Critique – L’Odyssée de Céleste

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Basé sur le livre éponyme de Kid Koala, L’Odyssée de Céleste a fait le choix de présenter une histoire sans paroles sur le temps qui passe et les souvenirs des proches qui restent avec soi, tout en présentant une belle histoire de science-fiction. Le film fut en sélection Contrechamp au dernier Festival international du film d’animation d’Annecy et le sera au prochain Anima de Bruxelles dans la catégorie Longs métrages pour enfants en compétition.

Souvenirs souvenirs… L’Odyssée de Céleste est à la fois une aventure intérieure qu’un périple spatial. Notre jeune cadette de l’espace, avide de poursuivre les études commencées par sa propre mère, est élevée par la première génération de robots gardiens d’enfant, et ce dernier, après son départ, va patiemment atteindre ses limites matérielles pour être présent à son retour.

Pendant ce temps, la jeune astronaute va faire de belles découvertes avant de se retrouver coincée sur une planète à la faune et la flore aussi curieuse que dangereuse. Ce n’est que grâce à sa curiosité scientifique et a ses méthode de déduction qu’elle retrouve le chemin de la Terre, non sans affronter elle-même un déracinement et une solitude qui résonneront pour toutes les personnes ayant quitté leur pays d’origine en quête d’un ailleurs plus exotique ou clément.

Céleste et Robot en pleine séance d’origami au restaurant, l’un des souvenirs impossible à supprimer de ce dernier.

En cela, c’est bien une véritable odyssée que notre protagoniste vit, tandis que Robot découvre sa propre obsolescence via sa mémoire interne limitée, forçant un choix pour lui impossible : comment, comme la société et les spécialistes lui intiment, effacer les souvenirs qu’il s’est forgé avec Céleste ? Aucune option n’étant viable, c’est une forme de dégénérescence proche de la maladie d’Alzheimer qui guette notre gardien, dont la mémoire se dégrade progressivement, jusqu’à le priver de son autonomie.

Drapé dans une animation et un visuel 3D sensible qui touche presque au stop motion, L’Odyssée de Céleste possède un minimalisme doux (signé Lillian Chan et Corinne Merrell) qui permet de se laisser couler dans l’histoire. Cette dernière est en cela aidé par une absence de dialogue qui force l’utilisation du médium, tout doit passer par la mise en scène, la musique et le mélange optimal de ces deux langages. A ce titre, le scénario de Mylène Chollet fait front et ne maquille aucune émotion, tandis que la musique de Kid Koala se fait subtile et évite le piège du film clip qui peut menacer ce type de projet.

Céleste en tenue spatiale ressemble tant à Robot, une jolie touche visuelle qui induit leur lien de parenté.

Tout en étant une méditation sur le souvenir et sa persistance, L’Odyssée de Céleste reste tout de même une histoire de science-fiction au sens propre et explore ses tropes avec un optimisme digne de Star Trek. Face à l’adversité, Céleste ne conquiert et ne dévaste pas : elle apprend, expérimente scientifiquement et trouve une solution comme toute bonne exploratrice.

Il est fort possible que vous quittiez la salle les yeux un peu mouillés après les 86 minutes de film, comme je le fus lors de ma séance au Festival international du film d’animation d’Annecy, car l’émotion des personnages comme des thématiques sont bien présentes et viendront directement vous toucher au cœur. Un faux « petit film » aux grandes ambitions qui atteignent leur but avec brio.

L’Odyssée de Céleste sort en salles le 25 mars 2026 via BAC Films.