Alors que Stand by Me Doraemon est dans les salles du Festival International de film d’animation d’Annecy, nous avons pu interviewer l’un des producteurs de ce nouveau film, qui revient sur le succès et l’endurance de ce chat-robot né dans les pages du manga éponyme de Fujiko Fujio en 1969.

C’est la première itération de Doraemon en 3D. Quels ont été, pour la production, les enjeux au niveau culturel dans le fait de sauter le pas en 3D ?

Michihiko Umezawa : C’est le moyen d’expression qui diffère mais entre 2D et 3D, pour moi ça importe peu, parce que l’histoire même et les personnages ne changent pas. C’est juste différent visuellement, on peut dire ça. Pour la 3D, le nombre d’informations et de données traitées est forcément plus important,donc ça demande plus de moyens. Les petits détails ne sont pas à négliger, ils ont tout autant leur importance, mais au fond, sur le principe, je considère que c’est la même chose.

La raison pour laquelle nous avons opté pour la 3D est que depuis 35 ans, on a fait 35 films en animation traditionnelle et on s’est dit que la première génération d’enfants qui le regardaient a cette époque ont désormais la quarantaine. Ce sont des gens qui sont sorti du monde de l’animation à l’âge adulte et nous souhaitions qu’ils soient ramenés à leur enfance avec la nostalgie de revoir Doraemon, qui est leur héros. Nous nous sommes dit que c’était plus facile d’avoir une esthétique 3D pour ramener ce public d’adultes vers lui, c’était notre motivation.

Justement, cette approche 3D, était-ce peut-être aussi plus une possibilité d’ouverture à l’international ?

En fait, c’est un résultat de ce choix, mais nous n’avions pas spécialement visé l’international lorsque nous avons décidé d’une conception en 3D. Nous avons tout d’abord souhaité le public adulte national qui vient retrouver son enfance et les personnages comme des amis.

Par rapport aux personnages qui ont connu deux ou trois générations de spectateurs, il y a-t-il eu une difficulté à créer une histoire pour ce nouveau film ? Je sais que l’histoire est composée de plusieurs arcs très connus de Doraemon. Du coup, comment s’est passé ce moment de la conception pour en faire un long-métrage ?

Quand nous avons décidé de viser les adultes d’âge mûr, nous avons choisi un épisode qui est celui de la veille du mariage de Nobita. C’est une histoire d’amour qui correspondait à un certain état d’âme. Puis vous savez les gens n’ont pas regardé tous les épisodes non plus. Ils ne se souviennent pas de tout, donc il fallait qu’on réinstaure l’origine du personnage de Doraemon, d’où il vient et quand il repart.

En fait, c’était ça le principal axe de l’histoire, ensuite nous avons recomposé avec ces morceaux choisis. L’histoire d’amour était bien sûr la plus facile à aborder pour les adultes mais dans l’ensemble, c’est le côté “Stand by Me” évoqué dans le titre qui prime. On aimerait que le personnage soit à nos côtés et c’est l’amitié entre Nobita et Doraemon qui reste la fondation principale du film.

Parlons du succès du film, qui a eu une excellente réception en Europe. Il a fait de très gros chiffres en ,Italie. Il a exceptionnellement bien marché en Chine, c’est le premier film japonais à sortir dans ce pays  depuis longtemps. Comment cela s’est passé de votre côté ?

Au sujet du marché chinois, il y a aussi une partie de politique, donc c’est plus délicat. Mis à part ce côté-là, nous avons diffusé la série télévisée en Chine pour la première fois en 2002, pendant 13 ans, ce qui fait que les jeunes sont eux aussi devenus adultes. Justement, le distributeur avec qui nous travaillons misait là-dessus et ils ont pensé, à juste titre, qu’il y aurait une forme de nostalgie qui entrerait en jeu et ça a fonctionné !

J’ai regardé le budget du film sur IMDb. Il est renseigné à 35 millions de dollars américains estimés, et le rendu est très beau…

Non, non, nous n’avons pas dépensé autant…

Peut-être le budget comprend-il la promotion ?

Non, non, même malgré ça, c’est moitié moins. On est à la moitié de ça.

C’est d’autant plus impressionnant.

Nous avons travaillé avec un budget limité, nous n’avions pas prévu un tel succès.

Le film a de très belles séquences, notamment les scènes de vol. J’ai vu que vous aviez travaillé avec le studio Robot, qui a eu un Oscar…

La personne qui a reçu un Oscar ne faisait pas partie de l’équipe. En fait le vrai co-producteur de ce film c’est Shirogumi et le mérite revient plus aux réalisateurs que sont messieurs Yamazaki et Yagi (les co-réalisateurs et scénaristes du film, ndr).

En fait, c’était pour savoir comment ils se sont rapprochés, pour bénéficier de cet appui, cette connaissance acquise sur le terrain de la 3D.

En fait, on avait décidé de travailler avec Shirogumi, et donc Takashi Yamazaki et Ryûichi Yagi parce qu’auparavant, ils avaient travaillés en collaboration sur Friends: Mononoke Shima no Naki et le résultat était d’une excellente qualité. Naturellement, je me dis que si je devais faire Doraemon en 3D, ce serait avec eux.

Ce qui est un excellent choix.

Friends: Mononoke Shima no Naki n’était pas du tout considéré comme un essai, mais cela nous a permis d’avoir une preuve de leurs qualités et de pouvoir continuer la collaboration plus avant. Le long succès de Doraemon en animation traditionnelle ne nous permettait pas de subir un échec en 3D, donc il nous fallait trouver un partenaire qui soit crédible. Voilà, c’était notre condition prioritaire pour le concevoir

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