Passé par le festival d’Annecy, Olivia, long métrage en stop motion réalisé par Ines Iborra Rizo, est présent dans nos salles depuis le 21 janvier grâce à KMBO :
À 12 ans, Olivia voit son quotidien bouleversé du jour au lendemain. Elle va devoir s’habituer à une nouvelle vie plus modeste et veiller seule sur son petit frère Tim. Mais, heureusement, leur rencontre avec des voisins chaleureux et hauts en couleur va transformer leur monde en un vrai film d’aventure ! Ensemble, ils vont faire de chaque défi un jeu et de chaque journée un moment inoubliable.
Adapté du livre jeunesse La vie est un film de Maite Carranza (publié chez Alice Éditions), Olivia nous propose par le biais de l’imagination fertile de son héroïne un échappatoire du quotidien par des éléments mis en place petit à petit pour y embarquer son petit frère. Ce procédé narratif, que l’on retrouve notamment dans The Fall, est un moyen de mettre en relief la cassure émotionnelle d’Olivia et son envie puissante de faire sortir de sa famille de la précarité.
Cette adaptation met en avant l’importance du tissu social dans la manière dont il se met en place autour d’Olivia et sa famille. Contrairement à la vision idéalisée de Linda veut du poulet ! on assiste à des interactions plus réalistes et concrètes avec, entre autres, la présence des services sociaux et la constitution progressive d’une solidarité de voisinage.

Même si on retrouve certains tropes du film social, on découvre avec plaisir le personnage de Vanessa qui, grâce à sa vivacité créatrice, aide Olivia à s’intégrer à la bande du quartier. La jeune fille pratique un rap avec un flow remarquable. Ayant vu le film en version originale à Annecy, je ne pourrais pas vous confirmer si l’adaptation française est réussie sur cet aspect précis.
Ce personnage s’inscrit dans la volonté de montrer que la lutte pour son espace et ses droits concerne tout le monde. Il est intéressant de noter que l’on voit concrètement les voix des différents personnages s’élever pour défendre la vie de leur quartier.

Cette coproduction franco-espagnole propose une stop motion de qualité, largement au niveau des grandes productions européennes. On souligne l’ambition de reconstituer la spatialisation d’un quartier populaire et la vie de ses habitants. La caractérisation des personnages est remarquable dans sa fluidité et l’évolution de la narration. Chaque endroit semble plein de vie ce qui rend tangible la révolte des habitant du quartier.
Olivia nous propose une vision honnête et solide d’un complexe parcours de vie, tant pour les parents que pour les enfants. Les vacances d’hiver arrivant très vite, je vous recommande d’aller découvrir ce long métrage en stop motion de qualité.