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A deux jours de la sortie de Monstres Academy revient sur le tapis, comme à chaque suite ou préquelle, ce défi de la part des équipes en charge des personnages et de l’animation de rendre quelque chose de cohérent face à un matériaux original. Si les poils de Sulli continuent à donner des cheveux blancs au gars de Pixar, ils ont néanmoins pu se concentrer sur d’autres détails bien plus complexes, comme le nombre grandissant de personnages, tout en essayant de garder l’une des règles primordiales du dessin en animation : la simplicité.

Et c’est bien ce qui reste le plus complexe à préserver sur ce type de production, comme l’explique Jamaal Bradley, en plein travail en Inde chez DreamWorks Animation sur le long-métrage des Pingouins de Madagascar, dont les héros sont passés entre de nombreuses mains :

“Le premier test d’animation que j’ai présenté au réalisateur fut un succès mais j’ai dû après ça disséquer ma démarche pour arriver à un tel résultat. Je résiste désormais à la tentation d’ajouter des gestes supplémentaires dans des endroits immobiles où on pourrait… y ajouter un peu de vie… Une fois ces petits éléments ajoutés à ce type d’animation, ça devient autre chose. L’aspect cartoon s’envole.

“Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est une vraie bataille, mais que l’on peut voir de la lumière au bout du tunnel. La chose la plus difficile concernant l’animation des Pingouins de Madagascar est la suivante : On pourrait vous dire “… contentes-toi de faire ce qu’ils ont fait dans les films, les courts et la série…”. Ce qui est piégeur car si vous comparez tout ce qui a été fait avec ces personnages, il y a une nette différence entre ce qui a été fait en termes d’animation.”

“Revoir tous les films et les courts dans lesquels les personnages sont apparus fut vraiment une source d’inspiration. On retrouve une continuité et des thématiques dans la trilogie de films et c’est que je suis en train de faire avec mon équipe ces derniers mois ; rechercher et respecter les caractéristiques qui permettent de les identifier comme les vrais Pingouins.”

“Cette beauté, à propos de l’animation, qui veut qu’elle ne soit pas compliquée, est que si vous regardez des films comme Tempête de Boulettes Géantes et Hôtel Transylvanie. Je devine que c’est la complexité induite par cette apparente simplicité… et la magie est que… ça semble basique…, alors que c’est un véritable défi. Le pouvoir de faire des poses claires, des ruptures marrantes et de bizarres intervalles appartient au cœur de l’animation avec laquelle j’ai grandi, comme les Looney Tunes… donc c’est plutôt cool de faire ce que l’on est en train de faire.”

Ce défi de garder l’animation comme quelque chose de continuellement identifiable, avec ce retour aux sources que l’on peut constater depuis quelques années depuis Tempêtes, et à mettre en relation avec la manière dont l’industrie tourne le dos à l’animation traditionnelle, car tout ce qui a été dit ici est que malgré les puissances de calculs, malgré les milliards de détails qui peuvent être envahissant et finir par desservir l’idée de départ, il faut revenir à la forme.

Quand vous verrez Monstres Academy cette semaine, ou plus tard dans l’été. Pensez à la simplicité. Pensez aux détails. N’avez-vous pas un peu l’impression qu’un grand nombre de ces personnages font penser à des Muppets, et non plus à de l’animation ?

Étrange, non ?

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