Critique – Stand by me Doraemon


Si notre génération a été biberonnée à Dragon Ball, les japonais ont d’autres références bien plus anciennes. Bien que l’on peut légitimement être étonné par le retour de Osomatsu-San, Doraemon, qui n’a jamais lâché la barre, opère une incursion vers la 3D après le rythme effrayant d’un film en animation traditionnelle par an depuis 1980, allant du meilleur au moins bon. Alors, cette cuvée en 3D ?

Nobita Nobi, un garçon japonais de 10 ans, est un enfant assez feignant, très maladroit et surtout extrêmement malchanceux, il accumule les mauvais résultats scolaires aussi bien dans les matières principales qu’en éducation physique et entretien des relations fragiles avec ses amis… Cependant, une nuit, Doraemon, un mystérieux robot en forme de chat bleu débarque dans sa chambre…

Avec une existence considérée comme canonique à l’échelle du monde du divertissement, ce n’était qu’une question de temps avant que l’un des chats nippons les plus connus finisse par sauter le pas de l’animation en images de synthèse. Du coup, avant la séance, la question me taraudait : qu’allait donc valoir cette première incursion dans la 3D pour ce personnage septuagénaire et véritable icône culturelle japonaise ?

Pour vous le dire le plus directement possible : le film était très bien. Et ce n’était pas une mince affaire, entre le character design à respecter et à traduire de manière satisfaisante. Malgré le défi que constitue le passage à une certaine stylisation photoréaliste, notre chat robot du futur s’en sort avec les honneurs.

Et il a du boulot notre Doraemon, puisqu’il doit dans cette reprise de certains segments du manga compilés les uns avec les autres, aider le très incapable Nobita à trouver le bonheur pour lui assurer un meilleur futur. Une tâche que lui assigne son arrière-petit-fils qui disparaît aussi sec dans le tiroir du bureau du jeune garçon.

Les péripéties sont donc un genre de digest/best of des aventures du chat bleu qui, si elles perdent en intérêt pour le connaisseur, aura tout pour ravir les profanes. ce mélange peut ainsi parfaitement remplir son rôle de nouveau point d’entrée pour les nouvelles générations tout comme le fait de redonner une bonne cuillerée de sucre aux fans les plus nostalgiques.

Étant moi-même profane et m’étant éduqué en préparation de la séance, j’ai trouvé ce nouveau long-métrage très sympathique et clairement efficace pour son budget réduit. Un budget qui met d’ailleurs à l’amende un grand nombre de concurrents du monde entier incapables de produire aussi beau et bien mis en scène sans au moins sept fois le même montant (oui DreamWorks Animation, c’est bien toi que je regarde) !

On pourra tout de même reprocher à ce nouveau film d’être handicapé par le poids de son passé, d’être conditionné par lui et de ne pas proposer de réelle nouveauté à part ce très joli habillage. Tout cela n’enlève rien à ce nouveau point d’entrée dans une franchise qui n’a pas encore été très loin en France, si ce n’est la nouvelle série animée commencée en 2005 qui a eu un peu de succès.

Ce qui me reste de Stand by me Doraemon, c’est qu’avec des moyens bien moindres que ceux auxquels nous sommes habitués, les équipes japonaises en remontrent artistiquement à bon nombre de productions occidentales sur un terrain qui est leur chasse gardée. Et le succès rencontré par cette nouvelle itération à l’international, dont la Chine, montre que les retours sont là pour le grand public.

On peut se poser la question du risque zéro avec un tel personnage, mais le passage à la 3D constituait une prise de risque certainement suffisante pour contourner l’innovation narrative pour ce premier essai, qui pose tranquillement des bases, même si la question se pose : reverra-t-on Doraemon en 3D sur les écrans ? Libéré du poids de son histoire et de la mythologie du manga d’origine, la chose peut se révéler intéressante.



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