On ne l’attendait pas, on ne le voulait pas spécialement non plus, mais le voilà tout de même : Toy Story 4 est arrivé, prêt à serrer au lasso les fans de la saga comme la nouvelle génération. Pari réussi pour Pixar qui offre un film convaincant, entre hommage nostalgique aux deux premiers opus et soft reboot aux accents féministes. Toy Story 4 ne sera donc pas le film de trop, mais il ne m’a pas autant transportée que les trois précédents…

Woody a toujours privilégié la joie et le bien-être de ses jeunes propriétaires – Andy puis Bonnie – et de ses compagnons, n’hésitant pas à prendre tous les risques pour eux, aussi inconsidérés soient-ils. L’arrivée de Fourchette, un nouveau jouet qui ne veut pas en être un, dans la chambre de Bonnie met toute la petite bande en émoi. C’est le début d’une grande aventure et d’un extraordinaire voyage pour Woody et ses amis. Le cowboy va découvrir à quel point le monde peut être vaste pour un jouet…

Shérif « Je suis ton ami » Woody

Le film démarre avec un flashback à l’époque ou Andy et sa petite sœur étaient encore enfants. Woody et la bergère organisent une mission de sauvetage, écho de celles menées par la fine équipe dans leurs précédentes aventures. Le tout avec l’air familier de « Je suis ton ami », histoire de bien faire vibrer notre corde nostalgique. Embarquement immédiat du public. La tête et le cœur à la fin des années 90, j’ai tout de même noté la qualité de l’animation, les textures des jouets et le réalisme de la pluie. Canon.

Retour au présent, quelques temps après la fin du troisième opus, et changement de rythme. Première surprise : on est bien loin de la bonne ambiance des différents court-métrages Toy Story sortis depuis. Ici, Woody est un jouet en pleine dépression ! Bonnie ne joue pas avec lui, et il n’est plus le seul shérif en ville puisque c’est une poupée de chiffons qui est maintenant à la tête des jouets. Délaissé, effrayé, il se met en tête de protéger à tout prix le bonhomme-fourchette fabriqué par Bonnie à la maternelle et dont elle s’est entichée.

Les jouets ont-ils une conscience ?

Ce dernier, persuadé d’être un déchet plutôt qu’un jouet, ne cesse d’essayer de rejoindre une poubelle. Un running gag extrêmement drôle mais trop utilisé en l’espace de quelques minutes, et accompagné d’une chanson particulièrement flippante. Les enfants riaient de plus belle, je soupirais bruyamment. Cela introduit pourtant les grandes questions du film : qu’est-ce qui fait d’un jouet un jouet ? Comment naissent-ils ? Ont-ils une conscience ? Un jouet avec qui personne ne joue est-il encore un jouet ? …

Ces questions se posent donc avec Fourchette, que Woody prend sous son aile et à qui il apprend le rôle d’un jouet : être là pour son enfant quand il a le plus besoin d’eux. Mais aussi avec la bergère, Bo, fière d’être un jouet libre et sans enfant. Avec Gabby Gabby, une poupée cassée, maîtresse mafieuse d’un magasin d’occasion, qui rêve d’avoir une petite fille à rendre heureuse. Et avec Woody, qui ne s’intègre pas dans l’univers de sa nouvelle propriétaire et boucle sur Andy, dont il était le jouet préféré, parce qu’il ne se sent plus utile.

Je culpabilisais déjà bien assez après les trois premiers mais là… Est-ce que mes Schtroumpfs Schleich, rangés dans la cave de ma môman, font la fête en permanence en fumant de la salsepareille, ou sont-ils déprimés en attendant qu’un enfant joue à nouveau avec eux ? Faut-il les libérer ? Ouvrir, ouvrir la cage aux oiseaux ? Je me demande si les enfants dans la salle se sont posé les mêmes questions existentielles. Sont-ils rentrés chez eux pour rassembler tous leurs jouets et s’amuser avec eux ?

Bergère ninja warrior

Toy Story 4 leur aura sûrement donné des tonnes d’idées. Tour à tour film d’aventure, d’horreur, comédie ou drame, Toy Story 4 touche un peu à tout sans se mouiller. Dommage, j’avais eu un coup de cœur pour Toy Story of Terror. De la même façon, le film met en avant le duo Woody / bergère, assistés d’une ribambelle de nouveaux personnages, mais sans oser tout à fait mettre de côté l’ancienne bande. Buzz, redevenu un sidekick sans cervelle seulement bon à faire rire, est utilisé comme un fragile lien entre les « nouveaux » et les anciens.

C’était particulièrement frustrant pour moi, très attachée au gang et tout particulièrement à Jessie, de les voir sous-employés. Mais j’ai apprécié la nouvelle personnalité de Bo Peep : la douce bergère se révèle avoir un sacré caractère, une indépendance hors normes et un amour des sensations fortes. Il n’y a d’ailleurs que Woody pour s’étonner de la force de caractère et de la débrouillardise de celle qu’il voyait encore nimbée de rose. J’entends déjà Internet crier au film féministe, au personnage créé pour le vendre après #MeToo pour les pessimistes ou à la dernière avancée en matière d’image féminine pour les optimistes. Tous ont oublié ma précieuse Jessie, cow-girl à la personnalité complexe introduite depuis 1995…

Vers l’infini et au-delà

Les enfants vont grandement s’enjailler et les grands risquent d’avoir des cas de cornée humide. J’avoue avoir moi-même versé une petite larme à la fin, les américains savent y faire. Pour autant, je n’ai pas retrouvé la puissance émotionnelle des précédents, et ça m’a manqué. Difficile de rivaliser avec la scène de la course poursuite en voiture dans Toy Story 1, des souvenirs de Jessie dans Toy Story 2 ou  de l’incinérateur dans Toy Story 3. C’est clairement le pouvoir nostalgique de la saga et l’utilisation sadique d’un « Vers l’infini et au-delà » qui aura eu raison de mes glandes lacrymales.

Toy Story 4 a tout de même réussi à se renouveler, à aborder une nouvelle façon de vivre sa vie de jouet en étant libre, un jouet affranchi. D’ailleurs, pour ne rien manquer du film ne quittez pas trop vite la salle, le générique réserve quelques surprises !

 

L’avis de Camille

Toy Story 4 réussit à proposer une suite intelligente aux aventures de Woody, Buzz et tous leurs amis jouets, là où on aurait pu craindre l’histoire de trop. Si l’action s’axe principalement autour de Fourchette et peut donner l’impression de tourner en rond, le scénario ne manque pas de soulever des thématiques toujours pertinentes concernant la vie des jouets et leur devenir. On regrette que d’autres personnages importants ne soient pas plus développés mais le cheminement personnel de Woody reste malgré tout un arc narratif satisfaisant et bien géré. Bo Peep envoie du lourd et séduit inévitablement, on en voudrait presque plus !
En bref, ce nouvel opus a des qualités certaines et vient enrichir de manière plaisante les trois précédents films.

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