Voici venir mon dernier article pour la dernière édition du Cartoon Movie, il s’agit du non moins hypé Buñuel après l’âge d’or, réalisé par Salvatore Simo et co-produit par The Glow Animation Studio et Submarine. Une grosse attente avec des airs surréalistes, messieurs, dames !

1930, Paris, le film « L’âge d’or » est un scandale et Luis Buñuel, qui pensait qu’il était destiné à la célébrité dans le milieu des surréalistes, et il ne lui reste plus rien. Il se voit offrir un documentaire sur une des régions les plus pauvres de l’Espagne, Las Hurdes, mais n’a pas d’argent pour assurer le tournage. Son ami, le sculpteur Ramón Acín, achète un ticket de loterie avec la promesse que s’il gagne il payera pour le film. Il gagne et honore sa promesse. La rudesse de Las Hurdes et l’extrême misère de son peuple affectent profondément Buñuel. La réalité, ses souvenirs d’enfance, Salvador Dalí et des rêves se mélangent dans son esprit mettant en danger le film et son amitié avec Ramón. Basé sur l’histoire vraie du tournage de « Terre sans pain » de Luis Buñuel.

Extrait de la bande-dessinée de Fermín Solís où la cinématographie est déjà présente dans les jeux d’ombres.

Ce projet en production est l’adaptation de la bande-dessinée Buñuel et le le labyrinthe des tortues de Fermín Solís, publiée chez nous aux Éditions Rackham, qui fournissent un très gros travail de visibilité des artistes espagnols en France. Le travail de direction artistique est assuré par José Luis Agreda qui apporte au style en noir et blanc abrupt de Solís des couleurs plus vibrantes. L’approche graphique d’Agreda sur ce projet peut se rapprocher des illustrations qu’il a fait pour le sujet The Rich Boy sur F. Scott Fitzgerald, publié par Editorial Metropolisiana en Espagne, et plus propre que le style du bédéaste, un plus pour adapter le graphisme en animation.

L’aura de Luis Buñuel est surtout portée par ses créations surréalistes comme Un chien andalou ou L’âge d’or et son apport aux débats lancés par les surréalistes français, notamment André Breton. Le producteur Manuel Cristobal se positionne par rapport à la place du créateur dans la narration :

 » Nous avons voulu montrer Luis avant qu’il ne devienne le grand Buñuel. Nous souhaitons que le public le découvre en tant que personne durant le tournage de Terre sans pain. »

L’écriture du scénario a été confiée à Eligio Montero qui a révélé à Variety à propos du réalisateur surréaliste :  » Une des choses les plus surprenantes à propos de  Buñuel est que c’était un gars très drôle : un film à son propos doit être fun et divertissant, car il croquait la vie à pleines dents. » L’amitié entre Ramón et Luis sera aussi un point de narration très fort car elle est le moteur de la concrétisation du documentaire Terre sans pain.

Cette approche de la narration permet à la fois de mêler des inspirations surréalistes « Daliennes », une amitié forte et un tournage confronté à la précarité qui touche Las Hurdes. Il sera intéressant de voir comment ces différentes arches narratives seront gérées dans le futur long-métrage afin que le spectateur suive le fil de cet esprit créatif.

Avec l’ambition d’une expérience totale autour du film, Buñuel après l’âge d’or sera accompagné d’un livre art  of, d’une session VR et d’une exposition. Eurozoom assurera la distribution française du film mais les producteurs recherchent toujours des distributeurs à l’international, tandis que la prochaine pour le film sera un Work in Progress lors de la l’édition 2018 du Festival international du film d’animation d’Annecy.

Buñuel après l’âge d’or – Teaser Trailer

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *