Annecy 2026 – Critique – Nobody

Scroll

Adapté de la série Yao – Légendes Chinoises, visible en France sur Viki, Nobody est réalisé par Yu Shui d’après un scénario écrit par ce dernier et Liu Jia. Nouvelle variation de La Pérégrination vers l’Ouest, le film est produit par le Shanghai Animation Film Studio, qui fête ses quatre-vingt ans cette année, et rend également hommage au Roi des singes (sorti en 1961).

La narration de Nobody couvre l’intégrale des aventures de notre quatuor, depuis leur rencontre jusqu’à l’accomplissement de leur destin, finalement bien plus important que ce qu’ils estimaient. A ce titre, le scénario de Yu Shui et Liu Jia fait un excellent pour montrer l’évolution et la vie de nos personnages, depuis les velléités d’arnaques jusqu’à la noblesse du geste final.

Précédant les héros de La Pérégrination vers l’Ouest sur le chemin de leur quête, les personnages se prennent au jeu et découvrent le sens du sacrifice à travers une première bataille avec un Yao mineur aux aptitudes de combat non négligeables, donnant lieu à une séquence brutale mais très bien chorégraphiée mettant en scène notre équipe de bras cassés.

La révélation du passé du personnage du cochon et sa relation avec les autres personnages constitue le cœur émotionnel du film et les clichés fondateurs de chacun finit par évoluer au-delà du mensonge pour leur conférer une vraie dimension héroïque ou chacun apprend notamment une vérité sur lui-même mais aussi sur le lien qui l’unit aux autres.

La réalisation de Nobody élève d’autant plus le fond que le film se révèle d’une beauté assez confondante : les décors et personnages peints à la manière traditionnelle donnent une substance classique au métrage tout en poussant des séquences d’animation parfois époustouflantes dans leur agencement, véritable testament du travail du Shanghai Animation Film Studio, participant à la résurgence du donghua sur cette décennie aux cotés d’autres œuvres comme The Legend of Hei ou The Storm.

On passe donc deux bonnes heures de quête épique par la petite lorgnette, en marge d’un récit maintes fois rebattu et on parvient à en ressortir satisfait et impressionné par un exercice bien plus complexe qu’il n’y parait.