Critique – Shrek 4 : Le chant de l’ogre ?


Salut à tous ! En attendant la troisième partie des Disney impopulaires, je vous sers une petite critique du dernier Shrek ! Avec la sortie de Shrek 4 et Toy Story 3, c’est une page de l’animation numérique qui se referme pour le spectateur, avec nostalgie pour le studio Pixar, mais avec bien plus de soulagement pour la première mascotte 3D de chez Dreamworks.

Après avoir vaincu un méchant dragon, sauvé une belle princesse et le royaume de ses parents, que peut encore faire un ogre malodorant et mal léché ? Domestiqué, assagi, Shrek a perdu jusqu’à l’envie de rugir et regrette le bon vieux temps où il semait la terreur dans le royaume. Aujourd’hui, tel une idole déchue, il se contente de signer des autographes à tour de bras. Trop triste.

Revenons à 2004 : Shrek 2 sortait dans les salles avec le succès que l’on sait, entraînant des annonces tonitruantes telles que quatre autres métrages à venir, dont un spécialement dédié au Chat Potté ! L’euphorie battait son plein, et c’était avant de connaître les chiffres peu encourageant des ventes en DVD et surtout, surtout la sortie du catastrophique Shrek le Troisième, dont l’échec critique et public a signé un raccourcissement drastique du CDD de l’ogre vert sur nos écrans. Alors qu’en est-il de ce dernier chapitre ?

Shrek 4 Il était une fin est donc le chant du signe d’une franchise dont le potentiel n’aurait pas du excéder les deux premiers épisodes, et dont la nullité narrative du troisième aurait pu réduire à néant ce nouvel opus qui arrive pourtant à relever un peu la tête pour terminer sur une note plus positive avec des personnage que l’on aura côtoyé durant presque une décennie.

Avec cette nouvelle histoire est tout d’abord introduit notre nouveau méchant, le nain tracassin, sorcier adepte des contrats truqués, dont la chance de sa vie avait filé entre ses doigts le jour ou Shrek sauva Fiona, empêchant les parents de celle-ci de signer un pacte qui aurait fait de lui le maître de Fort Fort Lointain. Mais cela ne va pas l’empêcher, quelques années plus tard, de proposer à un Shrek en pleine crise existentielle une autre offre, plus sournoise qu’elle ne parait…

Shrek 4 revient donc au fondamentaux en balayant une partie de l’univers mis en place dans l’épisode précédent et resserre son casting. Exit le Prince Artie et Merlin avant de finir le ménage avec le reboot provoqué par l’astuce contenue dans le contrat de Tracassin : et si Shrek n’avait pas existé ? Notre ogre, privé de l’amour de tous, de sa famille, découvre du coup un monde dévasté où il est certes haï comme au premier jour mais où Tracassin contrôle tout, et où il ne lui reste qu’une journée pour tenter de régler les choses, faute de quoi notre ogre disparaîtra définitivement, vu qu’il n’est pas né !

Le casting s’en trouve resserré pour tenir dans l’heure et demie et consacre des expositions rapides à l’entourage de l’ogre : Fiona est devenue une barbaresse modèle, meneuse d’une rébellion d’ogres, l’âne est encore plus cinglé, le chat Potté est obèse, etc. et il est triste de voir à quel point Shrek est malmené par l’histoire. Si les trois premiers épisodes parodiaient la forme de la quête pour faire voyager notre héros, il n’est ici qu’une pleureuse en recherche d’amour et seul deux morceaux d’action rappellent au spectateur que l’on est en face de l’ogre que l’on connaissait.

Film sur la crise existentielle que chacun peut traverser, Shrek 4 arrive à évacuer une majorité de mauvais éléments du 3 tout en conciliant ce qui est gardé avec le premier épisode, bien que le film se termine comme d’habitude sur une morale bien plan-plan comme Dreamworks sait le faire, suivie heureusement par un générique qui compile les meilleurs vignettes de la saga, nous signifiant bien que tout est terminé…jusqu’au film du Chat Potté, bien sûr !

En termes techniques, Shrek 4 étale une image de synthèse léchée, plus belle que dans le film précédent, et une réalisation plus dynamique qui est certainement due à la possibilité de voir le métrage en relief (ce qui n’a pas été mon cas). Il faut également être client du character design semi anthropomorphe de chez Dreamworks, qui n’a guère évolué depuis le premier film, sinon en détail de texture.

Certains décors sont magnifiques, comme l’antre de Tracassin ou la cache des ogres, et les nouveaux personnages se coulent bien dans l’univers, que ce soit les nouveaux ogres ou les sorcières. Il est d’ailleurs agréable de voir enfin celles-ci se tailler une part de choix dans les morceaux d’actions du film, accompagnées d’un personnage dont je tairais l’origine mais qui a le bon goût d’être muet (référence au bourreau du premier film ?).

Alors, cela vaut-il le coup de voir ce dernier Shrek sur les écrans ? Cela dépendra de votre amour pour la franchise. Pour ceux qui ont aimé les deux premiers, il constitue un adieu plus que valable mais pour les autres, je leur dirais de passer leur chemin, surtout si ils ont eu le malheur de poser leurs yeux sur l’épouvantable troisième opus…

 



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