiment chanceux !

Par exemple George Lucas est venu nous voir, l’équipe de Walking Dead aussi. Ça surprend toujours de voir que les créateurs adhèrent à ce que nous faisons.” Zeb Wells a suivi dans cette réflexion : “C’est une question de génération aussi ! Nous avons tous grandi en regardant les mêmes cartoon débiles, que même les patrons de franchises comprennent désormais nos intentions”

 … et de quête de jouets au merchandising gallinacé.

Les différents sketches utilisent des actions figures dans leurs histoires, d’où la question de la recherches de ces différents jouets. Senreich a précisé en rigolant qu’ils allaient dans l’endroit le moins cher d’internet, appelé Ebay. Zeb Wells a ensuite expliqué qu’il y avait tout un travail à faire pour améliorer les jouets et qu’ils puissent prendre les différentes poses requises.

Pour l’anecdote, un animateur a eu beaucoup de mal à apporter des modifications à l’action figure de Godzilla car il en était super fan. La scène la plus difficile à animer fut celle en référence au film de Tony Jaa, L’honneur du Dragon, sorti en 2005. Il leur a fallu construire un gigantesque set de restaurant et les mouvements d’art martiaux ont demandé beaucoup d’astuces de mise en scène pour que soit lisible à l’écran.

Un peu plus tard, Marge Dean s’est exprimé sur son travail dans l’équipe Stoopid Buddy : “ Je suis arrivée en août dernier, vous savez ce n’est pas aussi dur de travailler avec ces gars-là ! En tant que productrice c’est très facile, ils sont très talentueux et la chaîne Adult Swim est déjà présente. Mon travail est d’apporter les ressources nécessaires à leurs talents, qu’ils aient l’espace et l’argent nécessaire pour respecter la timeline des projets.”

Senreich a par la suite confirmé l’autorité de Dean : “C’est vrai ! Nous sommes comme des enfants dans ce studio et Marge c’est un peu la maman qui nous dit : “Tu peux jouer avec ce que tu veux, mais ne laisse pas de bordel derrière toi !” Elle nous permet de grandir.” A propos de la création de merchandising Robot Chicken, Matthew Senreich a répondu : “Nous travaillons avec beaucoup de licences donc ce n’est pas possible pour nous de faire des figurines ou autre merchandising. Nous faisons de la comédie, nous ne pensons pas à faire de l’argent. D’ailleurs, nos seules créations propres sont le personnage du nerd, mais franchement, qui voudrait d’une figurine du nerd ? Ou peut-être Bitch Pudding (la parodie hardcore de Charlotte aux fraises) ?”

La trilogie d’épisodes spéciaux de Robot Chicken sur Star Wars fait partie du meilleur de Stoopid Buddy Studios

Les épisodes robotiques préférés de l’équipe

Pour Tom Root : “C’est celui des Gloomy Bears (saison 3) parce qu’il joue et maltraite les souvenirs d’enfance. A chaque fois que je le regarde, il me fait le même effet.” Pour Matthew Senreich : “C’est celui de la création du logo Starbucks parce qu’il s’amuse avec le côté publicitaire de façon sombre avec la mort de cette sirène.”

Pour Zeb Wells : “Je ne sais pas, vu que j’ai peu travaillé sur la série. J’hésite entre le Disney karaoké (Princess War) et un épisode de Robot Chicken Stars Wars avec la carbonite, c’est compliqué !” Pour Marge Dean : “C’est celui du Cryptkeeper (le présentateur des Contes de la Crypte) qui se retrouve coincé dans l’univers des filles de Monster High. Le décalage de cet épisode me fait toujours rire !”

Pour clôturer cette session, Zeb Wells a fait une imitation du Cryptkeeper, qui a fait exploser de rire la salle. Un combo renard et poulet pour une future série Netflix Marge Dean a annoncé l’arrivée de la série pour enfants Buddy Thunderstruck sur Netflix en 2017 : “Il s’agit d’un show en stop motion avec des renards, dans l’esprit de Fantastic Mr Fox de Wes Anderson, nous souhaitons viser un public pré-school ce qui est nouveau pour le studio Stoopid Buddy.” Senreich a de suite rassuré le public : “ C’est un défi pour nous ! C’est pourquoi nous avons mis une équipe de scénaristes dessus, nous aimerions que la série ait cet esprit Robot Chicken mais adapté aux enfants”

Ce making of était une première pour l’équipe de Stoopid Buddy, mais une première réussie ! La conversation avec le public s’est déroulée dans une ambiance drôle et détendue où on a en plus beaucoup appris sur leur méthode d’écriture et d’animation en stop motion. J’y ai passé un moment agréable, en espérant qu’ils réitèrent l’expérience du festival d’Annecy à l’avenir.

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