C’est toujours surprenant de découvrir le versant jeunesse d’une autrice à succès ayant percé dans le roman noir, et ce fut notre cas avec cette adaptation des livres pour enfants Super Charlie, signés Camilla Läckberg, et sortie ce mercredi 18 février !
Will âgé de 10 ans, a toujours rêvé de devenir un super-héros et de lutter contre le crime aux côtés de son père, policier. Mais, son rêve est brutalement remis en cause à la naissance de son petit frère Charlie. Non seulement ce nourrisson attire toute l’attention de la famille et au-delà, mais Will découvre que Charlie a des super-pouvoirs … Lorsqu’un super-vilain et un scientifique dérangé mettent en œuvre un plan diabolique, Charlie, coaché par son grand frère, va alors endosser le costume de super-héros pour sauver le monde !… Y parviendront-ils ?
Super Charlie, c’est tout d’abord une histoire de famille, de jalousie entre frères et de mauvais choix qui découlent de cette dynamique. Will est l’ancre du public mais fait preuve de malice envers le petit Charlie, trop secoué à l’idée d’être un acolyte et non plus le héros de sa propre histoire. Une ironie bienvenue puisque notre ex-petit dernier fait preuve d’un bon sens de déduction pour dénicher les méchants et leurs plans secrets, là où Charlie, en plus d’être un nouveau-né, est le muscle par excellence et se taille la part du lion dans les quelques scènes d’actions.
Ces dernières ont le mérite d’être créatives, Charlie mettant une déculottée à des criminels endurcis qui sont, chose rare, armés de vraies mitraillettes et pistolets, les pays nordiques n’ont pas la frilosité des USA quant à la représentation de ce type de violence. Toutefois, les vrais antagonistes que sont Inferio (dont l’identité est habilement tenue secrète) et son homme de main principal, un scientifique jaloux de ses pouvoirs depuis l’enfance, miroir d’un futur possible pour Will s’il continue dans ses mauvaises tendances.

Mis en images par Jon Homberg et Karsten Killerich, Super Charlie est un poids lourd pour un film d’animation coproduit entre le Danemark, la Suède et la Norvège. Armé d’un budget de plus de trois millions d’euros, le film s’inscrit dans un tendance esthétique proche de ce que Pixar a produit pour Les Indestructibles avec des personnages cartoon tout en rondeur et des textures plus élaborées pour leurs vêtements, tout en faisant preuve de diversité corporelle. La maman (caricature de l’autrice Camilla Läckberg) et le papa font leur âge et ont des proportions en conséquences.
La lumière qui baigne le film, décors comme personnages, est l’un de ses points forts : les différentes phases de la journée servent à la mise en scène des différentes séquences, parmi lesquelles la découverte des trafiquants dans un hangar, ou encore d’autres scènes que je ne spoilerai pas vers la fin où le côté doré irradiant des intérieurs fait merveille.
Au final, Super Charlie reste un joli film charmant, et ses personnages dépassent le concept même du métrage de super héros, en abordant le concept latéralement et en faisant de la relation entre Will et Charlie le vrai nœud émotionnel. On pourra trouver les péripéties dérivatives et un peu clichées, mais celles-ci ne sont qu’un moyen d’approfondir leurs liens familiaux et rappeler sa qualité tout public, là où Mon Ninja et moi était plus agressif et juvénile.