Nous vous avions déjà parlé du Petit Hérisson dans la Brume de Youri Norstein, qui avait fait l’objet d’une sortie dans la compilation éponyme par le distributeur Malavida. Avant l’arrivée le 18 mars de La Princesse, l’ogre et la fourmi, nous sommes revenus sur L’antilope d’or, la renarde et le lièvre.
L’antilope d’or de Lev Atamanov

Au temps des Mille et Une Nuits, un maharaja avide poursuit une antilope dont les sabots produisent des pièces en or. Il capture son ami, un petit garçon, en espérant qu’il le mène à l’animal magique…
L’Antilope d’or nous emporte dans un univers sublimé par les décors peints d’une nature foisonnante, et les couleurs pastels rappellent les vieux livres d’illustrations. Réalisé en 1954, le court utilise la rotoscopie de façon fluide, notamment sur les actions complexes comme les scènes de danse. La relation entre l’antilope et le jeune garçon se dévoile avec élégance et se teinte de douceur au fil du métrage. Seul bémol datant fatalement l’œuvre, les clichés racistes incarnés par les sbires du maharadja : entre le marchand vénal et le gardien « barbare » obsédé par la décapitation, on est servi. Cependant, il est important de découvrir ce court en toute conscience et de profiter de l’expertise animée de l’époque.
La renarde et le lièvre de Youri Norstein

A l’arrivée du printemps, la renarde jette le lièvre hors de chez lui et s’installe dans sa maison. Triste et impuissant, le lièvre s’en va pleurer dans la forêt. Tour à tour, le loup, l’ours, le taureau et le coq vont tenter de l’aider.
On retrouve le goût du bestiaire du réalisateur russe avec une galerie de personnages colorés et fleuris, loin des attributs qu’on a l’habitude de leur donner. Les enluminures de tapisseries apportent une touche livresque à l’ensemble. Ce conte fait démonstration d’entraide et de déploiements de différentes stratégies pour libérer le doux foyer du jeune lapin. La solution trouve une résonnance politique dans le fait d’être ingouvernable et rebelle face à l’oppresseur. La voix off, portée par Damien Bonnard, se révèle douce et atonale, ce qui tranche avec le narrateur d’origine, plus énergique.
Les Vacances de Boniface de Fiodor Khitruk

Boniface, lion de cirque en mal de vacances, décide de rendre visite à sa grand-mère en Afrique. Armé de son filet à papillons et de son maillot de bain rayé, il rêve de passer ses journées à flâner, à se baigner et à prendre le soleil… Mais les enfants du village vont peut être le faire changer d’avis !
Ce court présent en bonus du DVD nous plonge dans une esthétique de cirque colorée et très inspirée de l’art publicitaires des années 60. L’histoire de Boniface rappelle le parcours d’Alex le lion acteur de la saga Madagascar de DreamWorks Animation par son côté ludique et son envie de partager avec un public. Les Vacances de Boniface apporte une touche pop et détendue à la compilation, et permet de clôturer la découverte avec légèreté.