« Schtroumpf, Schtroumpf, Schtroumpf, c’est la formule magique ! » disait la chanson. Il faut croire que ce n’est pas la cas au cinéma, quand Schtroumpf est conjugué à la sauce Hollywoodienne. Les Schtroumpfs et le village perdu, troisième essai de Sony Animation avec un film beaucoup plus dans l’esprit de la bande-dessinée que ses prédécesseurs, n’est pourtant pas transformé. Alors, que vaut Les Schtroumpfs 3 ?

[message]La Schtroumpfette, le Schtroumpf costaud, le Schtroumpf à lunettes et le Schtroumpf maladroit ont filé en douce pour suivre une carte vers un mystérieux village. Mais le chemin qui y mène regorge d’embuches, de créatures magiques et de souterrains labyrinthiques. Il leur faudra par ailleurs redoubler de prudence puisque Gargamel n’est pas loin et compte bien les arrêter.[/message]

La faute au scénario fadasse, qui ne passionnera probablement pas les enfants mais endormira certainement les autres (75% de dormeurs dans notre panel de 3 spectateurs). Tout est lisse, sans surprises, sans tensions, avec toutefois quelques bons gags, déjà usés par les bandes-annonces. Gargamel est encore plus idiot et ridicule que dans la bande-dessinée, au point de ne jamais être pris au sérieux dans son rôle de méchant. Seul Azraël, le chat roux, est intéressant : malin, moqueur, chasseur, il y a plus de potentiel dans un de ses poils que dans tout le gros nez du sorcier.

Si le film ne tombe pas dans la copie du village des Schtroumpfs et de ses petits lutins façon filles, avec des maisons champignon roses et des Schtroumpfettes coquette, cuisinière ou costaude, il n’arrive toutefois pas à défendre le message féministe qu’il semble parfois vouloir donner. Les Schtroumpfs et le village perdu insiste encore et encore sur la Schtroumpfette, qui est « juste » la Schtroumpfette, et n’a pas de don particulier à l’instar de ses compagnons masculins. Un mal ? Une lacune ? Que nenni ! Au bout d’une heure et demie, tout ce petit monde réalise que la Schtroumpfette est en réalité unique, et possède de nombreux talents ! SURPRISE. Elle n’a pas besoin de se plier au modèle masculin et doit être fière de sa différence. Ce qui explique les paroles de la chanson I’m a Lady de Meghan Trainor, en plein dans la tendance de l’empouvoirement féminin en musique.

Du coup, on comprend mieux pourquoi les nouvelles demoiselles bleues ne sont pas appelées Schtroumpfettes : il n’existe qu’une seule Schtroumpfette. Et un « village de filles », de Schtroumpfs filles, qui ont leurs propres prénoms (de fleurs tout de même). Pour ceux qui trouveraient ça ridicule, je vous rappelle que dans la bande-dessinée il existe un autre Schtroumpf féminin, deuxième tentative de Gargamel pour infiltrer le village avec des créatures alchimiques, une petite rousse à la salopette rose appelée Sassette. Et non pas Schtroumpfette rousse ou Schtroumpfette deux ou petite Schtroumpfette.

Les Schtroumpfs et le village perdu retombe donc sur ses pieds et cette histoire de village des filles n’est pas aussi nulle qu’on aurait pu le croire. Dommage qu’un scénario basique enlève tout intérêt à l’aventure de la team Schtroumpfs. D’autant plus que les images sont superbes, des couleurs à la composition en passant par les textures. La rivière volante est tout particulièrement magique. Du travail d’artistes pour un film qui retombe comme un soufflé, ni bon, ni mauvais, juste un soufflé. (Petite mention spéciale tout de même pour Gérard Hernandez, toujours excellent dans le rôle du Grand Schtroumpf).

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