Le Cartoon Movie de Toulouse est toujours l’occasion de découvrir, en plus des projets de séries, ceux d’unitaires prometteurs, qui peuvent de plus finir par donner eux-même naissance à d’autres formats dans l’avenir (un destin étant arrivé encore récemment à Maman pleut des cordes et La vie de Château).

Lussekatt
Dans la ville enneigée de Pommedenoix, le jeune Lussekatt peine à trouver sa voie tandis que ses frères et sœurs se font une place au sein de la Grande Fête des Lumières de la ville. Alors que la communauté célèbre la victoire du Grand Loup Blanc sur son frère, le Grand Loup Noir, Lussekatt éprouve une curieuse fascination pour les ombres que tout le monde redoute. Lors d’un incident survenu pendant le festival, il s’aventure dans la forêt interdite pour récupérer une écharpe perdue et tombe par hasard sur le Grand Loup Noir. Loin d’être terrifié, il vit un moment de paix profonde et d’appartenance. De retour chez lui, les oreilles et la queue transformées, reflétant la grâce sauvage du loup, Lussekatt comprend que la véritable harmonie passe par le respect tant de la lumière que des ténèbres.
Adapté du roman jeunesse éponyme de Roxane Campoy et Camille Pipet Pham, ce projet d’unitaire de 26 minutes a le privilège d’être porté à l’écran par ses autrices. On suit la quête émotionnelle et personnelle du jeune Lussekat en recherche des figures du Loup Noir et du Loup qui hante le voyage au sein de la Grande Fête des Lumières. Il est accompagné par sa fratrie composés de chiens aux noms délicieux : Loukoum, Marzipan, Orangette… Chacun trouvera sa place dans ce périple. Produit par les films de l’Arlequin, l’animation et la direction artistique propose un mélange entre art déco et les couleurs chatoyantes de l’univers du spectacle vivant.
Le projet, doté d’un budget de sept cent mille euros, est accompagné par KMBO et est en recherche de partenaires. Lussekat possède des qualités oniriques et poétiques qui pourraient atteindre le cœur des spectateurs.

Des plans sur la comète
Fin août. Luna, âgée de dix ans, est entraînée par son père, photographe et journaliste, sur les lieux d’un événement exceptionnel : dans quelques jours, une météorite contenant plusieurs kilos d’or traversera le ciel au-dessus d’un petit village isolé du Finistère. Au milieu d’un rassemblement informel de curieux, de passionnés d’OVNI, de journalistes de presse à sensation et d’astrophysiciens, Luna fait la connaissance d’Arthur, un garçon de son âge qui habite près de la route locale. Cet été marquera pour eux deux la découverte d’un territoire encore plus vaste que l’enfance : le Cosmos, aussi insondable et mystérieux que les nouveaux sentiments qui s’éveillent en eux.
Produit par JPL Films et coréalisé par Fabienne Wagenaar et Jeremie Balaie, cet unitaire de 26 minutes a révélé lors de son trailer toute la mélancolie et les couleurs vibrantes de moments suspendus. La jeune Luna va se retrouver dans une ambiance lourde d’anticipation de l’arrivée de la comète.
Le Finistère se transforme en terre post apocalyptique où se croise des profils différents, depuis le couple fondu d’ovni au scientifique curieux. Tout le monde est aux aguets dans l’attente de l’évènement. La volonté du projet est de faire se rencontrer le merveilleux et le réalisme bercé par les sentiments de l’enfance. Visuellement, on se rapproche d’un style popularisé par Rémi Chayé (Tout en Haut du Monde, Calamity) avec des aplats et une absence de contours sur les personnages et les décors. L’animation sera réalisée sur TV Paint.
Avec son budget de six cent-cinquante mille euros, Des plans sur la comète a reçu l’aide à l’écriture du CNC et est en recherche de partenaires pour continuer l’aventure.

Pélagie de Navarique
Pélagie, 8 ans, vit avec sa famille à bord du Navarique, un immense navire qui dérive tel un village flottant. À mi-chemin entre l’enfance et l’âge adulte, elle peine à trouver sa place dans cet univers très soudé : trop grande pour jouer avec les plus jeunes, mais trop jeune pour rejoindre l’équipage. Un jour, Pélagie est choisie pour affronter son ami, le capitaine, dans un duel : le premier à escalader le grand mât et à planter son drapeau au sommet sera déclaré vainqueur. Mais ce qui commence comme un jeu dégénère rapidement en une rivalité acharnée, et le plaisir s’estompe vite… Tout ceci n’est qu’un jeu… n’est-ce pas ?
Cet unitaire original de 26 minutes est produit par Les Astronautes et sera réalisé par Titouan Bordeau (Sirocco et le Royaume des courants d’air). On retrouve Benoit Chieux à la direction artistique et la composition musicale sera menée par l’artiste Oscar les vacances. Le Navarique, monumental vaisseau des mers, fonctionne tel une ville grouillante, rempli de personnages haut en couleurs, avec son architecture colorée et ludique. Les références d’Akira Toriyama et de Porco Rosso ont été cité pour définir l’humour et la richesse de l’univers. La jeune Pélagie possède l’énergie et la spontanéité de Ponyo de notre cher Miyazaki et son entourage vaut tout autant le détour.
Miam Distribution a déjà embarqué à bord du navire. Avec son budget de huit cent mille euros, la fin de la production serait attendu pour fin 2028.