Critique – Housenka, le dernier souffle d’un yakuza

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Après la série ODDTAXI, le réalisateur Baku Kinoshita et le scénariste Kazuya Konomoto sont passés à un long métrage original, Le dernier souffle d’un yakuza, sélectionné notamment en 2025 dans l’Officielle du Festival International du film d’animation d’Annecy, au Manchester Animation Festival ou encore au BIAF.

Produit par le studio CLAP (Tunnel to Summer, le futur Wasted Chef), Housenka possède une animation très réaliste rejoignant le contexte même de son récit : raconter la vie d’un yakuza dans les années 80 et sa chute, l’amenant en prison à vie pour une raison qui nous sera dévoilée au cours du récit. Seule touche de fantaisie dans cet univers sans concession, la fameuse Mimosa qui dialogue avec notre protagoniste mourant, dont la présence et les réponses pleines d’impertinence le motive à expliquer ses choix et son comportement de l’époque.

Cette stratégie en deux temps permet de faire basculer graduellement les stéréotypes de départ entourant les personnages : depuis Akutsu, grand gangster taiseux à la mémoire graphique et aux réactions proches de l’autisme, à Nana, jeune femme qu’il héberge chez lui sans contrepartie et mère d’un enfant malade qui n’est pas le sien. Tous sont discutables dans leur comportement et dans le reconnaissance même de son activité criminelle, d’autant plus avec l’adjonction de son entourage professionnel comme son ainé puis ses hommes de mains, jeunes et maladroits avec qui il essaie de rester le plus convenable possible.

Chacun est engoncé dans des situations sans issue : que peut bien faire un yakuza en dehors du système qui l’a fait s’élever socialement ? Qu’aurait bien faire une femme célibataire élevant un enfant dans les années 80 ? Comment trouver et réunir la somme astronomique permettant de sauver son enfant malade du cœur ? Autant d’états de fait teintés d’un déterminisme social froid et glaçant qu’Atsuku va tenter de déjouer comme une partie de go, un jeu qu’il n’a jusqu’ici jamais gagné.

Ce dévoilement des lignes narratives, souvent poussé par des séquences intimistes, fait tout le sel de ce Dernier souffle d’un yakuza et réussit à s’achever sur une note d’espoir similaire à L’anguille de Shōhei Imamura. Pour un premier long métrage, le binôme Baku Kinoshita/Kazuya Konomoto frappe donc très fort, et il est étonnant que le film n’ait pas été plus célébré dans les différents festivals dans lequel il a été sélectionné. Peut-être est-ce du à sa technicité, plus portée sur une animation discrète et un découpage au rythme très posé face à des œuvres telles que ChaO, aux thématiques pourtant bien plus discutables.

Sorti cette semaine dans trop peu de salles via All The Anime, je vous recommande définitivement la vision d’Housenka, le dernier souffle d’un yakuza.