Critique – Raison, déraison


Dernier court-métrage issu de Disney Animation, Raison, déraison (ou Inner Workings en version originale) s’est enfin montré lors de la matinée consacrée à Disney lors du Festival d’Annecy.

L’histoire du combat intérieur que se livrent chez un homme le Cerveau, protecteur pragmatique qui calcule le moindre mouvement, et le Coeur, aventurier qui rêve d’une liberté sans limite.

raison deraison

Le producteur Sean Lurie et le réalisateur Leo Matsuda sont arrivés sur la scène de la grande salle de Bonlieu, enthousiaste à l’annonce des futurs projets Disney Animation. Dans la lignée de l’histoire personnelle de Sanjay et sa Super Équipe, Leo Matsuda a confié s’être inspiré de son métissage pour créer Raison, déraison : “je suis un japonais brésilien donc je suis très discipliné, mais j’aime aussi faire la fête”. Il a ensuite lancé quelques mots en portugais ce qui a enflammé le public brésilien présent dans la salle.

Puis, nous avons découvert l’histoire de Paul, un employé administratif modèle, à la vie sans vagues. Seulement voilà, son Cerveau et son Coeur ont deux visions différentes de la vie pour Paul. Le premier est angoissé et ne pense qu’à la mort prochaine tandis que le second rêve d’aventures sportives et culinaires à la plage.

Ce court-métrage aborde le partage de l’être humain entre raison et sentiments au travers de la corporalité intérieure. Le “Cerveau” s’incarne dans un personnage anguleux, taciturne et violet, en opposition le “Cœur” fait valoir sa voix dans une forme ronde, rouge, rebondissante et joyeuse. Les deux communiquent par le biais d’ondes pour le Cerveau et d’organes pour le Cœur.

raison deraison

La musique, composée Ludwig Göransson (Creed), joue un rôle important dans la représentation de l’évolution psychologique de Paul. On passe d’une rythmique synthétique et régulière à des morceaux plus samba donnant envie de bouger son “bum bum” sur les sièges de Bonlieu. Cette rythmique particulière est associée à de réjouissantes ponctuations visuelles d’humour noir où l’on trouve pèle-mêle des vieux briscards et la Mort en personne, symboles d’une tonalité latine appréciable.

Après ce moment agréable, Sean Lurie et Leo Matsuda sont revenus sur scène afin d’évoquer les inspirations du court-métrage, on y retrouve Jacques Tati pour la caricature positive des personnages et Wes Anderson pour l’ambiance colorée et musicale. Le réalisateur a tenu à souligner le travail de l’artiste Ami Thompson sur le chara-design composé de deux univers : carré et terne pour le monde du travail, rond et lumineux pour la plage.

Pour les organes, les équipes se sont inspirées des Muppets pour la texture veloutée du Cerveau et le côté rebondissant du Cœur. Raison, déraison est une très bonne surprise jouant sur une esthétique typée et positive tout en abordant l’aspect émotionnel sous un angle original. Ces dernières années, les courts-métrages Disney Animation mettent en valeur le point de vue de jeunes artistes sur le monde et pour celui-ci, je vous invite à suivre de près Leo Matsuda.

Mon seul bémol : j’aurais aimé revoir Raison, déraison une seconde fois à la fin de cette séance spéciale.



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