L’un des deux films récents à être en compétition de la sélection Animovie du Stuttgart Trickfilm International Animated Film Festival 2020 en ligne, A costume for Nicolas est la nouvelle production Fotosintesis media, une compagnie de production mexicaine qui avait déjà été remarquée en 2018 à Annecy avec The Angel in the Clock. Miguel Ángel Uriega cède le poste de réalisateur à Eduardo Rivero, directeur de l’animation sur le film précédent, pour raconter l’histoire suivante :

Après la mort de sa mère, Nicolas, un jeune garçon ayant le syndrome de Down, vient habiter chez ses grand-parent et cohabiter avec son cousin David, dont le père est souvent absent. Il découvre que son cousin est hanté par des cauchemars et va faire appel à sa malle contenant les costumes que sa mère lui a cousu à chaque anniversaire ainsi que son infinie imagination pour plonger dans une quête pour sauver son cousin des cauchemars, mais aussi un royaume fantastique au bord du chaos…

Réalisé avec les mêmes moyens que The Angel in the Clock et une expérience accrue grâce à ce précédent long-métrage, Eduardo Rivero nous confie ici un divertissement très honnête en droit lignée avec la politique de Fotosintesis media de mettre en avant des enfants différents : après la jeune fille atteinte du cancer, c’est donc un jeune garçon ayant le syndrome de Down qui est le héros de ce nouveau film, affrontant des problématiques comme tout autre enfant de son âge. Cette ambition de normalité est extrêmement rafraîchissante ne se retrouve entravée que par les quelques circonvolutions du scénario basé sur un livre jeunesse, qui prend la peine de matérialiser certaines métaphores sans que ce soit réellement nécessaire.

Des fioritures que l’on retrouvait déjà dans The Angel in the Clock, mais qui ont ici le bénéfice d’être moins importantes, ce qui prouve que le processus de création du studio est en train de trouver un meilleur équilibre entre fond et forme, surtout lorsqu’on se rend compte des efforts esthétiques menés par Eduardo Rivero, dont l’animation 2D est très propre, très maîtrisée alors même que ce choix est encore minoritaire dans l’industrie de l’animation.

Aussi appréciable, la multiplicité de character designs pour les personnages de l’imaginaire de Nicolas, chacun ayant une identité visuelle propre qui reste harmonieuse avec le reste de la galerie qui fait penser à une nouvelle version du Magicien d’Oz, tout en étant bien meilleure que les tentatives animées récentes. De même, l’intégration entre 2D et 3D est encore plus réussie que dans le long-métrage précédent, la maison insectoïde de l’héroïne en étant une belle preuve.

Du côté des personnages secondaires, le cousin de Nicolas présente une étude de jeune garçon face à une masculinité agressive et tentant de gérer sa colère et son malaise personnel à cause de la honte qu’il ressent face à l’absence prolongée de son père. Si ce dernier fait des mauvais choix, il réapprend à être une personne décente au contact de Nicolas et de sa galerie d’amis de l’autre monde, acceptant ses angoisses et ses peurs par le dialogue, à l’image de ce qui a été fait dans En avant.

A costume for Nicolas est donc un beau petit film qui rappelle des valeurs d’amitié et d’imagination tout en normalisant un protagoniste souvent invisibilisé ou mis dans les marges, voire même réduit à simple objet de pitié. Nicolas marche glorieusement dans les pas de l’héroïne de The Angel in the Clock et prouve avec brio la viabilité du travail de Fotosintesis media, qui aurait mérité un prix pour propulser le film à l’international.

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