Deuxième année pour les Work in Progress TV, avec un projet initié par Normaal Animation, la société française qui avait réussi deux gros coups ces dernières années en adaptant deux signatures de la bande-dessinée en animation : le Gaston de Franquin mais aussi Les Peanuts de Schulz, au grand dam de studios américains concurrents, prêt à tout pour récupérer cette licence très populaire. Normaal, qui n’a de normal que le nom, revient ici nous présenter via son producteur Alexis Lavillat et son réalisateur Emmanuel Linderer une autre adaptation : Ella, Oscar & Hoo, à l’origine une série de livres jeunesse qui voit collaborer Théo de Marcousin avec un certain… Michaël Dudok de Wit ! 

Un enfant rencontre un nuage… et l’amitié s’ouvre à la poésie ! Oscar, le petit garçon, et Hoo, son ami nuage, partent ensemble à la découverte du monde. Accompagnés de leur petite voisine Ella, ils explorent les joies et les petites tempêtes de l’âme sans jamais perdre le cap de leur amitié.

A l’origine d’Ella, Oscar & Hoo

« Au départ, il y a un amour pour le trait de Michaël Dudok de Wit. Ce coup de foudre remonte à 1994 et son court-métrage Le Moine et le Poisson » raconte Théo de Marcousin, alias Christophe Erbes, habituellement dans le rôle du modérateur et non celui du porteur de projet. Le plan de Erbes/De Marcousin fut de courtiser l’artiste pour lui proposer d’illustrer une histoire qu’il avait en tête. Mais Michaël est quelqu’un de buté, et il a tout d’abord dû convaincre sa femme, puis sa fille et sous la pression de tout ce petit monde, il a consenti à faire un dessin en  déclarant : « Si tu trouves un éditeur avec ce dessin, nous ferons ce livre. »

Basé sur l’idée de l’auteur, le dessin fait abstraction du concept de base, à savoir la rencontre entre un enfant, Oscar, et Hoo, un nuage qui a perdu de vue sa famille. Ella, le personnage féminin, arrivera plus tard pour compléter le panorama des personnages et agrandir la cible de public.

La quête de Christophe/Théo fut longue et difficile, aucun éditeur ne voulant au départ avancer des billes dans un projet dont l’artiste n’est pas très connu malgré un césar du court-métrage et une nomination aux Oscar. Mais finalement, avec une aura de plus en plus grande autour de Dudok de Wit, l’éditeur Gautier-languereau s’engage et l’artiste tient parole : le premier livre est publié en 2002, intitulé Oscar et Hoo : La Tête dans les nuages. Deux autres volumes ont suivi, et c’est désormais une série télévisée qui nous est dévoilée, avec Normaal animations aux commandes.

Une animation passée au Blender

Entre Normaal Animation sous la personne de son président, Alexis Lavillat : Fondée en 2002 par ce dernier, l’entreprise a su se faire une place avec comme mot d’ordre de garder l’intégrale du travail sur le territoire français, une stratégie qui a payé et qui a permis d’ouvrir, en plus du studio parisien, une filiale à Angoulême. En ressort des séries basées sur le logiciel After Effect, et une animation basée sur le mode marionnette de ce logiciel.

Si le réservoir de séries de Normaal animation possède une dominante envers les adolescents et le jeune public, comme Copy Cut ou Mandarine et Cow, deux séries préfigurent le travail de l’entreprise sur Ella, Oscar & Hoo : Ce sont Gaston et Peanuts by Schulz.  En effet, le principe même de ce type d’animation est de pouvoir garder une constance du trait ainsi qu’une signature graphique reconnaissable entre toutes, ce qui est dans le cas de Gaston celle de Franquin, mais ce qui motiva principalement les ayant-droits des Peanuts à signer avec Normaal pour la série Peanuts by Schulz. Comme pour les séries précédentes, et selon la volonté d’Alexis Lavillat, toute la production reste en France et permet à l’entreprise d’être reconnue internationalement. Pour Ella, Oscar & Hoo les mêmes décisions ont été appliquées, avec toutefois une bonne dose de recherche et développement.

Emmanuel Linderer résume le problème :

« Après avoir décidé de faire la série sur Blender, tout était à définir. On a pas mal tâtonné, et on s’est rendu compte que d’autres avaient eu le même genre de problèmes auquel on avait affaire. Ça a été le cas de Blue Sky pour leur long-métrage Snoopy. Nous avons du concevoir des rigs spécifiques qui fonctionnaient selon la charte graphique, avec des possibilités de variation, où l’on peut tout de même déplacer une partie du visage de trois quart plus ou moins de profil. »

Comme toute technique, la 3D offre des possibilités et des contraintes. Énormément de temps fut dévolu au rendu final de l’image, entre les textures aquarellées et les interactions entre les personnages et le décor, ou entre les personnages eux-mêmes, afin que le résultat soit à la hauteur d’une illustration animée. de ce qui a pu être montré au public, le pari semble réussi, et il faudra attendre la diffusion de la série, dans un premier temps sur Piwi +, pour juger de la qualité narrative de cette adaptation en série de Ella, Oscar & Hoo !

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